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http://www.dinosoria.com/tragedie/jaures_03.jpg

 

 

Raoul Villain qui, à la veille de la déclaration de la Première Guerre mondiale, tire deux balles de revolver contre Jean Jaurès au café du Croissant à Paris, est le fils du greffier en chef du tribunal de Reims. Ce garçon, qualifié d'instable, est né dans la ville des sacres le 19 septembre 1885. Après des études à Saint-Joseph puis au lycée public de Reims, il entreprend une formation agricole en Ille-et-Vilaine, mais l'expérience qu'il tente dans le Rethélois est un échec. Il opte alors pour des études d'archéologie à Paris et, pour ce faire, devient surveillant dans un collège qui le renvoie en 1912. Il milite également aux Jeunes amis d'Alsace-Lorraine. On le dit membre du Sillon. Nationaliste déclaré, il tient à plusieurs reprises des propos menaçants contre Guillaume II, mais aussi Joseph Caillaux et Jean Jaurès. Il qualifie le leader socialiste de « vrai danger pour la patrie ». Alors qu'il enterre sa grand-mère à Reims, le 24 juillet 1914, il tient des propos d'une rare violence contre le député SFIO : « Il y a des politiques à l'heure actuelle qui mériteraient la mort car ils font le jeu de l'Allemagne ». Le 31 juillet, il blesse mortellement Jaurès. Incarcéré pour homicide volontaire pendant cinquante-six mois, il est acquitté aux assises, à la surprise générale, le 29 mars 1919. Son état mental a, semble-t-il, été déterminant sur le verdict… Plus étonnant, sa veuve, est condamnée aux dépens. Les socialistes crient alors leur indignation : « Jaurès a été tué deux fois ». Villain sera tué par des républicains espagnols en 1936 dans sa maison des Baléares.

 

L'assassin de Jaurès était un Rémois

Hervé CHABAUD

http://www.lunion.presse.fr/index.php/cms/13/article/346290/

Article paru le : 3 septembre 2009

 

Raoul Villain l’assassin de Jean Jaurès

Le 31 juillet 1914 Jaurès et des amis dînent au café du Croissant. Le dîner s’achève. Un journaliste, René Dolier, s’approche, montre à Landrieu une photo : - c’est ma petite fille.

- Peut-on voir ? dit Jaurès.

Il se penche sur la photo. À cet instant précis, le rideau s’écarte brusquement. Une main, un revolver. Deux coups de feu. Un cri de femme : - Ils ont tué Jaurès !

Jaurès mourra quelques minutes plus tard. Il n’y a plus d’obstacles à la guerre. Dehors, le metteur en pages de l’Humanité, Tissier, a vu Villain tirer et tenter de s’enfuir vers la rue de Réaumur. Il l’a rattrapé, l’a assommé d’un coup de canne. Un policier les a rejoints, s’est emparé de l’assassin. Villain prétend ne pas parler, puis il se décide :

 

http://scenedecrime.blogs.com/scenedecrime/images/2008/09/18/raoul_villain.jpg

 

- Je me nomme Raoul Villain et j’ai vingt-neuf ans, Mon père exerce encore les fonctions de greffier au Tribunal civil de Reims. Ma mère est, depuis vingt ans, pensionnaire d’un asile d’aliénés.

“Pourquoi j’ai tué Jaurès ? J’ai voulu, dans des circonstances aussi graves que celles que nous traversons, supprimer un ennemi de mon pays. N’allez pas imaginer que je fais partie d’un groupement politique quelconque. Je n’appartiens à aucune ligue ni révolutionnaire ni réactionnaire ; j’ai agi de mon propre mouvement”.

L’acte d’accusation, en date du 22 octobre 1915, adopte sans hésitation la thèse du crime solitaire : “L’instruction a établi que l’accusé n’avait pas de complices. Il était seul au moment où il a tiré (… ) il a été démontré qu’il ne fréquentait pas les groupements politiques militants et qu’il n’avait point entretenu de relations avec les agitateurs des partis extrêmes”.

Nous savons que Villain, dans l’organisation parallèle des jeunes Amis de l’Alsace-Lorraine, a fréquenté les Camelots du Roi, Il suffit souvent, à un esprit faible, de rencontrer un esprit fort pour donner un contour à des velléités. L’instruction a établi que l’accusé n’avait pas de complices. Il était seul au moment où il a tiré.

http://images.chapitre.com/ima1/big1/475/6671475.jpgCe n’est qu’en 1919 que l’on jugera Raoul Villain. Il sera acquitté ! On est au plein de l’ivresse de la victoire. Des urnes va sortir la Chambre « bleu horizon ». Douze jurés ont donc considéré que ce n’était pas une faute d’avoir abattu Jaurès. La famille  de Jaurès devra même payer les frais du procès.

Villain est allé se réfugier dans l’île d’Ibiza. Grâce à un petit héritage, il s’est fait construire une maison On l’appelle le “fou du port”.

La guerre civile espagnole éclate. À Ibiza, les nationalistes tentent de prendre le pouvoir. Les républicains bombardent l’île, y débarquent. On leur indique la maison du “fou du port” comme pouvant abriter un suspect. Ils s’y rendent, interrogent le propriétaire, découvrent son identité.

Sur la plage de galets, un peu plus tard, on retrouvera un cadavre, la gorge éclatée, la poitrine percée d’un trou rouge, béant. C’est là tout ce qui demeurait de Raoul Villain, l’homme qui avait tué Jean Jaurès. - auterive.parti-socialiste.fr/?page_id=546

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CeCedille 25/08/2012 23:22

En parcourant le n. d'aout 1914 de "L'illustration", j'ai eu la surprise de constater que la mort de Jaurès n'y était pas traitee, sauf par une vague allusion de deux lignes dans un article
d'information generales.

26/08/2012 08:27



Laissé par : CeCedille hier à 23h22


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