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http://www.lexpress.fr/images/jaquettes/53/9782809800753.gifParis, 7 juillet 1944. Georges Mandel est extrait de la prison de la Santé. Deux tractions filent sud-est. En forêt de Fontainebleau, une panne est simulée. Invité à sortir, l'ex-ministre de l'Intérieur est fauché d'une rafale de pistolet-mitrailleur, puis achevé de deux balles dans la tête.

Exécuté par un milicien, Mandel n'eut-il vraiment qu'un assassin ? À qui profitait donc ce crime, que nul ne revendiqua ? Et pourquoi tuer si tard ce symbole de la République ?

Aussi sûrement qu'il prévoyait l'issue de la guerre, Mandel se savait condamné. Honni par Hitler, il s'était levé dès 1933 pour désigner le péril nazi. Incarnation du «bellicisme juif», haï par l'Action française comme par tous les champions de l'appeasement, Mandel attirait trop de haines pour ne pas être un objet de chantage. Son exécution, un mois après le Débarquement, a valeur d'avertissement pour Pétain, que ce crime éclabousse.

Au-delà de Mandel, dont de nouveaux documents viennent préciser le sang-froid et la lucidité, ce livre éclaire le sort des Reynaud, Blum et Daladier, ministres captifs dont la vie, au gré des promesses et des menaces, aura servi de monnaie d'échange entre Vichy et Berlin. Bras de fer trop inégal : à des degrés divers, juge François Delpla, tant les geôliers que leurs prisonniers furent des instruments d'Hitler. Son ombre s'étend d'un bout à l'autre de ce livre, qui s'appuie notamment sur les dossiers inédits de Charles Courrier, commissaire de police affecté à la garde de Mandel en 1940 et 1941.

François Delpla, normalien, professeur agrégé, docteur en histoire, est l'auteur de l'unique biographie française de Hitler (Grasset, 1999), d'une étude sur sa vie privée (Les Tentatrices du diable, l'Archipel, 2005) ainsi que de nombreux ouvrages sur le nazisme et la Seconde Guerre mondiale, au nombre desquels Churchill et les Français (Plon, 1993), Montoire (Albin Michel, 1996) et Nuremberg face à l'Histoire (l'Archipel, 2006).

Extrait du livre :

 
Paris, 7 juillet 1944. Après quatre ans d'occupation allemande, la capitale française est suspendue aux nouvelles du front de Normandie, ouvert un mois plus tôt par un débarquement que quelques-uns redoutaient tandis que la grande majorité l'espérait. Les résistants s'enhardissent, les troupes occupantes deviennent fébriles. Le grand orateur radiophonique Philippe Henriot, ministre collaborateur qui s'efforçait de convaincre les Français que les armées débarquées ne venaient pas les libérer mais aggraver leur sort, a été abattu quelques jours plus tôt à son domicile parisien. Dans l'après-midi, plusieurs tractions avant se garent en hâte dans la cour de la prison de la Santé. On vient chercher le détenu Louis Rothschild, qui se fait appeler Georges Mandel, et que ses ennemis antisémites ont tendance à surnommer «Jéroboam»... ce qu'ils ont fait jusque sur le registre de la prison. Deux voitures prennent la direction du sud-est. En forêt de Fontainebleau, le chauffeur de la première simule une panne, les passagers sont invités à sortir pour se dégourdir les jambes et l'un d'eux en profite pour faucher Mandel d'une rafale de pistolet-mitrailleur, tirée dans son dos, avant de l'achever de deux balles à bout touchant dans le cou et la tête. L'intention homicide ne fait aucun doute. L'identité de l'assassin est moins évidente, les trois membres du groupe jugés quelques mois plus tard ayant, comme on pouvait s'y attendre, attribué l'homicide à un camarade absent, vraisemblablement décédé. Quant aux commanditaires et à leurs mobiles, ils sont toujours nimbés d'un épais brouillard.


Les mobiles possibles sont légion. Celui qui a failli conquérir la France et l'asservir pour longtemps, Adolf Hitler, sent sa proie lui échapper mais n'a pas dit son dernier mot. Il est en bonne forme physique et intellectuelle après quelques mois de villégiature auprès d'Eva Braun, dans son cher chalet bavarois du Berghof, et s'apprête à repartir pour son quartier général de Rastenburg, en Prusse-Orientale, où il est lui-même guetté par un homme qui en veut à sa vie : Claus von Stauffenberg va passer à l'action le 20 juillet et le manquer de justesse. La guerre connaît, du moins en Europe de l'Ouest, un paroxysme de violence et, si Paris est encore assez tranquille, Londres et Berlin voient des quartiers entiers s'effondrer dans le fracas des bombes, larguées au-dessus de l'Allemagne par les «forteresses volantes» et tirées contre l'Angleterre par les rampes de lancement de VI, en action dans le Pas-de-Calais depuis le 13 juin.

Extrait de l'introduction

 

Qui a tué Georges Mandel ?

François Delpla

Étude (broché). Paru en 09/2008

 

 

Le repli tragique de la colonne de cepoy (15-17 juin 1940)

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Le 7 juillet 1944, l’assassinat de georges mandel

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Mandel, un martyr républicain

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