Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

 

L’exécution du sous-lieutenant chapelant le 11 octobre 1914

L’exécution du sous-lieutenant chapelant le 11 octobre 1914

article - 09/05/11 - L’exécution du sous-lieutenant Chapelant le 11 octobre 1914 - Peu d’affaires ont suscité parmi les anciens combattants une émotion aussi douloureuse que…

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/1/16/Jean-Julien_Marius_Chapelant_%281891-1914%29.jpg/220px-Jean-Julien_Marius_Chapelant_%281891-1914%29.jpgLe sous-lieutenant Jean-Julien-Marie Chapelant avait été exécuté en octobre 1914.

La décision du gouvernement d’attribuer la mention «Mort pour la France» à un soldat fusillé pour désertion en octobre 1914 constitue un nouveau petit pas vers la réhabilitation de certains des 800 fusillés durant la Grande Guerre. Le ministre des Anciens combattants Kader Arif a annoncé vendredi qu’il avait décidé d’attribuer la mention «Mort pour la France» au sous-lieutenant Jean-Julien-Marie Chapelant, originaire d’Ampuis dans le Rhône.


Parmi ces 800 suppliciés, plus de 650 soldats ont été passés par les armes après avoir été condamnés à mort par des conseils de guerre pour désertion, mutinerie, refus d’obéissance ou crimes de droit commun, selon le général André Bach, ex-chef du Service historique de l’armée de terre (Shat) de Vincennes. Selon son étude, 66% des exécutions ont eu lieu dans les 17 premiers mois de la guerre (qui a duré 52 mois). Durant le seul mois d’octobre 1914, a précisé vendredi le général Bach à l’AFP, une soixantaine de soldats ont été fusillés, comme le sous-lieutenant Chapelant du 98e régiment d’infanterie.


Son exécution avait inspiré Les Sentiers de la gloire, le livre d’Humphrey Cobb (1935) et adapté par Stanley Kubrick dans le film du même nom (1957).


Le père du sous-lieutenant Chapelant avait tenté de le faire réhabiliter mais après un long combat judiciaire, la Cour suprême de justice militaire, composée d’anciens Poilus et de magistrats, avait en juin 1934 maintenu la décision de 1914. Le nom de Jean-Julien-Marie Chapelant avait pourtant été inscrit sur le monument aux morts d’Ampuis où il figure toujours. En novembre 2009, une cérémonie en souvenir des sous-lieutenants Henri Herduin et Pierre Millant, fusillés sans jugement pour «abandon de poste» en 1916 durant la bataille de Verdun et réhabilités dix ans plus tard, s'était déroulée sur les lieux même de leur exécution avec l’inauguration d’une stèle à leurs noms.


Le débat continue


Mais la délicate question de la réhabilitation - collective ou individuelle - des fusillés fait toujours débat. La Ligue des droits de l’Homme exige la réouverture des dossiers des «fusillés pour l’exemple» en demandant «la poursuite» de leur «réhabilitation». Le président de la Fédération nationale de la libre pensée Marc Blondel, ancien secrétaire général de FO, demande une «loi de réhabilitation collective».


Le 5 novembre 1998 à Craonne (Aisne), haut lieu des mutineries du Chemin des dames (avril 1917), le Premier ministre socialiste Lionel Jospin avait estimé que les mutins devaient «réintégrer aujourd’hui, pleinement, notre mémoire collective nationale». Le président de la République Jacques Chirac avait alors jugé sa déclaration «inopportune».


Dix ans plus tard, le 11 novembre 2008, le président de la République Nicolas Sarkozy déclarait pourtant à Douaumont que «beaucoup» des soldats français «exécutés» «ne s'étaient pas déshonorés», tout en évitant de prendre position sur la réhabilitation juridique des mutins. La réhabilitation de soldats exécutés s’est faite au coup par coup, dès les années de l’après guerre, comme pour les sous-lieutenants Harduin et Millan en 1926. Selon le général Bach, une cinquantaine de soldats fusillés ont été au total réhabilités, dont une trentaine en 1934 par la Cour suprême de justice militaire.


Dans l’un de ses jugements, cette juridiction avait écrit : «Attendu que si les nécessités impérieuses de la discipline commandent en temps de guerre le sacrifice de la vie, ce sacrifice ne peut être imposé lorsqu’il dépasse les limites des forces humaines». (AFP)

 

 

Un fusillé pour l'exemple de 1914 déclaré «mort pour la France»


9 novembre 2012 à 14:53

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article