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http://empire.histofig.com/IMG/jpg/france_savary.jpgUn très fidèle, très dévoué, très obéissant serviteur : tel pourrait être résumé l’action de René Savary, qui fut placé à la tête de la gendarmerie d’élite, chargée de la protection de Napoléon, de 1801 à 1810. Personnage ambivalent que ce Savary, il est sans aucun doute un des personnages les plus emblématiques et controversés de l’épopée impériale. Véritable séide de l’Empereur, homme à tout faire, opportuniste sinon carriériste, il fut souvent associé aux actions de basses besognes du régime napoléonien, la plus connue étant l‘assassinat du duc d‘Enghien. Placé à la tête de la gendarmerie d’élite en 1801, celui qui deviendra le second ministre de la police de Napoléon en 1810, et en 1814, inspecteur général de la gendarmerie, mérite que l’on s’attarde un peu sur sa destinée. C’est la raison pour laquelle je vous propose ce tour d’horizon condensé de sa vie.


C’est près de Sedan, à Marcq, que le 26 avril 1774, naquit Anne-Jean-Marie-René Savary. Ce fils de militaire est très tôt attiré par la carrière des armes. Après avoir suivi sa scolarité au collège royal de Metz, il s’engage en 1790, à l’âge de 16 ans, dans la cavalerie au Royal -Normandie, qu‘il intègre comme cadet. De par ses qualités et sa détermination, il gravit les échelons rapidement. Il intègre l’armée du Rhin où il sert comme officier d’ordonnance sous les ordres de grands chefs militaires comme Moreau, Pichegru ou Desaix. Il se fait remarquer par ses qualités de soldat et s’impose rapidement comme un homme de coup de main. Desaix dira en parlant de lui, je cite : « C’est un spécialiste de la petite guerre ». Promu chef de bataillon, il accompagne Desaix lors de la campagne d’Egypte. C’est sa chance, il va la saisir. Non avare de ses efforts, il s’illustre lors de différentes batailles, la plus célèbre étant celle des pyramides. Participant la bataille de Marengo (14 juin 1800), c’est lui qui apporte la nouvelle de la mort de Desaix à Bonaparte. Immédiatement ce dernier, qui apprécie l’obéissance et la loyauté de Savary, le nomme à une place de choix et enviée : son nouvel aide de camp. En 1801, alors colonel, il est nommé commandant de la légion de gendarmerie d’élite, véritable garde rapprochée du premier consul. Dans cette fonction, il effectue des missions délicates, notamment en Vendée et en Bretagne, dans le cadre de la lutte contre les Chouans. Il devient général de brigade en 1803. L’année suivante, il est un des acteurs de ce qui restera comme une tâche indélébile dans l’épopée impériale et dans la carrière de Savary : l’assassinat du duc d’Enghien. Rappelons succinctement les faits. En cette année 1804, une rumeur de conspiration contre le gouvernement circule depuis de nombreux mois. Selon les renseignements recueillis, le but est de se débarrasser de Bonaparte, y compris en le tuant, et de faire pénétrer sur le territoire un « prince » pour rétablir la monarchie légitime. Qui est ce mystérieux prince ? C’est alors que le nom du duc d’Enghien est avancé, notamment par Moncey, commandant de la gendarmerie (Moncey disposait du rapport erroné du gendarme Lamothe qui signalait que le duc recevait beaucoup de monde). Le duc est installé en pays de Bade, à quelques kilomètres de la frontière française. Sans plus de preuves, ni d’éléments, le duc d’Enghien est enlevé le 15 mars 1804 en territoire étranger par un coup de main. 5 jours plus tard, le prince arrive sous bonne escorte au château de Vincennes. Il n’y aura ni instruction, ni procès digne de ce nom. Le duc d’Enghien est condamné à mort. Savary présent depuis le début pour surveiller le déroulement de cette parodie de justice veille à l’accomplissement du verdict et fournit le piquet des gendarmes pour l’exécution. En outre, la procédure militaire impose, en cas d’exécution capitale, d’attendre le lever du jour, mais s’indigne Savary, il n’est pas question de perdre 5 ou 6 heures, et pas même les 20 minutes que le duc réclame pour voir un prêtre. « Pas de capucinades ! » s’exclame Savary. Accusé de complot contre la sûreté de l’état, le duc d’Enghien tombe sous les balles dans la nuit du 20 au 21 mars 1804. Sa dépouille est enterrée furtivement dans un fossé du fort de Vincennes. Pour cette tâche, Savary se verra remettre la somme de 12.000 francs. Dans ses mémoires, Savary accusé d’être le responsable de l’exécution écrit : «Concernant la mort du duc d’Enghien, j’ai simplement obéi aux ordres ». Loin de s’émouvoir, sans scrupules, force est de reconnaître que ce fait constitue le fait le moins glorieux de sa carrière. Poursuivant sa dévotion à Napoléon Bonaparte, il rejoint l’état-major impérial pendant les campagnes de 1805 à 1807 et se voit confier des missions diplomatiques auprès du Tsar en Russie. Fait duc de Rovigo, il reçoit le 15 juin 1808, le commandement de l’armée française en Espagne à la place de Murat, juste au moment de la capitulation de Baylen. En juin 1810, son heure de gloire arrive : il se voit confier le ministère de la police. Sa nomination à la place de Fouché est très mal accueillie. Devant sa réputation de dureté, on y voit un raidissement du régime. Par ailleurs, avec l’arrivée de Savary le gendarme à la tête du ministère de la police, c’est aussi la revanche des gendarmes et des militaires sur les policiers ! Deux ans plus tard, en 1812, il s’avère incapable de réagir au coup d’Etat du général Malet et se laisse arrêter et conduire en prison par les conjurés, sans opposer la moindre résistance. Bien que ridiculisé, il conserve néanmoins la confiance de l’Empereur. Nommé au conseil de régence pendant la campagne de France (1814), il ne suit pas l’Empereur en exil à l’île d’Elbe. Rejeté par la première Restauration, sans aucune fonction, il se garde bien de participer aux complots qui visaient à faire revenir Napoléon. Il rallie l’Empereur aux Cent-jours où il est nommé à la fonction de premier inspecteur général de la gendarmerie (son buste a d‘ailleurs longtemps accueilli les visiteurs au musée de la gendarmerie à Melun). Après la défaite de Waterloo en juin 1815, il tente en vain de suivre Napoléon à Saint-Hélène et finalement se retrouve sur l’île de Malte sous la surveillance des britanniques. Condamné à mort par le conseil de guerre français de janvier 1816 pour le rôle qu‘il avait joué dans l‘exécution du duc d‘Enghien, il revient en France quelques années plus tard, ayant été acquitté par un nouveau jugement. Il en profite pour écrire ses mémoires qui seront publiées en 1828. En 1830, opportuniste, il fait allégeance à la monarchie de juillet. Louis-Philippe lui confie le commandement de l’armée d’Algérie. En Afrique du Nord, sanguinaire, il se fait rapidement détester y compris par ses hommes, tant les procédés qu‘il utilise pour parvenir à ses fins (violences, massacres, humiliations) sont cruels. Atteint d’un cancer de la gorge, il meurt à Paris le 4 juin 1833.

Dans la mémoire collective, Savary reste comme le séide de Napoléon, l’exécuteur des basses œuvres et laisse une image très écornée et souvent peu flatteuse. Personnage controversé de l’Empire, sa réputation de dureté, son absence de scrupules, en ont fait l’un des hommes les plus redoutés et haïs d’Europe. S’il est vrai que son bilan est lourd et marqué par de nombreuses erreurs, cependant, il faut reconnaître quand même à l’homme un grand sens de la fidélité et du dévouement, une intelligence certaine et un sens du devoir porté à l’extrême. Finalement, à travers le parcours exceptionnel de cet homme , on peut suivre l’ensemble de l’épopée napoléonienne , de ses heures glorieuses aux zones d’ombre.


SAVARY (1774-1833), LE GENDARME SEIDE DE NAPOLEON

http://blog.francetv.fr/histoirepourtous/index.php/2010/02/12/167596-savary-1774-1833-le-gendarme-seide-de-napoleon



Savary, le seide de napoléon de T.Lentz


De l'assasinat du Duc d'Enghien à la sauvage répression en Espagne et à l'arrestation du Pape, Savary fut associé à toutes les grandes actions contreversées de l'Empire. Cette biographie restitue le vrai personnage qui servit de bouc-émissaire à Napoléon.

550p, 14,5 x 22, broché.

Réf : HU02NAP0220

 


Repères Consulat et 1er Empire (110)

 

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