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Télévision : « Monsieur Léon» : Michel Serrault, gentil grand-père et collabo


À L'ORIGINE de ce téléfilm, le désir de se retrouver entre le réalisateur Pierre Boutron et l'acteur Michel Serrault. Réunis sur le tournage de L'Affaire Dominici, également sur TF1, ils s'étaient promis de travailler de nouveau ensemble. «Nous avons commencé à gamberger autour de l'idée d'un notable de province tout en pensant aux films de René Clément, Le Père tranquille avec Noël-Noël, et de Claude Berri, Le Vieil Homme et l'Enfant avec Michel Simon», explique Pierre Boutron. Une fois sa trame trouvée, le réalisateur a ensuite décidé d'ancrer son scénario durant l'Occupation, en 1942. Une période qu'il n'a pas fini de revisiter après, notamment, Les Faux-Fuyants et Le Silence de la mer. Pierre Boutron rêve d'ailleurs de tourner un film sur les rouages de la Résistance et un autre sur son père, résistant de la première heure.

Pour autant, Monsieur Léon n'est pas un énième film sur la Seconde Guerre mondiale ou même sur la Résistance bien que cet aspect soit largement abordé dans le téléfilm ; Monsieur Léon aborde un thème cher à beaucoup d'auteurs, celui du choix. «Et quelle époque mieux que celle de la collaboration pour traiter de cette question ?», se demande le réalisateur.

Deux visions de la guerre


 Tous ses personnages sont en effet confrontés à la notion de «choix», exigé par la guerre, et se comportent en conséquence. Ainsi, Léon (Michel Serrault), le grand-père médecin qui a ses entrées à la Kommandantur, a fait celui de la collaboration ; son fils, aviateur, abattu au début de la guerre, celui de la résistance, tout comme sa belle-fille, Irène (Florence Pernel) qui appartient à un réseau et, à sa façon, son petit-fils de 10 ans, Yvon (Arthur Vaugham-Whitehead), laissé à la garde de son grand-père. Et c'est à travers la confrontation entre le petit garçon et son grand-père, comme l'avaient traitée Clément et Berri, que Pierre Boutron raconte les dilemmes suscités par cette période.


«Grâce au regard de l'enfant, j'ai pu osciller entre la tragédie et la comédie», explique Pierre Boutron. «Yvon ne se rend pas toujours compte de ce qu'il dit ou fait, ce qui entraîne des situations parfois drôles. Il a une vision très primaire des événements. Les Allemands sont des intrus et comme il voit son grand-père être copain avec les intrus, il rejette violemment le vieil homme.» D'autant que le petit garçon est mis en présence de scènes dramatiques, notamment l'exécution d'otages dans la cour de la Kommandantur où se rend Léon pour soigner un haut gradé. Yvon n'hésite pas à traiter son grand-père de «vieux dégonflé de collabo» et décide de devenir résistant avec son copain de classe. Armés de pinceaux ils peignent des croix de Lorraine sur les murs, ce qui met Léon en porte-à-faux avec ses «amis» allemands.


La position de ce dernier n'est pas simple. La présence de ce petit-fils qui lui a été imposé le gêne. À la fois parce qu'il lui rappelle la mort de son fils et parce qu'il ne peut s'empêcher de se reconnaître dans ce petit bonhomme déterminé. Sans le montrer, sous ses airs bougons, Léon se prend d'affection pour son petit-fils. D'autant que le vieil homme collabo cache un secret qu'Yvon n'apprendra et ne comprendra que dans la dernière partie du téléfilm. Les tête-à-tête entre Michel Serrault et le jeune Arhur Vaugham-Whitehead, notamment quand ils essaient de s'apprivoiser mutuellement au cours d'une scène de pêche, sont très émouvants et justes. Pour le rôle de Léon, l'acteur a d'ailleurs reçu le prix d'interprétation au dernier Festival de la fiction de Saint-Tropez. Le jeune Arthur est lui aussi parfait : «Comme toujours avec les enfants, j'ai fait énormément d'essais. Et j'ai choisi Arthur, car il a eu la meilleure compréhension immédiate, il était le plus subtil et très à l'écoute», souligne Pierre Boutron qui n'a pu s'empêcher d'établir un rapport de filiation entre lui et le jeune acteur. «J'avais l'impression de me voir à son âge !»


La fin de Monsieur Léon, magnifiée par la musique d'Angélique et Jean-Claude Nachon, est particulièrement réussie et bouleversante, tout comme le sont Clémentine Celarié et Florence Pernel.

 

 « Monsieur Léon » - Ce soir à 20 h35' sur FRANCE 3


 

Magnifique téléfilm: Monsieur Léon - YouTube

► 6:55► 6:55
www.youtube.com/watch?v=Kxsu194mrG817 oct. 2008 - 7 min - Ajouté par johnjohn443
Voici une vidéo vous invitant à regarder ce magnifique téléfilm qui a été diffusé sur TF1 le 27 novembre 2006. Grand ...
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