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http://www1.alliancefr.com/bqimages/troispays.jpgDocument 19/11/2011 - Emilie Melchior-Braun est née à Hambourg en 1897 ; elle est décédée en 1991 à Binyamina en Israël. Elle a vécu une enfance et une adolescence dorées dans une famille de la grande bourgeoisie juive allemande, avant de connaître la montée du nazisme, l'émigration dans la France de l'avant-guerre puis les camps d'internement (Vel d'hiv, Gurs), la précarité et la semi-clandestinité d'une ouvrière agricole. Elle a dû surmonter la disparition de son mari, victime d'une rafle et déporté à Auschwitz, l'absence de Pierre, son fils unique engagé à seize ans dans la Résistance, qu'elle rejoint elle aussi.

Sa gouvernante française bien-aimée lui a fait connaître la langue et la culture de notre pays qui l'ont immédiatement séduite et ont dicté ses choix ultérieurs. Les souffrances subies pendant la deuxième guerre mondiale n'ont pas altéré son amour pour la France et même lorsqu'elle a choisi de s'installer en Israël, elle a conservé sa nationalité française et a continué à remplir son devoir électoral.

Marquée à tout jamais par l'expérience terrible de l'occupation, elle n'a pas cherché à renouer les fils de son existence passée mais elle a opté définitivement pour la vie simple, voire Spartiate, des pionniers israéliens.

Emilie Braun-Melchior nous livre ici le récit de cette vie multiple ; un témoignage d'une grande sincérité, émaillé de multiples anecdotes qui en font toute la richesse.


  • Les courts extraits de livres : 19/11/2011

 

 

Emilie Braun-Melchior (1897-1991)

Emilie Braun-Melchior a vécu de décembre 1897 à octobre 1991, presque un siècle. Cette vie ne fut pas un long fleuve tranquille. Emmy a assisté à de spectaculaires transformations dues aux progrès de la technologie : elle a connu les lampes à pétrole dans sa jeunesse et a vu, à l'âge adulte, marcher des hommes sur la Lune. Mais elle a surtout connu de grands bouleversements dans sa vie personnelle : née dans une famille de la grande bourgeoisie juive allemande, dans le nord du pays, dans un Hambourg froid et humide (sept mois d'hiver et cinq mois de non-été, selon la définition de son père), elle a fini sa vie dans le climat chaud d'Israël, dans un pays de pionniers en construction à l'époque de son arrivée, une vie en tout point à l'opposé de ses origines. Entre les deux, que d'épreuves, de difficultés, de drames...

Emmy raconte cette vie : son enfance, ses années de jeunesse, sa quête d'une identité juive, la montée de l'antisémitisme en Allemagne, le début des persécutions par les nationaux-socialistes, la difficile décision de l'émigration en France en 1933, la deuxième guerre mondiale, les camps d'internement dans le pays dont elle souhaitait faire sa seconde patrie, l'avancée de l'armée allemande et les tortionnaires qui se rapprochent, les dangereuses fuites à travers le pays pour tenter d'y échapper, la rafle fatale pour le mari, les emplois de domestique et d'ouvrière agricole sous une fausse identité, le tout relaté avec simplicité et sans la moindre emphase.

Mise très tôt (vers l'âge de neuf ans) en contact avec la langue et la culture françaises par l'intermédiaire de Marie Hérot, sa gouvernante bien-aimée, Emmy a cultivé et développé un véritable amour pour la France. Aussi, quand la question de l'émigration s'est posée, elle n'a pas hésité longtemps : pas de doute, direction Paris, ville pour laquelle elle a eu dès le premier contact un véritable coup de foudre. Elle raconte dans ses mémoires qu'elle y a pris ses distances avec des compatriotes juifs, les «chez nous», coupables de trop chanter les louanges de leur pays d'origine. Rien n'a jamais altéré cet amour, ni entamé sa confiance, même pas son passage au Vel d'Hiv en 1940 et son séjour dans le camp d'internement de Gurs. Quand ses parents lui ont suggéré, après la guerre, de venir s'installer avec eux aux États-Unis, elle n'a pas hésité davantage : elle et son fils n'étaient pas faits pour l'Amérique, ils étaient chez eux en France. Même après avoir choisi de vivre la dernière partie de sa vie en Israël, elle a toujours gardé sa nationalité française et elle a continué à participer, par procuration, à tous les votes.


Trois pays, deux guerres : une femme dans la tourmente

Auteur : Emilie Melchior-Braun

Traducteur : Marie-Madeleine Braun-Lamesh

Date de saisie : 15/11/2011

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : PULIM, Limoges, France

Collection : Cahiers de l'Institut d'anthropologie juridique, n° 27

 

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