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http://www.le-livre.fr/photos/R16/R160086522.jpgDocument 23/06/2007 - Condamné à quinze ans de réclusion en 1972 pour un braquage qu'il a toujours nié avoir commis, gracié en 1981, Roger Knobelspiess récidive dans les années quatre-vingt. Ayant passé vingt-six ans de sa vie en prison, il est devenu le porte-parole des prisonniers, dénonçant l'inhumanité d'un système carcéral français qui broie les hommes et les pousse à la récidive.


Se battant inlassablement, contre sa peine, contre ses conditions de détention, ce prisonnier, sans cesse transféré de cellule d'isolement en cellule d'isolement n'a jamais cessé de crier son innocence.


Il est l'un de ceux qui servirent de cobaye pour l'une de ces inventions démocratiques de pointe : le Quartier de Haute Sécurité. Un homme devient dangereux non pas en fonction du délit commis mais de son insoumission. S'il refuse de se taire, n'accepte pas sa peine, se révolte de quelque façon, il sera mis en Q.H.S.


Ce livre a été engendré face au silence du Q.H.S., hors de l'espoir et du désespoir. Une simple lutte contre la mort lente : dans une cellule blindée, seul 23 heures sur 24.

Ce livre est paru en 1980, alors que Roger Knobelspiess purgeait une première peine qui sera suivie d'une autre condamnation en 1987. Il a été libéré en 1990. Acteur, Roger Knobelspiess a joué dans une dizaine de films (Capitaine Conan de Bertrand Tavernier, Cantique de la racaille de Vincent Ravalée...). Auteur, il a publié huit livres, dont Le Roman des Ecameaux (Grasset, 1984) et Désordres de mémoires (Le Rocher, 2004).


  • Les courts extraits de livres : 23/06/2007

 

 

http://docs.flammarion.com/Peoples/108146/_photo.jpgPour comprendre les raisons qui me vouent au laminoir judiciaire et pénitentiaire, il faut savoir ma vie, mon enfance et mon milieu social. C'est inséparable de l'erreur qui me frappe...


Je suis né dans une ville de province normande, sous son ciel gris et sa pluie, à Elbeuf en Seine-Maritime. Une ville ouvrière qui suintait les odeurs de textile, des usines de draps fins, de lainage, de bonneterie, et les miasmes de récentes implantations chimiques et mécaniques. Une ville d'usure, une ville de sueur avec ses bistrots et son alcoolisme névrotique des jours de paie. Les dimanches étaient mornes et vides, la ville donnait son repos aux bagnes patronaux. Elle était comme en arrêt de vie, déserte ! Elle attendait le lundi fatidique de la reprise. Le voisin, le dimanche, venait boire le café chez nous en poussant son refrain : « Je vais me coucher tôt pour être en forme. » Le lundi, l'animation artificielle reprenait à grand train. Et c'était soudain comme un envahissement subit de la ville par ses habitants, des gens pressés de courir là où rien ne les attendait, sinon la contrainte du quotidien : mettre sa fiche dans la pointeuse de l'usine et s'enchaîner dans l'horaire des cadences sous l'oeil des contremaîtres. Devant l'église Saint-Jean où nous habitions un baraquement préfabriqué, le car de chez Renault faisait son ramassage comme une horloge bien réglée : de 6 heures à 14 heures, de 14 heures à 22 heures, et de la chambre que j'occupais avec mon frère Jean, je le voyais dans la journée et l'entendais la nuit. J'étais dans mon lit à 22 heures quand résonnait son moteur qui à 6 heures du matin m'éveillait. Il ne fallait pas se plaindre. C'est quasiment sous notre fenêtre que ce car se livrait au remplissage du sang humain pour le rapt de la vie par l'usine. Nous étions neuf à habiter les quatre pièces de ce baraquement vétusté. L'hiver il n'y avait pas de chauffage dans les chambres et il faisait froid car les cloisons étaient en contre-plaqué. Pas de sanitaires, juste un lavabo où l'on se lavait tous à tour de rôle et qui servait également à faire la vaisselle et laver le linge. Sept frères et soeurs, quatre garçons et trois filles. Ma mère Gabrielle et mon père Joseph, surnommé « Tonton » par ses copains de bistrot et de bricolage. C'était un rebelle social, « Tonton ». Les flics étaient toujours à venir le harceler pour des soupçons de chapardages et pour des amendes en raison de son automobile hétéroclite, jamais « en règle ».

 

QHS, quartier haute sécurité

Auteur : Roger Knobelspiess

Date de saisie : 14/06/2007

Genre : Sociologie, Société

Editeur : Rocher, Monaco, France

Collection : Documents

 

 

QUELQUES VIDÉOS UTILES SUR LES QHS


 

Jacques Mesrine parle des conditions de détention en QHS

► 2:11► 2:11
www.dailymotion.com/video/x8ixst_jacques-mesrine-...1 mars 2009 - 2 mn
Jacques Mesrine parle des conditions de détention en QHS ... Regarder plus de vidéos de eric0647mesmeur ...

Vidéo JACQUES MESRINE et les QHS - extraits audio de ...

► 7:01► 7:01
www.wat.tv/video/jacques-mesrine-qhs-extraits-3l5iv_...4 avr. 2011 - 7 mn
EXTRAITS AUDIO DE JACQUES MESRINE - Wat.tv vous propose de découvrir la vidéo JACQUES MESRINE et ...

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