Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

 

http://ecx.images-amazon.com/images/I/41XZNBNDEDL._SL500_AA300_.jpgLe fou médiéval relève tour à tour de l'Église, de l'hôpital ou de la prison. C'est un possédé à exorciser, un malade à soigner, un fauteur de troubles qu'il convient d'enfermer ou encore un fou d'amour à consoler.


Deux lieux communs ont longtemps pesé et pèsent encore en partie sur notre approche de la folie* au Moyen Age. Le premier, véhiculé par les histoires de la psychiatrie jusque dans les années 1970, voudrait que le fou médiéval soit d'abord un possédé du démon qu'il faudrait donc exorciser, nullement un malade qui s'offrirait à la sollicitude d'un médecin. Et le Moyen Age marquerait là comme ailleurs un net recul par rapport au monde antique qui avait posé les jalons d'une science des maladies mentales. Le second cliché est celui de l'image et des emblèmes : le fou médiéval serait doté d'une marotte* et d'un bonnet à grelots et porterait une livrée bariolée à losanges jaunes et verts. Cette figure n'est certes pas inventée de toutes pièces, mais n'apparaît qu' in extremis , au XVe et surtout au XVIe siècle, comme dans les multiples éditions illustrées de la Nef des fous de Sebastian Brant. Elle ne rend pas compte de l'image du fol dans les siècles antérieurs, et notamment aux XIIe et XIIIe siècles. On a ainsi retenu de la longue et complexe histoire du fou au Moyen Age deux stéréotypes : l'un rassurant, celui d'un bouffon* affublé de sa marotte et provoquant le rire de son entourage ; l'autre, inquiétant, d'un fou retenu entre les griffes du démon. L'un et l'autre ont leur part de vérité, mais ne rendent compte que très partiellement de la réalité médiévale de la folie. Le fou peut être considéré comme un possédé, mais aussi comme un malade à soigner ou un fauteur de troubles qu'il convient d'enfermer. Même si la...

 

Moyen Age : démoniaques, malades ou amoureux ?

Par Jean-Marie Fritz
publié dans Les Collections de L'Histoire n° 51 - 04/2011   +

 

Jean-Marie Fritz : Le discours du fou aux XIIe et XIIIe siècles. Etude comparée des discours littéraire, médical, juridique et théologique de la folie. Thèse pour le Doctorat (Nouveau régime) présentée sous la direction de Monsieur Daniel Poirion, à l'Université de Paris-Sorbonne IV, 1990, 557 p. dactyl., 2 volumes; à paraître en 1992 aux PUF, coll. «Perspectives Littéraires», dirigée par M. Zink.


Pour en savoir plus


Section de francais UNIL - Mélancolie

www.unil.ch/fra/page82555.html
Pour le Moyen Age, les quatre humeurs (le sang, la bile jaune, le phlegme, la bile ... aux périodisations trop rigides que défendent encore certains manuels scolaires. ... Fritz (Jean-Marie), Le discours du fou au Moyen Âge, XIIe-XIIIe siècles. ...

Emmanuel Filhol


 


Commenter cet article

Philippe 31/10/2011 16:56


Bonjour M. Poisson,
Je jette un coup d'oeil chaque jour sur votre blog.
A propos de l'affaire des soeurs Papin, j'ai lu la BD de septembre 2010 chez De Borée dans la même collection que les albums sortis en octobre 2011 auxquels vous aviez consacré une
présentation.
Il y a eu beaucoup de livres et de films sur cette affaire.
Je me permets simplement de signaler que le livre suivant est lisible en ligne à l'URL :
http://www.epel-edition.com/epuises/dupre.pdf
La " solution " du passage à l'acte : Le double crime des soeurs Papin
Francis Dupré
Editions Erès, collection Littoral, Fabrique du cas, octobre 1984
Avec en couverture :
Sourire dit " schizophrénique " de l'ange de Reims
( portail gauche de la cathédrale ).
Et :
" Mon crime est assez grand pour que je dise ce qui est. "
Christine Papin
J'en parle car je n'ai pas vu d'autre livre sur l'affaire Papin qui soit consultable en version électronique sur Internet.
Autrement, certes, c'est loin d'être l'ouvrage le plus connu sur l'affaire. Ce n'est pas vraiment un livre grand public. L'auteur est, je crois, psychiatre ou psychanalyste, du moins quand il a
écrit ce livre. La lecture m'a paru difficile dés l'introduction. Le texte utilise des notions de psychanalyse, moins connues que le passage à l'acte, que le lecteur a du mal à appréhender.
Je pense que cet ouvrage vaut d'être mentionné, justement car il l'est moins souvent que d'autres comme le Diable dans la peau, de Paulette Houdyer ( Julliard, 1966, réédité en 1988 par Cénomane,
Le Mans, sous le titre plus neutre de l'Affaire Papin ) ou l'Ombre double : dits et non-dits de l'affaire Papin, de Gérard Gourmel ( Cénomane, 2000 ou 2005 ). Ces livres, comme celui de Frédéric
Chauvaud, sont d'une lecture plus aisée, davantage grand public, des livres correspondant plus à la forme de livres sur des affaires criminelles.
Celui de Francis Dupré, s'il s'adresse à un large lectorat et pas seulement à des professionnels de la psychanalyse comme lui, traite l'affaire sous cet angle médical, clinique, psy. Il revient sur
la fameuse expression " folie à deux " qui avait été utilisée dés le début de l'affaire et au procès.
Le titre de l'ouvrage - notons que " solution " est entre guillemets - indique la démarche de l'auteur : il entend montrer que, pour les soeurs Papin, le passage à l'acte constituait une solution
au problème. Alors qu'il n'est pas de coutume d'aborder ainsi la question du passage à l'acte.
Le livre date de 1984, mais n'a été mis en ligne que depuis quelques années. Il ne semble pas y avoir eu depuis d'ouvrage plus récent qui traite l'affaire Papin sous cet angle.

En débordant un peu. Si l'on consulte l'article Wikipédia sur les soeurs Papin :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Soeurs_papin
Le bas de page renvoie sur :
Article connexe
Créatures célestes, film néo-zélandais basé sur un autre fait divers du même genre.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Cr%C3%A9atures_c%C3%A9lestes
Il s'agit de la célèbre affaire Parker - Hulme, en 1954 en Nouvelle-Zélande, quand Pauline Parker et Juliet Hulme, craignant d'être séparées par leurs parents qui désapprouvaient leur amitié
exclusive et fusionnelle, tuèrent la mère de Pauline. C'est l'affaire qui a inspiré le film de Peter Jackson, dont le film Tintin vient de sortir, Créatures célestes ( 1994 ), avec dans le rôle de
Juliet une Kate Winslet adolescente quatre ans avant Titanic.
Mais donc, dans le prolongement du livre de Francis Dupré sur l'affaire Papin, signalons qu'il existe un mémoire d'université sur l'affaire Parker - Hulme :
Juliet Hulme et Pauline Parker : un cas d’homosexualité féminine à l’adolescence : Mémoire de DESS de psychopathologie de l’enfant et de l’adolescent revenant sur la relation de Juliet et Pauline,
et sur leur crime.
Ce mémoire est lisible sur :
http://sommeils.free.fr/Juliet_Hulme_et_Pauline_Parker.pdf
Il a été écrit par Marie Carpentier, étudiante, qui l'a soutenu à la Faculté des sciences humaines en 2004. Elle raconte dans l'introduction comment le fait de voir le film à sa sortie en France en
1996 l'a poussée à écrire le mémoire, sous l'angle original de la question de l'homosexualité féminine à l'adolescence. Et notons que c'était dans le cadre d'études non pas de criminologie, mais
d'un DESS de psychopathologie de l'enfant et de l'adolescent, une discipline universitaire où a priori on n'imagine guère de consacrer un sujet de mémoire à une affaire criminelle en
particulier.
Marie Carpentier a donc fait le choix de soutenir que l'amitié exclusive de Pauline et Juliet dépassait le stade de la grande amitié qu'il peut y avoir entre deux filles qui sont à l'école
ensemble, pour constituer un amour lesbien à l'adolescence.
( Voyons le parallèle qu'on pourrait trouver avec l'affaire Papin, pour ceux qui admettent qu'il y ait eu un amour incestueux entre les soeurs Papin, dépassant le fait qu'on s'aime entre soeurs.
Souvenons-nous que quand est sorti en 2000 le film de Jean-Pierre Denis les Blessures assassines, avec Sylvie Testud et Julie-Marie Parmentier dans les rôles de Christine et Léa Papin, l'affiche
dans le métro disait : " Ceci n'est pas l'histoire d'un crime, mais une histoire d'amour. " )
L'une des intéréssées, Juliet Hulme, n'est cependant pas d'accord avec cette vision des choses. Quand le film est sorti en 1994, comme on sait, les médias ont cherché à savoir ce qu'étaient
devenues Pauline et Juliet. Ils ont retrouvé Pauline, qui vivait en Angleterre. Mais surtout on a découvert que Juliet était déjà connue du public, mais sous un pseudonyme : sous le nom d'Anne
Perry, elle était et est toujours auteur de polars historiques vivant en Ecosse.
Dans une interview, elle a déclaré qu'elle et Pauline avaient en effet développé une très forte amitié, peut-être obsessionnelle, mais qu'elles n'étaient pas lesbiennes.
http://en.wikipedia.org/wiki/Parker%E2%80%93Hulme_murder
"We were not lesbians, says former Juliet Hulme". The New Zealand Herald. Mar 5, 2006.
http://www.nzherald.co.nz/nz/news/article.cfm?c_id=1&objectid=10371147

Cordialement


31/10/2011 17:49



Laissé par : Philippe aujourd'hui à 16h56



Email : php-duong@wanadoo.fr



Merci, monsieur, de ces informations - Je valide votre commentaire à l'intention des lecteurs du blog - Cordialement - PP