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Remarqué pour sa témérité lors des inondations de 1930, René Bousquet (1909-1993) parvient, grâce à ses amitiés et à une ascension rapide, au ministère de l’Intérieur. Nommé par Pierre Laval secrétaire général de la police en mai 1942, il s’affirme comme un zélé serviteur de Vichy allant jusqu’à proposer de collaborer avec l’occupant. Principal organisateur de la rafle du Vél’ d’Hiv’, il est épargné par la Haute Cour, en 1949. Il est finalement inculpé de crimes contre l’humanité, en 1991. Assassiné, ce haut responsable de la Collaboration n’est finalement pas passé en jugement.

Issu d’une famille de notables montalbanais, René Bousquet doit à deux éléments sa carrière au sommet de l’État puis après guerre dans la finance. Le déclencheur est, sans doute, à trouver dans sa témérité lors de la crue de mars 1930, l’une des plus meurtrières qu’ait connues le sud-ouest. Sur un canoë, il parvient à sauver des dizaines de personnes de la noyade. Cette action lui vaut les éloges du président de la République et du président du Conseil, André Tardieu. À 22 ans, René Bousquet est le plus jeune Français à arborer à sa boutonnière la Légion d’honneur. À peine majeur, il est le chef de cabinet du préfet, alors qu’il n’a pas « encore sa licence en poche ». Nul doute que René Bousquet a bénéficié des entrées de son père pour obtenir ce poste, mais c’est bien son sens personnel de l’initiative et sa témérité qui le font remarquer de Tardieu. Ce dernier l’appelle, en 1930, au ministère de l’Intérieur. Devenu le protégé du radical Pierre Cathala, Bousquet devient chef adjoint de son cabinet au ministère de l’Intérieur. Jusqu’en 1938, René Bousquet, sous la double protection de Cathala et d’Albert Sarraut, demeure à Paris. Nommé sous-préfet de Vitry-le-François (Marne), il est ensuite promu, en juin 1939, secrétaire général de la préfecture de Châlons-sur-Marne. Il dépasse alors à peine la trentaine. La guerre éclate et René Bousquet, qui a l’âge d’être mobilisé, bénéficie de la complaisance d’un élu radical-socialiste de la Marne. L’adjoint du préfet demeure donc en poste, mais au plus fort des combats, il se replie durant quelques semaines à Albi. Rentré sans son préfet dans un département dévasté, il parvient à s’attirer les bonnes grâces de sa hiérarchie. Ce haut fonctionnaire applique méthodiquement la politique vichyste, à quelques exceptions près toutefois. En effet, Bousquet laisse en place élus radicaux et surtout francs-maçons dont les maires de Vitry et de Reims. Ce dernier, Paul Marchandeau, n’est autre que l’auteur du décret-loi d’avril 1939, interdisant les propos antisémites – attitude qui laisse à penser que Bousquet a été initié à la franc-maçonnerie lorsqu’il exerçait à la préfecture de Montauban. Promu préfet, il lui faut attendre le retour de Pierre Laval, en avril 1942, pour être nommé secrétaire général de la police. Ni collaborationniste, ni idéologue, René Bousquet, prototype du serviteur diligent de l’État, a un poste à la mesure de ses ambitions : bras droit du ministre de l’Intérieur, fut-ce dans une capitale tenue par les nazis et dans un pays morcelé. Le 6 mai, Bousquet connait son petit Montoire en rencontrant le général SS Reinhard Heydrich. La négociation porte sur l’arrestation des juifs étrangers de la capitale avec l’aide logistique de la police française. En contrepartie, celle-ci obtiendrait plus de pouvoir, et par incidence, Vichy plus de souveraineté en zone Nord. Dans la nuit du 16 au 17 juillet 1942, 4 500 policiers français lancent l’opération Vent printanier et raflent à Paris près de 13 000 personnes. Le surlendemain, un premier convoi part en direction d’Auschwitz. Organisateur de ces arrestations et déportations, René Bousquet est le principal complice de l’État français dans la mise en oeuvre de la solution finale en France. Plus encore, en proposant de livrer les juifs apatrides détenus dans les camps vichystes de zone Sud, il fait de la France le seul pays d’Europe à avoir participé aux déportations sans que ce territoire soit occupé par les nazis. Débarqué le 31 décembre 1943 et remplacé par l’ultra-collaborateur Joseph Darnand, Bousquet n’en est pas moins le principal responsable de l’arrestation de 60 000 juifs et de leur déportation (soit 80 % des victimes juives de la Shoah en France). Pour comparaison, durant l’année 1944 son successeur fait déporter 15 000 Juifs. « Convié », le 9 juin 1944, à se mettre à l’abri en Allemagne, Bousquet passe toute la fin de la guerre en Bavière. Rentré en 1945, ses amitiés politiques, ses actes de « résistance » durant l’année 1944 et surtout la grande complaisance de la Haute Cour de justice lui valent, en 1949, d’être libre. Brillant technocrate, il poursuit sa carrière dans plusieurs entreprises. Mais ses activités durant l’Occupation refont surface en 1978. Il n’est inculpé toutefois de crime contre l’humanité qu’en 1991. Il est assassiné la veille de son procès par un déséquilibré, à quatre-vingt-quatre ans. Son procès, tant attendu, n’aura jamais lieu.

Pour en savoir plus vous pouvez acquérir sur site l’ouvrage 99 questions... Les Français durant l’Occupation. 

René Bousquet, ses responsabilités à Vichy ?

Par Max Lagarrigue

Auteur : historien, directeur de la revue Arkheia, est notamment l’auteur de 99 questions... Les Français durant l’Occupation (CNDP, 2007)

http://arkheia-revue.org/Quelles-sont-les-responsabilites.html?artsuite=0#gros_titre


Les ombres de Bousquet

http://philippepoisson-hotmail.com.over-blog.com/article-27158141.html




Voici un document qui traite avec précision et hauteur de vue une période douloureuse de l'histoire de France, dans ses épisodes les plus tragiques : l'Occupation, la Résistance, les attentats, la déportation, notamment, des juifs, les otages.


Un livre qui dit " qui a fait quoi ", révèle des aspects occultés de la politique de Vichy et met donc à nu les mensonges que certains ont intérêt à propager depuis la Libération. Ce texte rigoureux, étayé, serein élimine tout amalgame. Il n'épargne pas les légendes ou les mythes, bâtis après coup par le prêt-à-penser : Qui est le responsable de la rafle du Vel d'Hiv ? Quel y fut le rôle de la police française ? Quelle fut la politique de Bousquet face à la " solution finale " ? Protégea-t-il, dans les faits, les juifs français ? Pourquoi les Allemands se méfiaient-ils de lui ? Pourquoi l'ont-ils écarté, dès décembre 1943, de son poste de secrétaire général de la police ? Pourquoi, et nous étions à la sortie de la guerre, la Haute Cour a-t-elle acquitté René Bousquet ? Voici quelques unes des questions cruciales qu'aborde et éclaire cet ouvrage.

Après l'avoir lu, vous ne pourrez plus qu'être critique face à la pensée unique, qui tient lieu d'Histoire officielle.


René Bousquet : l'homme et Vichy

Guy Bousquet

Broché

Paru le : 27/08/2007

 Editeur : Picollec

 L'auteur en quelques mots...


 Avocat, Guy Bousquet est le fils de René.


Il a publié en 1998 : René Bousquet, préfet de la Marne 1940-1942.

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