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Archives du blog - Aux Editions Tallandier vient de sortir un livre qui réunit les contributions de trois historiens, Guy Krivopissko, Christine Levisse-Touze et Vladimir Trouplin ainsi que les témoignages de Mireille Albrecht, du général Alain de Boissieu, de Daniel Cordier et enfin de Jean-Michel Levy. Cet ouvrage : « Dans l’honneur et par la victoire – Les femmes Compagnon de la Libération » a pour origine le colloque sur les femmes « Compagnon de la Libération » qui s’était tenu en mars 2005, sous le patronage du Maire de Paris à l’auditorium de l’Hôtel de Ville de Paris, à l’occasion de la « journée internationale des femmes ». Pierre Messmer dans la préface de cet ouvrage, rédigé peu de temps avant sa disparition en 2007 écrivait : « Le rôle des femmes dans la Résistance a été longtemps méconnu ….elles furent, comme les hommes, toutes volontaires. ». Six femmes compagnons pour 1038 croix attribuées aux personnes, c’est assurément peu. Dans le témoignage que le général Alain de Boissieu livre dans cet ouvrage, il assure que le général de Gaulle lui avait « « évoqué sa tristesse qu’aussi peu de femmes résistantes et déportées aient été distinguées comme compagnon. » Un peu avant le départ du général de Gaulle fin 45 début 46, une cinquantaine de dossiers étaient à l’étude du conseil de l’Ordre. Le décret du 23 janvier 1946 mettant fin à l’attribution des croix de la Libération a mis un terme à ces propositions. Après rappelé le contexte qui instituait « …cette chevalerie exceptionnelle crée au moment le pus grave de l’Histoire de France.. », les caractéristiques et les particularités des compagnons et de cet Ordre qui incarnent toutes les valeurs de la Résistance et de la Libération historiens et témoins rappelle, dans ce livre richement illustré, le parcours de ces femmes d’exception. Christine Levisse-Touze retrace celui de Marie Hackin, ancienne élève de l’Ecole du Louvre et épouse du Directeur du Musée Guimet, engagée dans les F.F.L. dès décembre 1940 avec le grade de sous-lieutenant elle y organise le Corps féminin de la France libre. Désignée pour accompagner son mari, le cargo qui les transporte, est torpillé le 24 février 1941, les époux Hackin disparaissent « unis dans la mort et les hommages ». Mireille Albrecht évoque sa mère Berty, militante dans les mouvements féministes des années 30, qui avec ses amis de la Ligue des Droits de l’homme accueille en France les réfugiés du nazisme et du fascisme. Mai 40 à l’entrée des Allemands, sa vie bascule dans la résistance, elle sera « l’âme du mouvement Combat » créé par Henri Frenay. Arrêtée le 28 avril 1943, on ne retrouvera son corps qu’à la Libération, enterré dans le jardin potager de la prison de Fresnes. Pour Daniel Cordier, Laure Diebold alsacienne et patriote, est une oubliée de l’histoire, comme tous les anonymes qui peuplérent « la routine héroïque de la Résistance », Mado, fit preuve d’une activité extraordinaire auprès de Jean Moulin. Arrêtée, elle réussit à convaincre la Gestapo qu’elle ne servait que de boîte aux lettres et échappe ainsi à la torture. Guy Krivopissko explique que pour Marcelle Henry, chef de bureau, au Ministère du Travail et de la Sécurité sociale, c’est le choc de la défaite qui l’amène à s’opposer à Vichy et à la collaboration. Incorporée aux Forces françaises combattantes, au titre de la Direction générale des Etudes et Recherches, agent de liaison elle assure aussi l’hébergement des évadés lors de leur passage à Paris. Arrêtée en juillet 1944 par la Gestapo, puis torturée elle est déportée à Ravensbrück le 16 août 1944 par le dernier convoi quittant Paris. Rapatriée en France en avril grâce l’intervention de la Croix Rouge, elle décède le 24 avril 1945 à l’hôpital Claude Bernard. Pour Vladimir Trouplin, le parcours d’Emilienne Moreau-Evrard, qui fut durant la Grande guerre à Loos une héroïque résistante, c’est donc tout naturellement qu’elle se retrouve à l’avant-garde de la Résistance en 1940. A « Libération-nord » d’abord, puis agent de liaison dans le réseau Brutus, recherchée par la Gestapo, elle rejoint Londres en août 1944. Désignée pour siéger à l’Assemblée Consultative Provisoire d’Alger où elle incarne « la Résistance féminine » française. Jean Michel Levy avec pudeur évoque le rôle de sa tante Simone Michel-Levy, rédactrice au centre de recherches et de contrôles des P.T.T., qui fournit dès 1940 à Londres des renseignements sur l’occupant. Dans le réseau « Action PTT » elle est chargée d’installer des postes émetteurs et de l’acheminement du courrier, en particulier ceux des réseaux de la « Confrérie Notre-Dame » (CND) et de l’ « Organisation civile et militaire » (OCM). Arrêtée en novembre 43, torturée, déportée au camp de Flossenbürg elle y continue son action de résistante où elle sera pendue le 13 avril 1945 quelques jours avant la libération du camp, fidèle jusqu’au bout à la devise de sa Franche-Comté natale : « Comtois, rends-toi ! Nenni ma fois ». Merci aux témoins et aux historiens de faire revivre dans cet ouvrage ces six femmes « Compagnon de la Libération » oubliées, obscures et sans grade de la Résistance dont le courage et le dévouement sont à l’image des femmes résistantes qui servirent si bien leur pays.

Ce livre sera disponible en librairie à partir du 8 mars 2009, à l’occasion de la journée internationale des femmes. Il est cependant possible de le recevoir chez vous dès maintenant par souscription au prix de 18 euros (au lieu de 20)

Téléchargement du bon de souscription : voir site internet de l’Ordre de la Libération.


par Jean Novosseloff

Dans l’honneur et par la victoire – Les femmes compagnon de la Libération

de Guy Krivopissko – Christine Levisse-Touze – Vladimir Trouplin

 

Ed. Tallendier 2008

 

Pour en savoir plus sur les femmes dans la Résistance

 

Les femmes de la résistance moins reconnues que les hommes

L'oubli des femmes dans l'historiographie de la résistance

Ces allemandes qui résistèrent au régime nazi

Survivre à ravensbrück : témoignage de jacqueline péry d'alincourt

 


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