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http://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/6/3/1/9782234063136.jpgUn ministre qui clame : "Français ou voyou, il faut choisir", un hebdomadaire reconnu qui accole le titre "Le voyou de la République" à une photographie du Président de la République, un membre influent de la majorité qui dénonce les "méthodes fascistes" de "Mediapart", un porte-parole du parti présidentiel qui accuse les médias enquêtant sur l’affaire Woerth/Bettencourt de "participer au viol collectif de nos principes"… C’est l’été politique que nous venons de vivre. Les mots ont fusé, violents, imprécatoires, parfois furieux. Mais Christian Estrosi, le journal "Marianne", Xavier Bertrand ou Frédéric Lefebvre savaient-ils dans quelle tradition rhétorique de la politique française ils s’inscrivaient en prononçant ces mots ? Nonfiction.fr vous propose de découvrir le travail de l’historien Thomas Bouchet, "Noms d’oiseaux. L’insulte en politique de la Restauration à nos jours" (Stock), pour comprendre l’histoire parlementaire de l’insulte en politique. Et saisir la portée du déplacement contemporain des discours violents hors des joutes de l’hémicycle vers le giron médiatique.

 


Les députés socialistes, huant l’orateur, jaillissent de leurs sièges ; quelques-uns se précipitent en direction du Premier ministre, qui vient d’accuser le dirigeant de leur part de "lâcheté" ; les huissiers, en nombre, s’interposent entre le chef du gouvernement et les élus menaçants. La scène a lieu le mardi 20 juin 2006, à 15h15. Le théâtre n’en est pas l’Amérique latine ou l’Europe du sud, mais l’Assemblée nationale française. Les protagonistes ont pour noms Dominique de Villepin et François Hollande. Le Palais Bourbon connaît, ce jour-là, un de ces moments récurrents où l’insulte transforme l’assemblée délibérative en champ de bataille.

C’est à ces moments que Thomas Bouchet, enseignant-chercheur à l’université de Bourgogne, consacre son ouvrage. Il connaît bien le sujet de la violence politique puisqu’il fut l’auteur, il y a dix ans, d’un récit des journées insurrectionnelles qui enflammèrent Paris les 5 et 6 juin 1832 à l’occasion des obsèques du général et député Jean Maximilien Lamarque   ; il a ensuite travaillé à l’étude de l’insulte en politique au sein d’un groupe de recherche de l’université de Dijon. C’est à ce titre qu’il a codirigé la publication de l’important colloque consacré à ce sujet en 2005  .

Dans l’ordre de la violence politique, celle qui affecte le milieu parlementaire paraît paradoxale. L’Assemblée nationale et le Sénat ne sont-ils pas le lieu privilégié de la délibération au service de l’intérêt général, assise sur la réflexion, la discussion ? La raison n’a-t-elle pas vocation à l’emporter sur la passion aux Palais-Bourbon et du Luxembourg ? C’est oublier qu’en sus des attentes (des illusions ?) des théoriciens français du parlementarisme en construction du XIXe siècle, la vie parlementaire en action s’est, également – d’abord ? –, constituée par l’expérience des assemblées révolutionnaires  . Thomas Bouchet nous emmène dans ce monde de l’insulte au sein de l’Assemblée nationale, qu’il décrit comme "un bon observatoire pour comprendre certaines violences codées ou débridées du conflit politique"  . Son livre témoigne également de l’intérêt renouvelé des historiens pour les figures de l’éloquence et du débat parlementaires  ...

 

L'intégralité de cet article est disponible en cliquant sur le lien ci-dessous

http://www.nonfiction.fr/article-3648-linsulte_en_politique.htm

 

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