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Réagissant à l’intention du ministre de l’Immigration de lancer un débat sur l’identité nationale, l’historien Patrick Weil, auteur de Qu’est-ce-qu’un Français ? Histoire de la nationalité française depuis la Révolution [1], a jugé lundi "insupportable" "la volonté de M. Besson d’encadrer quelque chose qui a toujours été très divers et fluide".

"Etre Français, c’est se rattacher à des traditions extrêmement différentes", a déclaré à l’AFP Patrick Weil. "On peut se sentir Français en relation avec Jeanne d’Arc, Louis XIV, Danton ou Robespierre, de Gaulle ou Clemenceau. Il n’y a pas une seule façon d’être Français. M. Besson a une volonté d’encadrer quelque chose qui a toujours été très divers et fluide, ce qui est insupportable".

Plutôt que de participer à la récupération populiste d’Eric Besson, profitons de l’occasion pour relire Ernest Renan : l’éditeur Les liens qui libèrent vient de publier un petit livre intitulé De la nation et du « peuple juif », dans lequel l’historien israélien Shlomo Sand reprend deux textes d’Ernest Renan : Qu’est-ce qu’une nation ? du 11 mars 1882 et Le judaïsme comme comme race et comme religion du 27 janvier 1883. Voici la dernière partie du premier de ces deux textes [2]...

“Ce n’est pas au pouvoir politique de décréter ce que c’est qu’être Français” (Patrick Weil)

http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article3558




Qu'est-ce qu'un Français ? Ou plutôt par quel mécanisme est-on français ? Parce qu'on est né de parents français ? Parce qu'on est né sur le territoire national, même de parents étrangers ? Droit du sang ou droit du sol ? L'auteur apporte des réponses à ces questions majeures qui engagent la politique d'immigration actuelle.

Quatrième de couverture

Qu'est-ce qu'un Français ? Histoire de la nationalité française depuis la révolution. Édition revue et augmentée

1803 : contre l'avis de Napoléon, en rupture avec le droit du sol qui dominait sous l'Ancien Régime et durant la Révolution, le Code civil fait prévaloir le principe de droit du sang. La nationalité se transmet désormais, comme le nom de famille, par la filiation. 1889 : la France, devenue pays d'immigration, attribue sa nationalité aux enfants nés et éduqués en France. C'est le retour du droit du sol. En 1927 enfin, démographie oblige, la nationalité s'ouvre massivement aux étrangers qui le désirent, par la naturalisation ou le mariage.

Mais en 1803, la nationalité est un attribut de l'homme, au détriment de la femme (qui devient étrangère en épousant un étranger). En 1889, un statut de plus en plus infériorisé est imposé aux musulmans d'Algérie. En 1927 enfin, l'ouverture de la naturalisation a pour contrepartie la restriction des droits des naturalisés. Mais surtout, à partir de 1940, se produisent de véritables « crises ethniques » de la nationalité : antisémite sous Vichy, racialiste à la Libération, antimusulmane plus récemment.

Objet, à gauche comme à droite, de croyance plus que de connaissance, sujet de nombreux affrontements politiques et juridiques, la nationalité française n'avait jamais vu son histoire reconstituée, analysée, interprétée. Voilà la chose faite.

Qu'est-ce qu'un Français ? Histoire de la nationalité française depuis la Révolution
Weil, Patrick
Gallimard , Paris
collection Folio histoire , numéro 134
Parution :  février 2005

Fiche technique

  • Reliure : Poche

  • Page : 651 p

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