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Après un renouvellement des études qui a touché d’autres domaines des sciences sociales (la politologie, la sociologie), l’histoire de la police connaît aujourd’hui des évolutions profondes. La diversité des situations historiographiques qui prévaut en Europe, les acquis récents de la recherche, ont conduit à privilégier dans cet ouvrage à la fois une dimension résolument comparatiste et un réel décloisonnement chronologique et disciplinaire. C’est la première fois qu’en France, un tel bilan international est proposé, une telle confrontation est tentée dans la longue durée, réunissant historiens, sociologues, juristes et politistes à l’échelle de l’Europe. Pour tous les spécialistes qui ont accepté d’ouvrir le dialogue, il s’agit d’interroger les formes de la professionnalisation policière dans des espaces politiques variés, avec leurs évolutions, leurs ruptures ou leurs éléments de continuité. Il s’agit de comprendre quels échanges ont existé entre les modèles adoptés par les uns et par les autres, quelles voies a pu prendre la construction des identités professionnelles. Cela revient aussi pour une part à interroger les fondements de la légitimité politique et sociale des interventions policières. Cela y compris dans les périodes de crise, lorsque la police réfléchit sur elle-même, pour justifier ou adapter son action, pérenniser son existence, accroître ses moyens et ses pouvoirs. Autant qu’une mise au point inédite, cet ouvrage se veut point de départ d’une réflexion renouvelée et pluridisciplinaire sur ce chantier de l’histoire des polices.

Jean-Marc Berlière, Catherine Denys, Dominique Kalifa, Vincent Milliot, qui ont coordonné cet ouvrage et qui y contribuent, sont respectivement enseignants-chercheurs à l’université de Bourgogne, à l’université Lille III, à l’université de Paris 1 et à l’université de Caen Basse-Normandie.

Pour commander ce livre


 

NB de J.M. Berlière :

- La Revue d’Histoire des Sciences Sociales, publie dans son numéro de décembre 2008 (n° 19) des textes de l’équipe du CIRSAP qui continuent d’éclairer les polices de l’Ancien régime, de la Révolution et de l’Empire (Catherine Denys, Brigitte Marin, Vincent Milliot, Vincent Denis) avec deux ex-cursus dans le XIXe siècle = parisien (Quentin Deluermoz) et stambouliote (Noémi Lévy).

- Michel Porret vient de faire paraître Sur la scène du crime. Pratique pénale, enquête et expertises judiciaires à Genève (XVIIIe-XIXe siècles), aux Presses Universitaires de Montréal (Collection "SOCIUS"), 2008, 278 p., 16 planches d’illustration (ISBN : 978-2-7606-2077-3).

- Les Éditions Perrin sortiront le 9 janvier 2009 en format de poche (Collection "Tempus", n° 245) une version mise à jour et complétée de mon livre Policiers français sous l’Occupation (J.M. Berlière, 1ère édition : 2001).

- Les Éditions de l’Iconoclaste ont édité un "beau livre" présentant quelques pièces tirées des archives de la Préfecture de police. Même si on peut s’étonner de la présence dans la liste des auteurs de gens dont la familiarité avec les sujets traités - pour ne rien dire de celle avec des archives où ils n’ont jamais mis les pieds - n’est pas la qualité essentielle, Dans les secrets de la Police n’en est pas moins un magnifique ouvrage à l’iconographie remarquable.

- Quentin Deluermoz a exhumé de ces mêmes archives de la Préfecture de Police deux trésors oubliés : les Mémoires de Casque d’Or (Amélie Hélie, immortalisée par le film éponyme de Jacques Becker sous les traits de Simone Signoret), recueillis en 1902 par la revue Fin de Siècle, et La Médaille de mort, un récit fait par un collègue, de l’assassinat par un souteneur, du gardien de la paix du XXe arrondissement, Joseph Besse, dans la nuit du 4 juillet 1905. Réunis sous le titre Chroniques du Paris apache (1902-1905) ces deux textes originaux sont publiés par Le Mercure de France dans sa collection "Le Temps Retrouvé".

- Sous le titre Crime, science et identité, les Éditions Slatkine (Genève), ont édité en 2006 une "anthologie des textes fondateurs de la criminalistique européenne (1860-1930)" choisis, présentés et annotés par Nicolas Quinche dont le jeune âge et l’éloignement expliquent sans doute qu’il écrive le plus sérieusement du monde que "la police scientifique est une terra incognita pour les historiens" (sic.) à ce (fâcheux) détail historiographique près, cette précieuse anthologie livre pêle-mêle, des extraits de textes, connus et moins connus des pères fondateurs de la criminalistique : A. Bertillon, E. Locard, E. Stockis, S. Ottolenghi, A. Niceforo, H. Gross, mais aussi et essentiellement R-A Reiss qui travailla à l’université de Lausanne où N. Quinche a déniché quelques textes rares dispersés dans des ouvrages ou des revues pas toujours facilement accessibles. Les historiens et les curieux apprécieront.

- Chez le même éditeur, avec le même auteur pour l’appareil critique, Les Mystères de Lausanne, sont en fait les mémoires de Marius Augsburger (1864-1939), 30 ans dans la police de Lausanne, un policier vaudois à la carrière impressionnante : "trente ans de sûreté, 30 000 litres de vin, autant de rouge que de blanc !".

- Roger Lejeune, Un Siècle de mutualité policière 1905-2005 (Histoire de la mutuelle amicale des cadres de la Police nationale), Réalisations sociales de la mutuelle des cadres de la Police nationale (2005 ?) (ISBN : 2-9520420-4), permet de (re)trouver sous la plume d’un cadre retraité de la Police nationale, quelques textes fondamentaux de cet amicalisme dont Célestin Hennion fut l’un des fondateurs et le premier président et qui joua un rôle parfois inattendu comme celui d’avoir rédigé en 1937 le projet qui fut repris par l’État français, pour la réorganisation de la police mise en place par la législation du printemps 1941.

- Et puis, on ne se lassera pas de le répéter, le site de CRIMINOCORPUS permet de consulter, télécharger, chronologies, documents, dossiers, articles et bibliographies divers concernant l’histoire de la Justice.

Le dossier "police" vient de s’enrichir de nouveautés sur la période de Vichy, la bande à Bonnot, des chansons satiriques sur les gendarmes, les arrêtés des préfets de police créant les sergents de ville puis les gardiens de la paix publique.

Sous la direction de Jean-Marc Berlière, Catherine Denys, Dominique Kalifa et Vincent Milliot
 

Métiers de police

Être policier en Europe, XVIIIe-XXe siècles

par Jean-Marc BERLIERE - 10 octobre 2008
 

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