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Document archives en date du  1er mars 2007 - Les Tang, 618 à 907 ; les Mayas, une civilisation précolombienne majeure, apparue vers 2 600 avant l'ère chrétienne et qui connut son apogée au Xe siècle. Dans les deux cas, les historiens se sont régulièrement intéressés aux raisons de la montée en puissance de ces sociétés. En revanche, les causes de leur déclin demeurent plus incertaines. En ce qui concerne les Tang - dont les représentants procédèrent à une réforme agraire de grande ampleur accompagnée de la nomination de gouverneurs militaires à la tête des provinces -, les guerres civiles, les révoltes paysannes ou encore l'influence néfaste des concubines, sont souvent avancées. S'agissant des Mayas, réputés pour leurs cités, leurs pyramides (ici, Kabah dans le Yucatán) et leur écriture, les guerres et les famines sont mises en accusation, mais sans expliquer une brutale chute de la démographie. l'une des plus brillantes dynasties chinoises, qui régna de


Face à ces interrogations, une équipe scientifique, dirigée par Gerald Haug, du Centre de recherche géographique de Potsdam, avance un élément de réponse. Auteurs d'une étude publiée dans la revue Nature, les intéressés, s'appuyant sur des découvertes géologiques, pointent la responsabilité d'un changement climatique et, plus précisément, le bouleversement du cycle des moussons entre les années 700 et 900. Concrètement, l'arrivée de la sécheresse en pleine saison des pluies aurait dévasté les récoltes, entraînant la misère. Autrement dit, le dénuement et la faim, provoquant des tensions très fortes au sein des communautés, auraient sapé les fondations de civilisations pourtant solidement ancrées.


Un tel bouleversement climatique est on ne peut plus rare : d'après ces derniers travaux, depuis 16 000 ans, seulement trois périodes cumulant une mousson d'hiver forte (alors que les précipitations sont généralement trois fois moins importantes que pendant la mousson d'été) et un climat sec peuvent être recensées en Chine. Précisément, l'une de ces périodes coïncide avec l'extinction de la dynastie Tang.


Pour étayer leur thèse, Gerald Haug et ses collègues ont analysé des couches sédimentaires du lac Huguang Maar, au sud-est de la Chine. Leur composition - ainsi que les propriétés magnétiques de ces sédiments - permettrait de juger avec précision de l'impact des moussons. Si les Mayas et les Tang (pourtant éloignés sur le plan géographique) ont pu être touchés avec la même intensité, mais à des périodes différentes bien sûr, c'est parce que cette ceinture de pluies tropicales, véritable anomalie climatique, aurait pu, selon les chercheurs, englober une zone extrêmement étendue. Pour de nombreux historiens et géographes, il n'en faut pas plus pour reconsidérer, sous certaines contrées, les périodes de grande prospérité économique à la lumière des variations du climat. Et vice-versa. L - Historia.


Par Frédéric de Monicault

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