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http://multimedia.fnac.com/multimedia/FR/Images_Produits/FR/fnac.com/ZoomPE/4/8/3/9782330014384.jpgDocument 12/01/2013 - Bouleversant, le récit d'Aram Karabet éclaire d'une lumière crue la nature du régime instauré par Hafez al-Assad et dévolu à son fils. On y comprend pourquoi les Syriens, l'ayant subi plus de quarante ans, consentent depuis mars dernier à tant de sacrifices, déploient tant d'énergie et rivalisent de tant de courage, de générosité et d'intelligence pour s'en débarrasser.

 

Treize ans dans les prisons syriennes

Auteur : Aram Karabet

Date de saisie : 12/01/2013

Genre : Politique Géopolitique

Editeur : Actes Sud, Arles, France

 


Citoyen syrien d’origine arménienne, Aram militait dans les rangs du Parti communiste, tendance Bureau politique dirigé par Riad Turk, quand il fut arrêté, en 1987, par les services de renseignements de Hafez el-Assad. Extrait de Treize ans dans les prisons syriennes (1/2).


Le soir je voyais Abdel Mou‘in al-Rawi, frère musulman, un verre de thé à la main et une cigarette dans l’autre. Il sirotait son breuvage en écoutant Oum Kalthoum (1). Il me regardait de temps en temps, balançant la tête. La chanson lui faisait goûter sa douleur, sa brûlure intérieure. Il s’enivrait de nostalgie en pensant à son épouse, à ses enfants en bas âge quand il les avait quittés, qu’il n’avait pas revus depuis de longues années. Il jetait parfois des coups d’oeil autour de lui, vérifiant que personne de sa confrérie ne le remarquait. Il prenait des gorgées de thé, fumait, se perdait dans ses pensées. Mais si son regard tombait sur celui d’Ahmed Mansour, il modifiait aussitôt sa posture. Et quand ce dernier lui demandait : “Qu’est-ce que tu écoutes, Abou Mouss‘ab ?”, il retirait l’écouteur de son oreille et répondait : “Les nouvelles, j’écoute la BBC Londres.”


Puis il nous adressait un clin d’oeil, riant intérieurement d’avoir su éviter la réponse véritable (2).


Même en prison, nous avions peur les uns des autres. On craignait le regard d’autrui. On s’efforçait d’apparaître sous son meilleur jour pour éviter d’être critiqué ou offensé. La prison, comme n’importe quel autre lieu, répond à des conditions et à des critères inflexibles. Chaque prisonnier se doit de les remplir, sans quoi il n’accède à aucune reconnaissance de la part des autres. Dans un tel lieu, les valeurs que l’individu tient de sa société se trouvent renforcées. Plus l’individu saisit la hiérarchie sociale gravée dans l’inconscient collectif, mieux il est accueilli par les autres, et plus il suscite leur admiration. Je dis toujours que la prison, ce n’est pas seulement le geôlier et les murs sombres, c’est aussi les (...) lire la suite sur Atlantico

 


Prisons actuelles - Évasions (57)

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