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http://ec56229aec51f1baff1d-185c3068e22352c56024573e929788ff.r87.cf1.rackcdn.com/attachments/large/4/0/3/000265403.jpgDocument 2000 -  Amazon.fr - Immergée durant deux ans dans la prison de Poissy afin d'achever ses travaux de thèse sur le milieu carcéral, Léonore Le Caisne livre une étude ethnologique surprenante. Mais, plus qu'un répertoire structurel des comportements sociaux en prison, l'auteur s'est attaché à vivre avec eux, à apprendre à les connaître. Du parloir à l'atelier, de la cour de promenade à la cellule, du besoin de confession révoltée au mutisme fataliste, Léonore Le Caisne crée jour après jour un lien fort et humain avec ces prisonniers. "Braves types" ou "sales mecs", qu'importe au fond, l'ethnologue ne cherche pas à juger mais à traduire leurs expériences singulières de l'enfermement. Car enfermés et seuls, ils le sont et ils le crient.

 

Il ressort de ce livre fort que la souffrance la plus grande vécue dans les prisons, ce n'est pas la vétusté, l'insalubrité, la violence omniprésente, le risque immanquable de replonger, le mauvais sommeil, la maladie qui guette, pire que cela, c'est d'une dépossession d'eux-mêmes que souffrent les prisonniers. Pour Léonore Le Caisne, la prison est "un lieu de déconstruction de soi". Il faut aujourd'hui en prendre conscience car ce mal est à ce jour sans solution. -- Denis Gombert


Revue de presse - Une société qui revient sur les exactions commises lors d'une guerre injustifiable ou qui s'inquiète - comme ce fut le cas lors de la sortie du livre de Véronique Vasseur - des conditions de vie dégradantes faites aux détenus, signifie, par delà les polémiques, qu'elle est suffisamment forte pour se confronter à ce qui pourrait la diviser.

 

Depuis les années 70, l'univers carcéral est mieux connu. De Michel Foucault militant contre le "grand enfermement" à Jacques Mesrine qui cherchait à obtenir la fermeture des QHS (quartiers de haute sécurité), nombreux sont ceux qui portèrent la question des prisons sur le devant de la scène. Les études en tous genres abondent et le livre de Léonore Le Caisne n'est pas sans parcourir parfois des sentiers battus (lorsque notamment elle évoque la déstructuration de la personnalité du détenu et l'invention d'une nouvelle identité à l'intérieur de la prison). Mais parce qu'il s'agit d'une étude particulièrement complète, elle intéressera également ceux qui ont déjà été amenés à se documenter sur les prisons.


Léonore Le Caisne, qui a parfois des réflexions un peu surprenantes de naïveté, fait preuve, néanmoins, d'une grande intelligence : efficace, jamais lyrique, elle pousse l'analyse jusque dans ses derniers retranchements, n'abandonnant jamais un fait sans examiner immédiatement ses corollaires et ses contradictions. La vie de la centrale de Poissy semble ainsi se déplier, s'ouvrir ; son analyse du rôle des DPS et des "perpètes" est le signe d'un regard qui a réellement investi l'intérieur de la prison. Un regard capable de percevoir les repères internes, les systèmes de valeurs reproduits (son analyse de la respectabilité des crimes aux yeux des codétenus, fonction de l'engagement physique vis-à-vis de la victime est, par exemple, particulièrement intéressante). -- Arnaud Bertina -- -- Urbuz.com

 

 

Prison : une ethnologue en centrale

Vendu par Librairie La Rose des Vents (Dreux 28100)

Éditeur : Jacob
Date Parution : 2000

Collection : SCIENCE HUM

 


Prisons actuelles - Évasions (100)

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