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http://multimedia.fnac.com/multimedia/FR/images_produits/FR/Fnac.com/ZoomPE/0/5/2/9782847244250.jpgDocument 13/09/2012 - Jean de Souzy était tortionnaire au sein de l'armée française et dans sa propre famille. Aujourd'hui, son fils aîné, Bernard de Souzy, 67 ans, a le courage de raconter son enfance maltraitée et de révéler la face cachée de ce père sadique, ultra-violent, fanatique et pervers. Officier pendant la guerre d'Indochine et celle d'Algérie, instructeur auprès de la junte argentine à la fin des années 1970, le capitaine Jean de Souzy a imposé une autorité sans limite à son entourage. Le portrait qu'en tire son fils est saisissant. Il a su restituer, au travers d'un récit effrayant, l'horreur ordinaire de la vie de l'enfant martyr qu'il était. Mon père, ce tortionnaire est un témoignage d'une incroyable rareté sur ces monstres secrets que sont les tyrans domestiques, invisibles aux yeux de tous mais véritables fléaux de l'intimité familiale. Ici commence l'inimaginable torture d'enfants innocents. Leur calvaire quotidien est sans retour et les traumatismes sont tels, qu'ils resteront à jamais prisonniers de ce passé nauséabond et déshumanisé.

En mêlant ses propres souvenirs aux carnets personnels de son père - un document exceptionnel sur la guerre d'Algérie où un tortionnaire de l'armée française se livre avec complaisance -, Bernard de Souzy tente, cinquante ans après, de remettre de la lumière là où il n'y en a jamais eu. Si ce texte ravive les douleurs et les peines, il est un message d'espoir, et surtout un acte de courage d'une force phénoménale qui peut se résumer en quelques mots : vivre, malgré tout.

Bernard de Souzy, artiste peintre de renom, vit au Maroc, où il peint et écrit.


  • Les courts extraits de livres : 13/09/2012

 

Extrait de l'avant-propos - Ce livre, c'est mon histoire telle que je l'ai vécue depuis que je suis en âge de penser, de comprendre et d'interpréter les situations. En l'écrivant, je savais que l'exercice irait plus loin que l'analyse que je suivis pendant onze années, alors que j'avais depuis longtemps atteint l'âge adulte. J'aurais à me débattre dans des éléments voisins de la sorcellerie la plus diabolique, tout en sachant que les souvenirs les plus lointains remonteraient à la surface. En tirant le fil de la pelote, je revivrai les douleurs et les peines qui furent les nôtres. J'ignorais à quel point l'exercice serait douloureux. Les sources du passé devraient avoir un goût de miel, si, comme on le dit, la mémoire est sélective... Hélas, la nôtre dégage l'odeur acide, nauséabonde et fétide, des remugles de la poubelle de nos enfances déchiquetées.


Je suis l'aîné d'une famille de trois garçons et une fille, issus du mariage de mes parents, mon père Jean, né en 1917 et ma mère Léa, en 1919. Il m'a fallu attendre d'avoir aujourd'hui plus de soixante ans, pour pouvoir dire ce que furent nos vies d'enfants et d'adolescents.

Engagé par devancement d'appel à 18 ans, mon père a fait le début de la guerre au 14e Régiment de tirailleurs algériens basé à Angers. Il fut grièvement blessé pendant l'offensive des Ardennes en mai 1940, puis renvoyé vers l'arrière, à Chalon- sur-Saône. Après sa convalescence, il entra dans la Résistance, fut fait prisonnier, et condamné par un tribunal. Il passa vingt et un mois dans les geôles allemandes, dans les prisons de Fresnes et du Cherche-Midi. En fait, il trouva dans la Résistance un moyen de s'enrichir personnellement, de mener grande vie sans trop travailler. Son rôle consistait à faire fabriquer de faux papiers d'identité pour les juifs. Il s'était acoquiné avec un imprimeur de Saint-Ouen qui lui fabriquait sur commande tous les documents administratifs dont il avait besoin. Il avait, pour ce faire, constitué un petit réseau de cinq intervenants, tous intéressés aux bénéfices. C'est la trahison de l'un d'eux qui l'envoya derrière les barreaux. Libéré et constatant que partout, sur les édifices publics, flottait le drapeau à croix gammée, il ne reprit pas de service dans son ancienne activité... Chat échaudé craint l'eau froide, dit le proverbe. Les projets qu'il caressait ne le tentaient plus, il intégra alors un régiment de chasseurs alpins, en Haute-Savoie, participa à la libération de l'Italie et finit la guerre avec le grade d'adjudant.


Rien ne l'obligeait à se présenter au concours d'entrée à Saint-Cyr Coëtquidan, il fut cependant reçu, et en sortit avec le grade de sous-lieutenant.


Fin 1945, le 99e Régiment d'infanterie auquel il appartenait, fut dissout, et comme dans la promotion «Indochine Française» s'opérait un concours de sortie, mon père se trouva sixième avant-dernier du second tiers des élèves officiers. Or le choix des armes a été ainsi fixé : le premier tiers a le choix total, les deux autres tiers se voient attribuer chacun la moitié des places restant à pourvoir. Il était, et il est toujours, de tradition que le premier de la promotion choisisse la prestigieuse Légion étrangère. Les suivants intégraient généralement la Cavalerie, l'Artillerie et les Parachutistes, armes nobles par excellence. Les autres se trouvaient à l'Intendance, au Train, aux Transmissions, ou à la Coloniale. Mon père intégra le SMBC (Service des matériels et bâtiments coloniaux), en tant que comptable, se disant qu'il serait aussi bien dans un bureau que dans un atelier... Il ne se doutait peut-être pas que ce «choix obligé», lui sauverait la vie. C'est ainsi que la quasi-totalité de la 7e promotion embarqua sur le Pasteur, direction l'Indo.

 

 

Mon père, ce tortionnaire

Auteur : Bernard de Souzy

Date de saisie : 03/09/2012

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : Jacob-Duvernet, Paris, France


 

  • Le courrier des auteurs : 13/09/2012

 

1) Qui êtes-vous ? !
Je suis artiste peintre et sculpteur, l'Art m'a sauvé de tout. J'ai inventé un univers artistique et pictural dans lequel je me suis réfugié. J'y ai accompli mon métier et mon rêve.
C'est la construction de ce monde virtuel et créatif que je me suis créé, et que je donne à voir, sans le secours duquel je n'aurais pas résisté.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
Ce récit est une vision panoramique de l'horreur ordinaire, celle vécue par les enfants martyrs que nous étions.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
Je me suis automutilé parce que je ne m'aime pas, je voudrais mourir, me suicider, mais je n'en ai pas la force, ce n'est pas une question de courage, j'ai seulement peur du monde inconnu qui m'attend après, ce sera peut-être pire...

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
La bande sonore du film de Stanley Kubrick "Orange mécanique», a Clockwork Orange.

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Briser le silence qui entoure les nombreux tabous que l'on n'aborde que du bout des lèvres et dont la seule pensée nous fait frémir.

 

 

 

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Bernard de Souzy : « Mon père, ce tortionnaire » (1/3) - Vidéo ...

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