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http://www.lcdpu.fr/Resources/titles/27000100000350/Images/27000100000350L.gifLe travail policier est depuis longtemps l'objet de récits et d'images qui ont durablement influencé notre imaginaire. Cette puissance narrative acquise fait aujourd'hui de l'univers policier l'un des arrière-plans préférés des médias.

À partir de ce constat, cet ouvrage se propose d'explorer comment des représentations de la police sont produites et circulent dans, et entre, les champs du divertissement et de l'information, mais également comment l'institution policière s'est elle-même constituée en pourvoyeuse et en gardienne de son «image publique». Plus que jamais, le monde réel et le monde médiatique de la police coexistent et se confrontent, car les corps de police sont devenus des producteurs actifs d'images et de discours sur leurs propres actions.

Par un double mouvement, «médiatiser la police» et «policer les médias», ce livre étudie l'imaginaire social sur la police, sa diffusion dans les médias de masse (télévision, presse, affiches, espaces museaux...) ainsi que le travail communicationnel des polices modernes.

Michaël Meyer est premier assistant au Laboratoire de sociologie de l'Université de Lausanne.


  • Les courts extraits de livres : 12/04/2012

 

Extrait de l'introduction

LE POLICIER
FACE À SON DOUBLE MÉDIATIQUE

PISTES ET ENJEUX
POUR L'ANALYSE DE LA NOUVELLE VISIBILITÉ POLICIÈRE MICHAËL MEYER

Le monde policier offre au sens commun un sentiment d'opacité et de mystère qui est constitutif d'une mythologie entourant la profession. Sa supposée culture du secret et du soupçon alimente depuis longtemps l'imaginaire collectif sur la force publique. Les sciences sociales, dans leurs efforts pour appréhender ce milieu, ont elles aussi dû faire face à des représentations tenaces et objectiver certaines oppositions à leurs tentatives de connaissance. Récemment encore, l'historien Jean-Marc Berlière remarquait que la police constitue à bien des égards un «trou noir» de l'historiographie française et plus largement un «objet longtemps perdu des sciences sociales». La police, instrument et symbole du pouvoir, serait un objet sale que les sciences sociales ont mis du temps à considérer comme pertinent et légitime pour l'analyse scientifique.

DRAMATURGIE ET DOUBLE MÉDIATIQUE


Si elle résiste aux chercheurs, c'est que l'institution policière est, plus largement, sujette à une forte dramaturgie sociale autour de ses actions et de son rôle dans la société. Comme le souligne Jean-Paul Brodeur, «les objets sales de la recherche sont des objets dramaturgiques». La police est en effet une entité dont on ne peut parler, ou prétendre faire l'analyse, sans être rattrapé par un vaste ensemble d'images, d'intrigues, de schémas récurrents, d'émotions et de stéréotypes.

Le pouvoir d'attraction exercé par un objet dramaturgique fait obstacle à une mise à distance impartiale de celui-ci sans laquelle il ne peut être authentiquement connu. Il est un dernier caractère de l'objet dramaturgique qui consomme sa supplantation de la volonté de savoir. La dramatisation qui le transforme en une représentation théâtrale est un processus médiatique qui peut être indéfiniment réitéré. Le projet de substituer une représentation scientifique à la représentation affective d'un objet dramaturgique se heurte à la puissance des médias qui diffusent massivement la seconde, plus propre à augmenter les tirages.

En effet, alors que les sciences sociales peinaient (ou, selon le point de vue, rechignaient) à faire de la police l'objet de leur attention et de leurs travaux, d'autres «fabricants de représentations» se sont, eux, largement approprié cet univers. Le fort investissement médiatique, par les médias tant de divertissement que d'information, a participé à renforcer la qualité dramaturgique attribuable aux policiers et à leur travail. Ceux-ci ont alors acquis une haute visibilité culturelle ainsi que, selon Christopher Wilson, une puissance narrative et imaginaire inégalée durant le XXe siècle. La littérature scientifique confirme d'ailleurs que la profession policière est, de longue date, surreprésentée en prime time à la télévision, mais aussi dans les colonnes des journaux, dans les rayons des librairies et dans les salles de cinéma. Cette visibilité acquise par les thèmes policiers est intermédiatique : elle contamine tous les genres et tous les supports.

 

 


Médiatiser la police, policer les médias

Auteur : Michaël Meyer

Date de saisie : 12/04/2012

Genre : Documents Essais d'actualité

Editeur : Antipodes, Lausanne, Suisse

 

 

 

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il y a 5 jours – I'm squeezing kiwis on @timekiwi. Here's my new timeline ... Le blog de Philippe Poisson (25 avril 2012 ). 1735 630 pages vues à la date du 25 avril 2012.

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