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http://www.laprocure.com/cache/couvertures/9782356311160.jpgDocument 12/12/2012  - Aumônier de la maison d'arrêt de Nanterre le jour, «confesseur» de prostituées la nuit, le père Jean-Philippe fait partie de ces apôtres de la marge qui consacrent leur vie aux parias de la société. Au bois de Boulogne, tout le monde connaît sa camionnette à la porte toujours ouverte. Le camping-car du «Padre» veut être un havre de paix et d'accueil pour les travestis de la nuit. C'est aussi une chapelle ambulante où l'on parle du bien, du beau, de la vérité. Et où l'on prie ensemble avant de retrouver la dureté du trottoir.

Enfant martyrisé et délinquant précoce, le père Jean-Philippe pourrait actuellement être sous les verrous à Nanterre, ou « travelo » dans le Bois, ou toxicomane n'importe où. Grâce à certaines rencontres providentielles, c'est lui qui, aujourd'hui, écoute et conseille les personnes incarcérées, prostituées, droguées... Longtemps privé d'affection, il veut en donner à ceux qui en manquent. Ce résilient converti au Christ affirme qu'un regard de bonté peut sauver une vie. La sienne apporte la preuve qu'il dit vrai.

Que celui qui n'a jamais péché... a la force des grands récits qui rendent espoir et remettent en question nos idées toutes faites. Un témoignage exceptionnel.

Le père Jean-Philippe est un religieux de la communauté Saint-Jean. Que celui qui n'a jamais péché... est son premier ouvrage publié.


  • La revue de presse Bernard Pivot - Le Journal du Dimanche du 23 décembre 2012

 

Si le père Jean-Philippe n'avait pas la carapace d'un crustacé et la patiente bonté d'un saint homme, il n'aurait pas longtemps supporté les sarcasmes et les suspicions qui s'attachent à sa fonction de pasteur du bois de Boulogne. Plusieurs nuits par semaine, son camping-car s'arrête dans des endroits stratégiques pour accueillir les filles qui ont besoin de réchauffer leur corps avec du thé ou du café, leur âme avec un peu d'attention. Les écouter, leur parler, les réconforter, les conseiller.....


Son livre est un témoignage jeté, crié avec force sur les voies impénétrables du Seigneur et de la résilience ...


  • La revue de presse Loup Besmond de Senneville - La Croix du 26 septembre 2012

 

Qu'est-ce qui a bien pu mener le P. Jean-Philippe Chauveau au beau milieu du bois de Boulogne, où son habit de moine ne passe pas inaperçu chez les travestis et les prostituées dont il est l'aumônier ? Dans Que celui qui n'a jamais péché..., ce prêtre atypique, qui fut l'un des premiers frères de la communauté Saint-Jean, livre en un peu plus de 300 pages un témoignage fort, sans concession, entre les souvenirs de sa douloureuse enfance et l'aide qu'il apporte aujourd'hui aux prostituées et aux prisonniers...


Avec plus ou moins de rudesse, il épingle parfois sans tergiverser cette Église qui l'a longtemps rebuté : les « bonnes soeurs » du pensionnat de son enfance, «sans coeur, dures, revêches», les séminaires dispensant selon lui une « formation au rabais »...


Entre les milieux très différents dans lesquels il navigue, ce prêtre atypique tâche de s'appliquer toujours une devise : «Si ton frère est dans le besoin, c'est à toi de t'abaisser jusqu'à lui.»


  • Les courts extraits de livres : 12/12/2012

 

 

EXPULSION ET PENSION - « Vouloir corriger les défauts de caractère d'un homme par des sermons de morale est aussi chimérique que de forcer un chêne à donner des abricots. »
Arthur Schopenhauer

Chez nous, l'alcool était partout : dans les bouteilles, les gens, et même dans l'air qu'on respirait. Cela venait de loin. Toute la famille picolait, il en avait toujours été ainsi, depuis toujours. La bibine, cette nappe phréatique qui imbibait des générations de Chauveau et coulait jusqu'à nous. Mon père était un buveur très pratiquant qui appliquait à la lettre l'adage de Pierre Dac : «Je préfère le vin d'ici à l'au-delà. »


J'avais 3 ou 4 ans ; j'ai aperçu une bouteille qui traînait sur la table de la cuisine, je l'ai attrapée et je suis allé la vider dans un coin. Ma mère, en rentrant des courses, ne m'a pas trouvé, a commencé à s'affoler. Je m'étais réfugié dans un placard, couché sur une pile de draps. Complètement saoul, je cuvais en ronflotant. Pourtant, contrairement à de nombreux membres de ma famille, je ne suis pas devenu dépendant. C'est énigmatique : le «produit» agrippe certaines personnes et pas d'autres. Je le vérifierai plus tard avec les toxicomanes : certains jeunes fument un pétard, et basta, passent à autre chose. D'autres sont accrochés pour la vie.

Ma mère inaccessible

La bouteille pour remplacer le bisou ? Tout enfant a besoin d'amour. Chez nous, l'amour ne se disait pas, ne se montrait pas. Il se faisait, pour les adultes, en cachette, en vitesse. Mais aucun signe d'affection, aucun câlin... Alors je serrais la robe de ma mère, cela devenait mon doudou préféré, et je la suivais partout, ce qui l'énervait profondément. Une nuit, je n'en pouvais plus de solitude, le besoin de tendresse me tordait le ventre, alors je me suis glissé dans son lit, entre ses draps, pour être contre elle, avec elle, pour sentir sa peau chaude contre moi, pour quêter une main dans mes cheveux, sur ma joue - même si je n'espérais pas un baiser. Pas de chance, je l'ai réveillée. Elle m'a chassé en gueulant comme si j'étais un moustique en train de la piquer, ou un cancrelat sur le drap. Ce rejet m'a vrillé le coeur pour toujours. Il a ouvert une plaie en moi qui ne s'est jamais refermée et qui me rend proche de tous les rejetés. Le problème, c'est que ça en fait du monde...


Aujourd'hui, c'est la robe de la Sainte Vierge que j'agrippe et que je ne veux pas lâcher. Je la suis partout, Marie. Je crois qu'elle aime ça, elle... Je la suis et la laisse me précéder - ce qui m'évite pas mal de bêtises, étant du genre gaffeur expert. Je vous l'assure : je suis petit mais je peux faire de très grandes conneries ! «Une mère c'est si beau que même Dieu en a voulu une» : je ne sais plus qui a dit cela, mais cela me parle. Et oser proclamer une femme, fille de la terre, Mère de Dieu, est une audace qui me fait croire à la vérité de ce qu'enseigne l'Église catholique.

 


Que celui qui n'a jamais péché... : prêtre auprès des toxicomanes, des prisonniers, des SDF, des prostituées

Auteur : Père Jean-Philippe Chauveau

Date de saisie : 24/12/2012

Genre : Religion, Spiritualité

Editeur : Ed. de l'Oeuvre, Paris, France

Collection : Société


 

  • Le courrier des auteurs : 12/12/2012

 

1) Qui êtes-vous ? !
Je suis le Père Jean-Philippe, de la communauté de Saint Jean. Ancien délinquant sauvé par l'amour de Jésus et de Marie, je m'occupe des déshérités que la société ne veut pas toujours regarder : toxicos, prostituées, prisonniers... Eux, ils m'appellent le Padre.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
L'amour, ce que ça fait quand on en manque, quand on finit par en recevoir, quand on en donne...

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
«Ma vie, c'est d'ouvrir des portes. Les portes du camping car de Magdalena aux ‘filles' du Bois ; les grilles de la Maison d'arrêt de Nanterre, dont je suis l'aumônier ; la porte de mon bureau de vicaire, à l'église Sainte-Cécile de Boulogne, pour écouter, conseiller, confesser... C'est parce qu'on m'a fermé, enfant, les portes de la vie que j'ai une telle envie d'ouvrir celles du coeur des autres pour y faire entrer la tendresse de Dieu. Ces coeurs verrouillés par la haine, la misère, l'injustice et le péché, qui ne peuvent ni ne veulent plus s'ouvrir à la lumière à force d'avoir trop souffert.»

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Non, je ne regrette rien d'Édith Piaf

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
J'aimerais que ce livre leur donne envie de prier, d'aimer les autres, d'avoir un regard bon, de donner et de se donner.

 

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/3/34/Jean_Morzadec_photographi%C3%A9_par_Oleksandra_Yaromova.jpg/220px-Jean_Morzadec_photographi%C3%A9_par_Oleksandra_Yaromova.jpgLechoixdeslibraires.com a été créé par Jean Morzadec et son équipe, afin de rendre hommage à la compétence des libraires, qui sont les ambassadeurs du livre.

De nombreux libraires ont ensuite demandé à ce que le site devienne le grand portail de l’actualité du livre.

Lechoixdeslibraires.com a donc deux vocations principales : valoriser les choix, les recommandations des libraires, et permettre aux éditeurs et auteurs de mieux communiquer avec les libraires.

C’est une mission exaltante.

Jean Morzadec a travaillé plus de trente ans à France Inter, dont il fut directeur des programmes de 1999 à 2005, sous la présidence de Jean-Marie Cavada. Il se consacre aujourd’hui, avec passion, au développement de sites culturels dédiés particulièrement à l’amour des livres.

 


Prisons actuelles - Évasions (60)

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