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http://static.decitre.fr/media/catalog/product/cache/1/image/9df78eab33525d08d6e5fb8d27136e95/9/7/8/2/0/2/1/0/9782021077209FS.gif« Sept milliards d'hommes peuplent aujourd'hui la planète. [...] Le calcul est simple : si chacun d'entre nous écrivait ne serait-ce que dix Vies au cours de la sienne aucune ne serait oubliée. Aucune ne serait effacée. Chacune atteindrait à la postérité, et ce serait justice. » Deville, en fantôme du futur a puisé dans les archives, correspondances et autres documents de l'Institut Pasteur, pour rendre justice à celle d'Alexandre Yersin (1863-1943). Médecin biologiste au sein de la première équipe de l'Institut tout juste créé, Yersin découvre le bacille de la peste et pointe le rôle du rat dans l'épidémie. L'homme ne peut se satisfaire d'une vie rangée - loin de lui l'idée de fonder une famille - et d'une activité seule et unique. Poussé par une curiosité manifeste, ses aspirations de jeunesse - lectures, passion pour Livingstone -, fuyant les préoccupations politiques qui touchent l'époque, il part à l'aventure de par le monde : médecin de bord, explorateur, quelques missions pour l'Institut, praticien pour les populations locales et, toujours, observateur. Tout au long de son existence, il se confie à sa mère puis sa soeur et transmet à ses collègues ses rapports scientifiques. Ce sont les terres d'Asie qui auront eu sa préférence, l'humaniste termine sa vie en Indochine.


 

 

Le monde des aventuriers se divise en trois groupes : les têtes brûlées à l'image de Stanley, les amateurs comme Malraux, et les héros de l'ombre tel Alexandre Yersin. C'est cette dernière figure que Patrick Deville a choisi de sortir de l'oubli en nous contant sa passionnante destinée. D'origine suisse, ce talentueux électron libre de l'institut Pasteur, d'une insatiable curiosité, trouva en Indochine une patrie à la hauteur de son désir de liberté. Explorateur, défricheur, bâtisseur, Yersin aimait agir sans relâche et passer d'un rôle à l'autre sans jamais rechercher les honneurs. L'humanité doit à cet humble chercheur d'être à l'origine du remède au fléau le plus légendaire : la peste. Tout en poursuivant sa méthode basée sur l'épluchage d'archives et l'enquête sur le terrain, Patrick Deville adopte cette fois un ton plus romancé, s'efface davantage derrière son personnage, mais s'autorise quelques commentaires bien ajustés. Un petit changement de forme qui n'ôte rien au côté exaltant de ses livres dont il est le seul à connaître le secret.


 

 

Après Kampuchéa, Patrick Deville revient à ses amours indochinoises par un curieux biais : il ressuscite effectivement avec sa manière contournant et hélicoïdale la figure de Yersin, un des membres de la bande à Pasteur, ces hommes qui à la fin du XIXe siècle firent basculer la biologie moderne avec la découverte des vaccins.

D'origine suisse, tôt orphelin, Yersin fait bande à part depuis toujours et ne cessera pas, sa vie durant, de choisir les voies les plus singulières pour affirmer son choix d'atteindre le bonheur. Mais, trop souvent, le monde et la virulence de ses microbes le rattrapent et il sort de son splendide isolement, ou de ses expéditions lointaines pour, notamment, éradiquer la peste (il donnera son nom au virus) ou accomplir un voyage crucial.

Biographe voyageur qui revendique une subjectivité inventive, Deville constitue peu à peu une bio-bibliographie littéraire unique en son genre dont ce dernier avatar n'est pas le moins réussi.


  • Le courrier des auteurs : 29/11/2012

 

Cher Patrick Deville,

En 1905, paraissait le premier Petit Larousse. Avec, un exemple surprenant offrant un mot qui vous est cher et autour duquel vous savez si bien nous faire rêver : explorateur. Quel est cet exemple ? «Beaucoup d'explorateurs ne reviennent pas»... Voilà qui est troublant, mais à dire vrai, que l'on s'appelle Henri Mouhot, cet explorateur jusque-là mal connu au coeur de votre précédent roman, ou qu'il s'agisse dans la dynamique de Peste & choléra de Yersin, admirateur premier de Livingstone, puis explorateur de bacilles, pourfendeur de la peste, armé d'un microscope et d'une seringue, la blouse blanche en guise d'étendard, représentent-ils des explorateurs qui reviennent ? Quittent-ils vraiment leur ailleurs ?


Ainsi, Yersin voyage beaucoup, notamment en Extrême-Orient - comme vous - et si son père traquait l'insecte, lui c'est le bacille, en explorateur du toujours plus petit au bout du microscope. Du microscopique, certes, mais pour la planète entière, en balayant la peste et ses puces. Le grand écart.


Un autre mot vous est cher, c'est même une famille de mots : seul, solitaire, solitude. La solitude est-elle signe de souffrance ? Assurément non. «Le pire, ne jamais pouvoir être seul», dites-vous, en n'oubliant pas le programme de Rimbaud : «la solitude, s'en aller voir ailleurs». Ajoutons avec Simone de Beauvoir que «solitude n'est pas isolement». Yersin, le solitaire, célibataire, donne en effet tout à la communauté. Seul, mais pour tous, encore un grand écart. Le «pasteurien» Yersin incarne un sauveteur solitaire à la rencontre systématique des autres, pour le meilleur : les soigner. Ce bilingue suisse, dites-vous, traduit l'espoir, encore un mot fort pour le «traducteur» que vous êtes qui, par définition, rencontre les autres, to meet en anglais : comme la Maison des Écrivains Étrangers et Traducteurs (MEET).


Un couleur brille chez Yersin : le bleu : le début de la victoire médicale sur la peste est de la couleur symbolique du ciel, lorsque les «yeux bleus de Yersin ont vu les yeux bleus de Pasteur», Yersin, « ce petit jeune homme à l'oeil bleu si sévère ». Et puis, en fin de parcours, retrouvons cet homme chauve, «la barbe blanche et l'oeil bleu», encore et encore. Rappellera-t-on Cordon bleu, votre premier roman, en 1987 ? Et sans doute avez-vous en mémoire vive ce vers de Rimbaud : « Et l'infini terrible effara ton oeil bleu ». On vient de citer Simone de Beauvoir, alors invitons Sartre qui souhaitait dresser des « cathédrales de paroles sous l'oeil bleu du mot ».


Magnifiquement, cher Patrick Deville, dans ce «sac de peau» que nous sommes, vous glissez l'infiniment grand de l'azur, de l'horizon, et l'infiniment petit de notre composition et décomposition, microbienne. Encore un écart déclencheur.


Quel intense voyage grâce à vous dans l'histoire, la vôtre, la nôtre ! Au fait, c'est dans l'article beaucoup que se trouve «Beaucoup d'explorateurs ne reviennent pas». Nous on vous attend, vous n'avez pas le choix : emmenez-nous encore dans vos explorations. Beaucoup et encore beaucoup.

Jean Pruvost


  • Les présentations des éditeurs : 29/11/2012

 

 

Quand Louis Pasteur expérimente avec succès le vaccin contre la rage, il ouvre de nouvelles et formidables perspectives à la biologie et à la médecine. Il chargera plus tard ses élèves ou disciples de prolonger ses recherches à travers le monde. Les jeunes pasteuriens partent pour de longs périples. Parmi eux, Alexandre Yersin, d'origine suisse (il est né à Morges en 1863), naturalisé Français pour les besoins de la science, qui se forme sur le tas et part très vite en Indochine, où il passera le plus clair de sa vie, loin des brouhahas parisiens et des fracas guerriers.


Il multiplie là-bas les observations épidémiologiques mais aussi bien géographiques, astronomiques ou météorologiques. C'est que ces jeunes gens sont curieux de tout, Yersin en particulier. Ami du politicien Doumer, Yersin se trouve à l'origine de la ville de Dalat, dans l'actuel Vietnam, puis il s'installe à Nha Trang pour y mener passionnément ses multiples activités de chercheur. Elevage bovin, culture de l'hévéa, des orchidées, de la quinine : il pourrait faire fortune mais tout va au financement des recherches et de l'Institut Pasteur créé entre-temps.


La science l'absorbe, il n'aura ni femme ni enfant. Parfois il revient en Europe, mais c'est le plus souvent de loin, à la radio ou par les journaux, qu'il reçoit l'écho des conflits mondiaux et de leurs atrocités. Il meurt en 1943, conscient mais pas tout à fait amer que son nom n'aura pas la même gloire posthume que son maître, Louis Pasteur, et demeurera essentiellement attaché à la découverte du bacille de la peste à Hong-Kong en 1894. C'est cette formidable aventure scientifique et humaine que raconte Deville en croisant les périodes et les personnages autour de la figure de Yersin.

Grand voyageur, esprit cosmopolite, Patrick Deville, né en 1957, dirige la Maison des Écrivains Étrangers et Traducteurs (MEET) de Saint-Nazaire, et la revue du même nom. Son oeuvre a été traduite en dix langues. Rappelons ses derniers livres publiés au Seuil : sa trilogie Pura Vida (2004), Equatoria (2006), Kampuchéa (2011).


  • La revue de presse Jérôme Béglé - Le Point du 8 août 2012

 

Ce personnage laissé dans l'ombre de l'histoire méritait un coup de projecteur autant que son aventure humaine et scientifique. Patrick Deville (auteur de Kampuchéa l'année dernière et d'Équatoria en 2009) est comme un poisson dans l'eau entre ces plantations d'hévéa, ces pluies diluviennes et cette nature sauvage. Peste et choléra est un roman dépaysant à la Stevenson, et mystérieux comme un Jules Verne.


  • La revue de presse Nathalie Crom - Télérama du 22 août 2012

 

 

Récit voyageur dans lequel se mêlent narration et commentaires, Peste & choléra se situe tout à la fois dans la lignée des précédents ouvrages de l'auteur (Pura Vida, La Tentation des armes à feu, Equatoria, Kampuchéa) et en léger décalage car moins digressif, plus directement centré sur l'unique et remarquable figure de Yersin. Il est vrai que l'incroyable biographie de ce médecin et aventurier, et la densité historique des temps qu'il a traversés - né en 1863 en Suisse, il est mort quatre-vingts ans plus tard à Nha Trang, dans l'actuel Vietnam, alors partie de l'Indochine française - suffisent à constituer un matériau narratif rocambolesque et profus, que Deville excelle à déployer, tantôt avec gravité, tantôt avec truculence, tout en se mettant discrètement en scène dans les marges du récit.


  • La revue de presse Raphaëlle Leyris - Le Monde du 23 août 2012

 

 

A travers la longue vie d'Alexandre Yersin, Patrick Deville raconte un siècle de découvertes scientifiques, de guerres franco-allemandes, de colonisation... Ce remarquable styliste conjugue la vivacité avec laquelle il mène son récit et la sobriété de sa phrase, écrite comme en gardant toujours un léger sourire en coin - qui peut signifier la bienveillance pour son modèle tout autant que l'amusement pour sa propre position de " fantôme du futur " parti sur les traces d''un héros très discret. L'écrivain évite ainsi à son roman de sombrer dans l'hagiographie, et livre l'un des textes les plus intéressants de la rentrée.


  • La revue de presse Alain Nicolas - L'Humanité du 23 août 2012

 

 

Un nom dans les dictionnaires  : Yersin, Alexandre, découvreur du bacille de la peste. C'est tout. L'homme qui a vaincu ce « mal qui répand la terreur », qui a si profondément, si longuement marqué notre histoire, nos esprits, nos lectures est à peine connu. Pas de prix Nobel, contrairement à d'autres, parmi ses collègues pasteuriens. Il faut dire qu'il n'a rien fait pour. Ce Vaudois, fils d'un ingénieur - « intendant des Poudres » - passionné de botanique et d'entomologie, qu'il n'a jamais connu, et d'une mère qui tenait une respectable pension pour jeunes filles, semble n'avoir qu'une vraie passion  : être où on ne l'attend pas. oilà qui ne devait pas manquer de retenir l'attention d'un écrivain comme Patrick Deville...


« On pourrait écrite une Vie de Yersin comme une Vie de saint. » C'est qu'il n'a pas vécu une « vie de roman », mais une vie d'où peut naître le romanesque, pour peu que l'écriture passe sur le réel. Patrick 
Deville introduit dans la narration un « fantôme du futur », qui pourrait bien être l'auteur, le lecteur, ou le livre. Il connaît la fin, il sait ce que Yersin ne savait pas


  • La revue de presse Emmanuel Hecht - L'Express, août 2012

 

 

Ce personnage à la Conrad ne pouvait que fasciner Patrick Deville, voyageur impénitent, greffier scrupuleux du passé colonial, justicier en quête de héros méconnus, qui, hier, se penchait sur William Walker, cet aventurier américain devenu président du Nicaragua (Pura Vida) ; sur Henri Mouhot, naturaliste redécouvreur involontaire d'Angkor (Kampuchéa) et sur Brazza, le père du Congo (Equatoria)...


Patrick Deville domine son sujet. De la topographie de la côte d'Annam aux archives de l'Institut Pasteur, aucun détail ne semble lui échapper. Sûr de ses faits, il s'autorise quelques facéties de style nimbées d'humour. Il faut y voir l'ultime élégance d'un dandy qui, l'air de rien, façonne une oeuvre.

 


  • La revue de presse Jean-Baptiste Harang - Le Magazine Littéraire, août 2012

 

 

Peste & choléra, «roman d'invention sans fiction» de Patrick Deville, nous emmène sur les pas d'un grand oublié de l'Histoire : Alexandre Yersin qui découvrit le bacille de la peste en 1894. Pour écrire ce livre, Patrick Deville a fait le tour du monde, un carnet en peau de taupe à la main. À chaque étape, il arriva trop tard, il le savait : son héros était mort depuis le 28 février 1943, à Nha Trang, chez lui, au bord de la mer, au Viêtnam, et enterré plus haut dans les terres, derrière une grille bleue et sous cette inscription : «Alexandre Yersin 1863-1943»...


Deville n'est pas le premier biographe de Yersin, mais, fort de ces deux dispositifs - faire d'une vie vraie un roman, et tirer de la présence rêvée du narrateur auprès du narré le droit d'écrire au présent cette chronologie chamboulée -, en 44 courts chapitres, battus comme des cartes et distribués prestement sous les yeux du lecteur ébahi, dans un désordre savant et imparable, il réussit un grand chelem : un livre érudit et modeste, drôle et empathique, clair et juste, solide comme le granit et, comme le granit, scintillant d'éclats de mica tombés des lustres de Rimbaud, de Baudelaire ou d'Hugo.


  • La revue de presse Gilles Martin-Chauffier - Paris-Match, octobre 2012

 

 

Patrick Deville retrace la vie tumultueuse d'Alexandre Yersin, le découvreur du bacille de la peste...


Tout le passionne  : la biologie bien sûr mais aussi Nietzsche, l'électricité, l'automobile, Bouddha, le cinéma, l'astronomie... Avec lui, on a affaire à l'aventurier idéal. Plus que par Lavoisier, il est fasciné par Livingstone. Ou par La Condamine, le copain de Voltaire parti pour le Pérou pour déterminer la longueur de l'équateur, qui descendit l'Amazone, calcula la vitesse du son, découvrit le caoutchouc en Guyane et acheva ses tribulations sous la coupole de l'Académie. Ils se ressemblent, toujours à battre des ailes, de leur naissance à la mort. D'où le charme de « Peste & choléra », le roman d'aventures de Patrick Deville. Ce n'est pas qu'un scientifique qui s'agite sous nos yeux mais aussi un explorateur, un ethnologue, un colon, un industriel, un botaniste, un astronome...


  • La revue de presse Didier Jacob - Le Nouvel Observateur du 13 septembre 2012

 

 

Voici donc, à la fois, l'autobiographie imaginaire d'un écrivain unique en son style et la fabuleuse histoire de l'un des aventuriers les plus méconnus, et les plus exemplaires, de la science moderne.


  • La revue de presse Yannick Vely - Paris-Match, novembre 2012

 

 

C'est un magnifique roman que vient de récompenser le jury du prix Femina. Biographie du scientifique suisse Alexandre Yersin, découvreur à Hong Kong en 1894 du bacille de la peste, aventurier et inventeur de génie, «Peste & Choléra» de Patrick Deville est aussi et surtout une leçon d'écriture romanesque, un formidable exercice de style - comment faire de la grande littérature à l'heure de Wikipedia. De la structure narrative aux envolées contemplatives, le nouveau roman de l'auteur de « Kampuchéa » est une invitation au voyage et à la connaissance...


Le choix du jury du prix Femina ne se discute pas : il couronne l'un des plus beaux romans de la rentrée littéraire.

 

Peste & choléra

Auteur : Patrick Deville

Date de saisie : 28/11/2012

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Seuil, Paris, France

Collection : Fiction & Cie

 

 

Peste & Choléra - Patrick Deville - Vidéo Dailymotion

► 4:34► 4:34
www.dailymotion.com/.../xr6ut5_peste-cholera-patric...29 mai 2012 - 5 min
Ce n'est pas une vie que de ne pas bouger. »Parmi les jeunes chercheurs qui ont constitué la première équipe de ...

 http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/3/34/Jean_Morzadec_photographi%C3%A9_par_Oleksandra_Yaromova.jpg/220px-Jean_Morzadec_photographi%C3%A9_par_Oleksandra_Yaromova.jpgLechoixdeslibraires.com a été créé par Jean Morzadec et son équipe, afin de rendre hommage à la compétence des libraires, qui sont les ambassadeurs du livre.


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