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http://static.letsbuyit.com/filer/images/fr/products/original/47/69/denis-bruna-piercing-sur-les-traces-d-une-infamie-medievale_6106297-6106297.pngDocument 2001 - Denis Bruna présente ici une enquête inédite sur le « piercing » au cœur d'images peintes et de textes du XIVe, XVe et XVIe siècles. Sur les visages et sur les corps, des anneaux, des pendeloques et des chaînes fixés à travers la chair évoquent une étonnante ancienneté occidentale du piercing contemporain... Longtemps passés sous silence, ces ornements sont réservés à des individus singuliers de l'iconographie chrétienne. Des personnes, qui par leurs actes, leur croyance ou leur origine, étaient désignées comme les ennemis de la foi chrétienne bourreaux, juges, Noirs, juifs, Sarrasins... Semblant apparaître quelques siècles plus tôt, le malaise contemporain à l'égard du piercing suit les flots lents des mentalités. Si aujourd'hui l'idée de l'exclusion persiste, le code social est inversé. Imposé autrefois comme une marque d'infamie, le piercing s'impose aujourd'hui comme un acte volontaire et revendicatif. La marque est devenue une démarque ...

Piercing, sur les traces d'une infamie médiévale

Denis Bruna Paru en 09/2001

Éditeur Textuel

Date de parution septembre 2001



Le piercing est un phénomène de société. Les jeunes d'Europe occidentale adoptent la mode de ces bijoux que l'on place, en perçant la peau, sur une partie du corps. Ce succès provoque aussi une sévère réprobation sociale. Et si ce rejet trouvait son origine au Moyen Age...


Le piercing est devenu un phénomène de société. Cette pratique, on le sait, consiste à percer une partie du corps pour y placer un bijou, le plus souvent un anneau. Jusqu'à une période récente cette pratique était réservée à des marginaux : gens du voyage, punks, sado-masochistes ; ou bien à certains professions, comme les marins. Et voilà que la jeunesse d'Europe occidentale (jusqu'à la petite-fille de la reine d'Angleterre !) l'adopte. Ce succès provoque pourtant un malaise culturel, voire une sévère réprobation sociale. Et certains chefs d'établissement excluent les porteurs de piercing de leur collège. Et si ce rejet plongeait ses racines dans le Moyen Age ? Un historien de l'art, Denis Bruna, scrutant les détails de plusieurs panneaux peints de la fin de l'époque médiévale, a non sans sagacité remarqué que dans diverses scènes religieuses apparaissaient des individus au visage transpercé par des anneaux, pendeloques, chaînes ou broches(1). Ainsi, dans le Portement de Croix de Jérôme Bosch (conservé au musée de Gand), quatre bourreaux accompagnant le Christ sur le chemin du Calvaire ont le visage percé d'anneaux. Portent aussi de tels insignes une sage-femme incrédule, un vieillard lubrique, des infidèles ou bien des Noirs. Bref, des « ennemis » de la foi chrétienne, et par là des marginaux. Le Moyen Age n'a pas été avare de marques d'infamie désignant un groupe social dévalorisé : rouelle (disque d'étoffe de couleur) pour les Juifs, croix pour les hérétiques, habit spécial et...

Le « piercing » aussi a une histoire

Par Jacques Berlioz
publié dans L'Histoire n° 259 - 11/2001  Acheter L'Histoire n° 259  +

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