Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

 

http://www.images-chapitre.com/ima2/original/560/9779560_4230903.jpgOdile Métais-Thoreau est Docteur en Histoire, Université François Rabelais, Tours - Sorbonne, Paris I.

Jacques Maurice, natif d'Artannes-sur-Indre, petit village de Touraine, est condamné au bagne. Un fait divers réel qui a pour originalité de se dérouler en 1845 dans la campagne tourangelle.

Cette étude historique, aux tonalités de roman social ou policier, nous permet de suivre le parcours d'un « p'tit gars » d'Artannes qui finit sa vie au bagne.


Son enfance difficile, des histoires d'héritage et une belle-soeur manipulatrice le poussent à une tentative d'empoisonnement envers son oncle et sa tante.


Accusé, arrêté et enfermé à la prison de Tours, son procès s'ouvre rapidement et voit les témoins se succéder : maire, médecin, notables, voisins et membres de la famille. Condamné à vingt années de bagne. Jacques Maurice va rejoindre les 4.300 bagnards de Toulon.


Nous découvrons ici, à travers de multiples documents et des témoignages de l'époque, dont ceux de Vidocq, célèbre bagnard, le quotidien inhumain de ces hommes : le trajet organisé, les conditions de vie épouvantables, les travaux forcés, les trafics internes, les épidémies...

 

Un passeport pour le bagne dont tout retour à une vie normale est impossible.

 

Extrait du livre : Environnement


I - La si jolie « Vallée du Lys », La commune d'Artannes-sur-Indre


Afin de planter le décor, empruntons à un autre Jacques Maurice, notre contemporain, son tableau d'Artarmes sous la monarchie de Juillet.


Artannes se niche au bord de l'Indre entre Monts et Pont-de-Ruan. Nous sommes, ainsi que l'indiquent les panneaux, dans la «vallée des moulins et des belles demeures», la plupart déjà édifiés avant le XIXe siècle.


Le bourg abrite le château des archevêques de Tours vendu comme bien national, une jolie église enrichie par la cour des archevêques. Quelques «belles demeures» en effet apparaissent blotties dans les arbres : le château de La Mothe, le manoir de La Bruère et celui de l'Alouette étape de Balzac sur le chemin de Sache où l'attendait monsieur de Margonne, sans oublier le château de Néré...

A côté de ces nobles maisons subsistent d'humbles masures. En Touraine, si les vallées sont riantes, les plateaux apparaissent assez pauvres et abritent à l'époque qui nous concerne une population de cultivateurs, mais aussi de journaliers (gagistes), fagoteurs, femmes de journée, laveuses. La commune s'étend sur 1105 hectares.


Grâce aux recensements, dont les premiers datent de 1836, et aux registres de l'Etat civil, nous allons en suivre l'évolution.


Au bourg se regroupent les artisans, les commerçants, soit la vie économique. En 1846, deux cent quatre-vingt dix-neuf habitants en forment la population.


Les conditions de vie évoluent grâce à la loi Guizot votée en 1833, favorisant l'enseignement : l'année suivante la commune installe un instituteur. Son traitement annuel sera de 150 francs.


Cependant ce maître d'école perçoit 1,50 franc des élèves qui apprennent à lire et 2 francs de ceux qui abordent l'écriture et le calcul. En outre, le maître a l'obligation de prendre dans sa classe seize « élèves gratuit s» désignés par le Conseil municipal. Jacques Maurice n'en bénéficiera pas, il sera illettré. Les Clairets où il est né sont trop loin du bourg, sa famille trop ignorée aussi sans doute.

 

Passeport pour le bagne , Un tourangeau au bagne de Toulon

Odile Métais-Thoreau

Récit (broché). Paru en 03/2008

Commenter cet article