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Maréchal, nous voilà ?

Durée : 55 minutes

Auteur : Peschanski Denis

23:05 - Jeudi 25/03
France 2

03:35 - Samedi 27/03
France 2



http://2.bp.blogspot.com/_zTqFn2_boeI/SCQIlnKFmLI/AAAAAAAAABw/oYGJ73E8Mqc/s400/Affiche+Petain.jpgLe sujet - Dès juin 1940, Pétain impose une idéologie étayée par maintes opérations de communication d'envergure, pour vanter les mérites de sa «révolution nationale».

Comment la population française a-t-elle pu garder confiance en son chef d'Etat alors que celui-ci les assommait de propagande ? Dès 1940, le maréchal Philippe Pétain a en effet multiplié les opérations de communication afin de diffuser les principes de ce qu'il appelait la «révolution nationale». Rejet du parlementarisme, antisémitisme d'Etat et retour à la terre n'en sont que les aspects les plus connus. L'idéologie officielle du régime mis en place par Pétain n'a pas empêché le vieil homme de conserver son aura positive dans l'opinion française de l'époque. L'historien Denis Peschanski et de nombreux témoins tentent de mettre en évidence les grands axes de la propagande pétainiste ainsi que les structures qui ont permis sa diffusion. Le culte de la personnalité du maréchal semble avoir fait l'objet d'une rare exaltation.

La critique - «La Terre, elle, ne ment pas !» fut un des grands slogans de Vichy. D'un trait était suggéré le fondement du pétainisme : l'ambiguïté érigée en technique de domination. Sa violence, son illégitimité et ses compromissions avec l'Allemagne hitlérienne, Vichy les cachait derrière des mots à double sens. Par exemple, «l'étranger» invoqué dans les discours, sur les affiches ou à la radio et contre qui Pétain prétendait protéger la France, se lisait de deux manières différentes. Pour le patriote ulcéré de voir les patrouilles allemandes battre le pavé des villes françaises, l'«étranger» venait de l'autre côté du Rhin. Mais pour l'admirateur du régime nazi, c'était le juif, le communiste, le franc-maçon, l'Anglais, de Gaulle, ces incarnations de la dégénérescence nationale, responsables de la défaite de 1940. Tout dépendait de l'interprétation mais dans les deux cas, Pétain ressortait comme le chef à suivre.


L'excellent documentaire de Jorge Amat lève le voile sur la machine de propagande vichyssoise. Techniquement et esthétiquement, elle n'avait rien à envier à celles de l'Italie fasciste et de l'Allemagne nazie.


Deux hommes en particulier ont incarné cette entreprise de manipulation. Ex-journaliste de «l'Humanité», Paul Marion, une fois nommé ministre de l'Information de Vichy, mit au service de la Révolution nationale, de l'antisémitisme et du rejet des valeurs universelles de 1789, les techniques de propagande des partis communistes. L'autre figure de proue fut Philippe Henriot, la voix de Radio Paris, l'antenne financée par les Allemands et destinée à contrer la BBC en zone occupée. Ce «fasciste parisien» développa sur les ondes le reportage en direct. Les auditeurs pouvaient ainsi suivre les combats de la milice contre les maquis. Consciente du danger, la Résistance le fit abattre.


La débauche de moyens n'empêcha pas la cote de popularité du régime de s'effondrer. Mais d'une manière paradoxale. Jusqu'à la fin, le maréchal Pétain resta populaire tandis que ses ministres, Pierre Laval en tête, étaient unanimement détestés. Avant de quitter la scène, ses services tentèrent une dernière manipulation : transformer Pétain collaborateur en Pétain résistant avec cette formule aussi astucieuse que mensongère : «De Gaulle fut l'épée, mais Pétain le bouclier.»


Bruno Birolli

http://teleobs.nouvelobs.com/tv_programs/2009/3/8/chaine/histoire/15/10/marechal-nous-voila

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