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http://www.decitre.fr/gi/17/9782708968417FS.gifDocument 2003 - Véronique Vasseur, médecin-chef à la prison de la Santé, dressait récemment un bilan accablant des conditions de détention. Dès lors, comment envisager une réinsertion des prisonniers ? C'était pourtant l'ambition des inventeurs de la prison moderne, en 1791 : réhabiliter autant que punir. Bilan d'un échec.


« La Santé, c'est une ville dans la ville où règnent la saleté, la détresse, la maladie, la perversité... Illogique, irrationnel, incompréhensible, c'est un monde à part, coupé de la vie. Comment peut-on, dans ces conditions, imaginer une quelconque réinsertion ? [...] La plupart [des prisonniers] font de courts séjours dehors et se retrouvent vite ici. C'est notre ghetto, notre honte. » C'est Véronique Vasseur, médecin-chef à la prison de la Santé depuis 1993, qui s'exprime ainsi, dans un livre publié en 2000 (cf. p. 88) . Elle y dresse un bilan accablant des conditions de détention dans la prison parisienne, décrivant l'insalubrité, la surpopulation. Faisant état des nombreux suicides qu'elle a pu constater, des attitudes extrêmes auxquelles recourent les détenus, comme d'avaler des fourchettes ou de se lacérer le corps. Un bilan qui marque sans doute l'échec de l'ensemble du système carcéral moderne, né pendant la Révolution. L'objectif de ses promoteurs était en effet d'instituer des peines légales et égales pour tous, mais surtout de régénérer les prisonniers et non plus de les détruire. Depuis De l'esprit des lois de Montesquieu , publié en 1748, l'Europe des Lumières sait que les régimes despotiques encouragent la sévérité des peines alors que la république plaide pour la modération des sanctions établies selon une « manière de juger [qui] devient fixe » (1). La réflexion de Montesquieu irrigue la pensée des réformateurs de la justice criminelle de la …


Prisons : chronique d'une réforme impossible

Par Jacques-Guy Petit
publié dans L'Histoire n° 272 - 01/2003  Acheter L'Histoire n° 272  +

 

 

Document 2002 - En 1791, le code pénal supprime les supplices de l'Ancien Régime.


Aujourd'hui, l'abolition de la peine de mort, votée en 1981, suscite encore des débats. Deux siècles se sont pourtant écoulés. Et l'on pourrait avoir l'illusion que la France a fait des progrès dans sa manière de traiter celles et ceux qu'elle considère comme une menace. Qu'en est-il de la réalité vécue par les condamnés ? L'idéal des Lumières bute sur une question : l'homme qui commet un acte répréhensible est-il perfectible ? Ou plutôt sur la réponse que lui donne la société : élimination bien plus souvent que réinsertion.


Le bagne, situé outre-mer par mesure de " prophylaxie " sanitaire, sociale voire politique, s'est installé en Algérie, en Nouvelle-Calédonie et en Guyane pour plus d'un siècle et demi. Quant à la prison pénale, elle tue parfois plus que son aîné. A la fin du XXe siècle, le nombre de condamnations ne cesse de s'élever. La classe politique s'agite : dix ans après le rapport Bonnemaison, une commission parlementaire se penche à nouveau sur ce problème.


Une vague de constructions et de mesures d'adaptation est annoncée, sans peser le caractère équivoque de la quête d'une " bonne " prison : est-ce un moyen de réprimer ou de réinsérer ?

Histoire des prisons en France (1789-2000). Le système pénitentiaire et les bagnes d'outre-mer

Jacques-Guy Petit , Claude Faugeron , Michel Pierre

Broché

Paru le : 22/10/2002

Éditeur : Privat

Collection : Hommes et communautés

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