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http://www.decitre.fr/gi/82/9782915528282FS.gifDocument 16/09/2011  - Interpellé le l7 décembre 2008, mis en examen pour corruption, détournement de biens publics, blanchiment, etc., le docteur Jacques Bouille, maire de Saint-Cyprien, Conseiller Général, a été, à l'issue de sa garde à vue, placé en détention provisoire à la Maison d'Arrêt de Perpignan.


Il s'y est donné la mort par pendaison dans la nuit du 23 au 24 mai 2009.


Coupable ou non coupable des faits qui lui étaient reprochés ? Qui peut le dire ? Seul Jacques Bouille détenait l'absolue vérité et il est malheureusement évident qu'il ne la révélera plus.

Cet ouvrage se contente de livrer les faits, jour après jour, semaine après semaine, et raconte le combat de ses avocats, la souffrance de sa famille.


Il a été écrit par sa veuve, elle aussi mise en examen pour « complicité ».


Cette dernière a vécu de l'intérieur l'épreuve de la garde à vue et de la mise sous contrôle judiciaire, c'est pourtant avec calme et dignité qu'elle relate toute l'histoire. De nombreux arguments viennent étayer la thèse de l'innocence de son mari, mais chacun se fera sa propre opinion.


Car le but de ce récit n'est pas d'innocenter l'élu, mais de jeter sur « l'Affaire Jacques Bouille » un autre regard.

 

Les courts extraits de livres : 16/09/2011


Quelquefois une miette échappée d'un sandwich tombait sur le sol, aussitôt enfoncée dans l'épais tapis de laine par une semelle sournoise. Assise sur son canapé, Madame Bouille écarquillait les yeux devant la scène surréaliste. Une dizaine de personnes étaient réunies autour de la table du salon. Engoncés dans les vénérables fauteuils de cuir ou assis sur des chaises empruntées à la cuisine, les étranges convives prenaient leur pause repas. Les deux juges et les huit policiers avaient investi la maison le matin vers dix heures.

« Avec une heure de retard, songea amèrement Marie-Antoinette Bouille. Si j'avais su, je serais restée un peu plus longtemps devant le centre médical, j'aurais peut-être pu apercevoir Jacques. » Un simple regard échangé avec son mari aurait suffi à la rasséréner.

En trois heures, les hommes de la PJ avaient déjà fouillé chaque recoin de la majestueuse bâtisse en cayrou, accrochant ça et là des petits papillons de papier, des post it numérotés et disposés sur certains bibelots qu'eux seuls semblaient capables de choisir.

Les ivoires orientaux qui les passionnaient tant y avaient eu droit, comme la plupart des tableaux de prix. Les oeuvres de l'école de Barbizon et les Bausil, récemment acquises lors d'une vente aux enchères, semblaient tout particulièrement retenir leur attention. Toutes avaient été photographiées par les policiers. Déjà, certains objets avaient été descendus au rez-de-chaussée, prêts à être embarqués dans la fourgonnette qui attendait devant la porte. Marie-Antoinette ne comprenait rien à la scène qui se déroulait devant elle, elle n'avait pas la moindre idée de ce que cherchait l'armada de policiers. Ils fouillaient jusque sous les matelas, comme s'ils cherchaient de l'argent liquide.

Manifestement, ses bijoux aussi intéressaient beaucoup de monde. Durant son interrogatoire, la police avait déjà lourdement insisté sur la manière dont elle en avait acquis certains. A présent chaque pièce était photographiée avec soin. La juge semblait avoir voulu lui faire dire qu'ils avaient tous été achetés dans ces quatre dernières années. Mais non, ils avaient été acquis petit à petit, toute une vie durant.

L'avocat des époux, présent depuis le début des hostilités ne parlait guère, presque aussi étonné que sa cliente de la tournure prise par les événements.

Finalement, délaissant les bibelots, les deux juges s'étaient concentrés sur les factures et les documents classés dans les placards et les bureaux.

- Tu te rends compte, avait laissé tombé l'un des officiers, cet homme est à ce point imbu de sa personne qu'il en arrive à exposer sa propre photo sur son bureau...

- Non monsieur, avait seulement répondu Marie-Antoinette, ça, c'est mon bureau. Qu'y a-t-il de bizarre à aimer travailler en compagnie de son mari ?

 

Mort pour rien ? : l'affaire Jacques Bouille

Auteur : Marie-Antoinette Bouille

Date de saisie : 07/07/2011

Genre : Documents Essais d'actualité

Éditeur : Alter Ego, Céret, France

 

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