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http://nouveautes-editeurs.bnf.fr/image.html?app=NE&declaration=10000000053111&maxlargeur=265&maxhauteur=445&couverture=1&type=thumbnaildetailEt si, pour une fois, la parole était laissée aux mineurs délinquants pour juger de leurs actions ? C'est ce que Dominique Pinson fait en nous livrant des courriers qui viennent éclairer tout le travail d'accompagnement effectué par les professionnels de la justice. Préfacé par monsieur Ollivier, vice-procureur du parquet des mineurs, Monsieur le Procureur, J'ai l'honneur... nous apporte une réflexion profonde et argumentée sur la délinquance des mineurs et le travail dit de « réparation pénale ».


L'auteur nous invite à porter un regard différent sur ces jeunes et nous montre quels dispositifs d'accompagnement magistrats et professionnels de la justice mettent en oeuvre. Véritable réquisitoire contre les idées reçues - et notamment celles d'une impunité des mineurs délinquants et de l'inefficacité des mesures de justice-, cet ouvrage est bien plus qu'une étude, témoignant qu'il existe des réponses adaptées à chaque mineur et à chaque fait de délinquance.

Né en 1959 en Loire-Atlantique, Dominique Pinson est éducateur spécialisé de formation, diplômé de Sciences Criminelles et titulaire d'un Master en Sociologie.


Il a exercé pendant quinze ans à la protection de l'enfance en danger et travaille depuis 2003 au traitement judiciaire de l'enfance délinquante. Il met en oeuvre des mesures de réparation pénale ordonnées par les magistrats du parquet des 3 mineurs et les juges des enfants.


  • Les courts extraits de livres : 29/12/2011

 

Extrait de la préface de Yvon Ollivier, Vice-Procureur du Parquet des Mineurs - T.G.I - Nantes

Parmi toutes les sanctions et mesures éducatives dont disposent le magistrat du parquet et le juge des enfants, la réparation pénale est sans doute la réponse judiciaire la mieux adaptée aux mineurs. Il n'y a là rien d'étonnant. Il s'agit en effet d'une réponse lourde de sens éducatif reposant sur la rencontre entre un adulte bienveillant, mais qui n'en incarne pas moins la société, et le mineur qui vient d'en transgresser les règles pour des raisons que lui-même souvent ignore.


Ce sont sur les enjeux et la signification de cette rencontre que nous éclaire Dominique Pinson, avec la simplicité et la profondeur d'analyse de celui qui a fait de son métier une vocation. Éducateur spécialisé de formation, il a longtemps exercé sa mission éducative au sein de la protection de l'enfance avant de rejoindre le champ de l'enfance délinquante régi par l'ordonnance du 2 février 1945. Passage somme toute assez naturel.


Une expérience de cinq années au parquet des mineurs de Nantes m'a convaincu que nous ne faisons pas autre chose qu'éduquer les mineurs lorsque nous prononçons des peines qui recèlent un versant éducatif. Même l'établissement pénitentiaire des mineurs est considéré comme un lieu hautement éducatif, et ce, malgré la privation de liberté bien réelle. Le vieux débat entre le répressif et l'éducatif reste théorique. Ceux qui oeuvrent au quotidien dans le domaine de l'enfance savent bien que seule la démarche éducative apporte une réponse au mal-être du mineur délinquant et donc prévient à terme la récidive. Le primat du répressif, en la matière, n'apaise que les tourments d'une société incapable d'affronter ses enfants, considérés comme une menace de tous les instants. En cela, le tournant sécuritaire n'est qu'un mirage traduisant le refus d'affronter la singularité des mineurs, alors même que le mal-être de ces derniers et donc le passage à l'acte ne résulte souvent que de l'incapacité des adultes à les affronter. Les enfants ne sont jamais que le produit de nos sociétés. Et si les adultes démissionnent, il serait déraisonnable d'en faire payer le prix à ceux dont ils ont la charge. C'est ainsi qu'il revient à notre société de pallier sans cesse davantage les carences parentales.


Affronter les mineurs, c'est prendre le temps d'aborder le parcours personnel de ces êtres en construction permanente. C'est les confronter à leurs transgressions, en mettant les mots sur les actes, pour trouver une distance et « prendre le pari de la réparation ». C'est rechercher le « pourquoi » du passage à l'acte, sans lequel il serait vain d'espérer interrompre la spirale délinquante. C'est encore ce travail d'écriture sur lequel insiste tant Dominique Pinson et qui permet de « se réparer ». Les courriers qui émaillent son ouvrage cristallisent le moment du retournement par intériorisation progressive de la culpabilité, de la loi et de l'altérité que représente la victime. Souvent bouleversants, toujours singuliers, ils se suffisent à eux-mêmes. Il faut savoir gré à Dominique Pinson d'avoir ainsi donné chair à la démarche et au cheminement éducatifs d'une manière saisissante pour l'esprit. En filigrane, il questionne aussi notre société. Et si la démission des adultes et la pénalisation progressive des incivilités des mineurs, que l'on traitait auparavant dans le champ disciplinaire, ne traduisaient pas, quelque part, le même refus délétère de les affronter ?


Monsieur le Procureur, j'ai l'honneur... : Réflexion sur les mineurs délinquants

Auteur : Dominique Pinson

Préface : Yvon Ollivier

Date de saisie : 29/12/2011

Genre : Sociologie, Société

Editeur : les 2 encres, Cholet, France

Collection : Sciences humaines

 

 

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