Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog


C’est un vieillard de 89 ans qui comparaît aujourd’hui à Munich, et risque la prison à perpétuité.

John Demjanjuk est accusé d’avoir participé au meurtre de 27.900 juifs en 1943, dans le camp d’extermination de Sobibor, aujourd’hui en Pologne.

Peut-être le dernier procès de l’Holocauste, vu le grand âge des derniers accusés et témoins...


La cour d’assises de Munich devra déterminer si John Ivan Demjanjuk (prononcer demaniuk) était bien garde dans le camp de Sobibor. Et quel fut son rôle dans la machine d’extermination. Car John Demjanjuk a déjà été condamné à mort en Israël, pour avoir été gardien du camp de Treblinka sous le sobriquet d’Ivan le Terrible. Mais à cause de nombreux doutes sur son identité, il avait été finalement relâché. Il s’était alors exilé aux États-Unis, avant d’être expulsé en mai, en avion sanitaire. Il devrait d’ailleurs comparaitre en fauteuil roulant. Mais tant pis pour ses problèmes de santé : les justices américaine et allemande l’ont estimé absolument apte à être jugé.

Pas question de le voir aujourd’hui passer encore encore les mailles du filet. John Demjanjuk est le premier de la liste publiée par le Centre Simon Wiesenthal de Jérusalem, spécialiste de la traque des criminels nazis.

Seulement, dans ce procès qui s’ouvre, une trentaine des rescapés de l’Holocauste ou de leurs descendants sont partie civile, mais aucun n’a vu Demjanjuk à Sobibor et les seuls témoignages directs sont des déclarations écrites de témoins aujourd’hui décédés.


Un des derniers criminels nazis jugé en Allemagne A Munich, le reportage de Bertrand Gallicher  (1'59")





Noah Klieger, 83 ans, rescapé d’Auschwitz et journaliste à Yediot Aharonot Il attend que la culpabilité du SS Demjanjuk soit reconnue  (1'46")



Cependant, l’accusation affirme cette fois être sûre de son fait. Elle détient une carte d’identité établie par les SS au nom de Demjanjuk, faisant état de son transfert depuis Trawniki, où étaient formés des gardiens de camp de concentration, vers Sobibor.

L’homme jeune au visage rond sur la photo ressemble très fortement à l’accusé, mais ses avocats assurent que le document est un faux de l’époque soviétique. Des analyses officielles américaines confirment elles en revanche l’authenticité de ce papier.

Mais, outre son identité, quel fut son rôle exact dans la mort des 27.900 victimes de ce camp ? L’Allemagne n’a longtemps jugé que des officiers supérieurs et des dignitaires du régime nazi. Désormais, elle accepte de juger tous les SS susceptibles de pouvoir se présenter devant un tribunal. Encore faut-il démontrer leur participation.

L’accusation ici veut tenter de faire reconnaître sa culpabilité par cette association de faits : Demjanjuk a été garde durant près de six mois en 1943 à Sobibor - période pendant laquelle 27.900 juifs ont été gazés - il a donc participé à cette extermination.

Ce procès est donc un procès-clé. Parce qu’un des derniers. Des centaines de journalistes du monde entier espèrent pouvoir le couvrir. Mais la cour de Munich, compétente parce que l’accusé a vécu dans la région après la guerre, n’est absolument pas taillée pour : sa salle d’audience ne peut accueillir qu’environ 150 personnes.

Un des derniers criminels nazis jugé en Allemagne

France Info – lundi 30 novembre 2009

Cécile Quéguiner

Crédit photographique : © KESYTONE | Ukrainien d’origine, John Demjanjuk est accusé d’avoir "volontairement" servi les nazis.

 

 

Commenter cet article