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http://ecx.images-amazon.com/images/I/61MDTcMXsJL._SL500_AA300_.jpgCréée en 2007, la superbe collection « Sources » des PUF reproduit en fac-similés des manuscrits originaux détenus par la fondation suisse Martin Bodmer. A ce jour, l'association des deux institutions a permis la publication de 12 titres, parmi lesquels Turpitudes sociales, recueil de 28 dessins à la plume de Camille Pissarro, préfacé par Henri Mitterand. Le spécialiste de Zola s'imposait pour présenter cette suite sombre, dans la veine de Daumier ou de Steinlen, illustrant Les Soliloques du pauvre de Jehan-Rictus : femmes battues par leurs prolétaires de maris avinés, tandis que prospèrent les bourgeois et que luit, au loin, le soleil de l'anarchie.


RÉMI SOULIÉ – Le Figaro

11/12/2009 | Mise à jour : 14:14 |

 

Reproduction d'un album de 28 dessins à la plume, composés, collés sur des pages-supports et mis en ordre d'un seul tenant par l'artiste en 1889-1890. La préface présente le contexte social et artistique dans lequel s'inscrit ce recueil et commente chacun des dessins.

 

Pissarro partage avec l'avant-garde littéraire et artistique de la fin du XIXe siècle l'esprit de pitié, de générosité et de révolte sociales - la mal-pensance, pour l'époque. Il n'en laisse passer que de discrètes traces dans ses paysages, ruraux et urbains. Mais en novembre-décembre 1889, dans le secret, il compose vingt-huit dessins à la plume sur le thème du malheur des pauvres et de la cupidité indifférente des nantis : Turpitudes sociales. Restés inconnus jusqu'en 1972 conservés à Genève dans la collection Jean Bonna, ils sont publiés aujourd'hui pour la première fois en France, avec une introduction d'Henri Mitterand. Lecteur de Kropotkine et de Jean Grave, ami de Mirbeau et de Fénéon, Pissarro se fait ici le continuateur de Daumier et se rapproche de Steinlen, Vallotton, Luce, comme du Zola de L'Assommoir. Pour autant, il accorde avec cette inspiration populiste et pamphlétaire la virtuosité de ses traits, de ses variations optiques et de ses effets d'éclairage, dans le souci absolu de sa liberté d'artiste. «Y a-t-il un art anarchiste ? Oui ? Décidément, ils ne comprennent pas. Tous les arts sont anarchistes - quand c'est beau et bien ! Voilà ce que j'en pense ».


Turpitudes sociales de Camille Pissarro

Auteur : Camille Pissarro

préface de Henri Mitterand

Éditeur : PUF, Paris
Fondation Martin Bodmer, Cologny (Suisse)

Collection : Sources

Description : 44 pages; (31 x 24 cm)

 


Peinture - Photographie (84)

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