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Marseille. Capitale du crime (1820-1940). Résumé de thèse

Septembre 2, 2009

Laurence Montel, Marseille capitale du crime. Histoire croisée de l’imaginaire de Marseille et de la criminalité organisée (1820-1940)

thèse de doctorat, Université de Paris X Nanterre, 2008, dact., 2 vol., 990 f°.

 

 

Si l’image de Marseille s’améliore depuis une dizaine d’années, la cité phocéenne évoquait encore assez largement, dans les années 1980-1990, une ville dangereuse et tout particulièrement, la ville par excellence du Milieu ou, pour employer un terme plus scientifique, de la criminalité organisée. Elle continuait de s’imposer comme le « Chicago français », la capitale du crime en France. La volonté d’explorer la genèse de ces représentations est à l’origine de cette thèse, qui débute vers 1820, alors que la ville, royaliste, est dynamisée par une croissance soutenue et la disparition d’un banditisme encore très actif durant la Révolution et l’Empire. Elle se clôt à la fin des années trente, une fois apparu le motif fameux du « Milieu marseillais ». La longue durée rend possible l’examen du passage du banditisme d’Ancien Régime à des formes modernes de vols et de trafics. Elle autorise aussi une étude de l’image de Marseille et de sa criminalité allant contre l’idée couramment admise d’une mauvaise réputation ancestrale et invariable.

Les milieux criminels émettent si peu de sources propres que leur histoire est d’abord celle des discours dont ils font l’objet. Leur repérage dans la presse, la littérature et les ouvrages scientifiques (droit, criminologie) ne soulève pas de difficulté méthodologique majeure. L’identification de l’objet dans les sources institutionnelles (préfecture, police et justice1 ) est en revanche plus délicate parce qu’il n’existe aucun moyen de distinguer a priori les sources portant sur ces milieux des autres. Aucune incrimination ne renvoie en effet automatiquement aux milieux criminels. Pour surmonter cet obstacle, il était possible de retenir puis de pister dans les archives, tout au long de la période, quelques infractions estimées caractéristiques. Mais outre qu’on risquait ainsi de plaquer sur la criminalité organisée du XIXe siècle des catégories actuelles, c’était ignorer les transformations du droit et des pratiques pénales.

Aussi a-t-on préféré dresser un état de l’ensemble des infractions jugées, en procédant par coupes2, avant d’identifier au cas par cas les affaires le plus certainement liées aux milieux criminels, c’est-à-dire traduisant des pratiques déviantes réitérées et susceptibles d’assurer des revenus réguliers. On s’est servi, pour opérer cette sélection, des comptes rendus d’assises, des arrêts de la chambre d’accusation et des motivations des jugements correctionnels. Les infractions les plus représentatives ont ensuite été relevées de façon systématique en justice criminelle (associations de malfaiteurs, vols qualifiés, fausse monnaie, crimes de sang propres aux milieux criminels), de façon plus ponctuelle en correctionnelle, et réparties en trois grandes catégories : les prédations et les prélèvements, qui regroupent toutes les atteintes aux biens résultant de l’enlèvement, par l’astuce ou la force, d’un butin ; les trafics, qui reposent sur un échange volontaire, du moins dans un premier temps, entre le coupable et la « victime » ; les actes de violence relevant des milieux criminels.

Après un prologue portant sur les chroniques du Milieu marseillais des années 1960 aux années 1990, la thèse s’organise en trois parties chronologiques : « le temps des voleurs » (1820 - années 1870), « le temps des Nervis » (années 1870 - années 1900) et « Marseille ville du Milieu » (années 1910 - années 1930)...

L'intégralité de cet article est disponible en cliquant sur le lien ci-dessous

criminocorpus.hypotheses.org/

Crédit photographique : Marseille. Le panier. Les accoules, par Marionzetta, 2007
Certains droits réservés (licence Creative Commons)

 

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