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'http://www.lefigaro.fr/medias/2009/02/19/7a71cbec-fed2-11dd-b8b2-53ef9482f08b.jpgest un flic. Un flic pur jus qui, du grade de gardien de la paix à celui de commissaire de police - avant de devenir préfet en 2004 -, a effectué toute sa carrière dans la police. Christian Lambert, 63 ans, devait être nommé préfet du département de la Seine-Saint-Denis, au conseil des ministres du mercredi 7 avril. Il remplace Nacer Meddah, qui occupait la fonction depuis décembre 2008. Celui-ci devait obtenir un nouveau poste de préfet de région.

Jusqu'à son arrivée à Bobigny, M. Lambert occupait l'un des postes-clés à la préfecture de police de Paris, sur l'île de la Cité. Directeur de cabinet du préfet de police, Michel Gaudin, il était au centre de tout ce qui relève de la sécurité, de l'ordre public et des enquêtes criminelles dans la capitale et les trois départements qui l'entourent : il a été en première ligne dans la mise en place du Grand Paris de la sécurité, en 2009. Il exerçait cette fonction depuis son départ de la direction centrale des compagnies républicaines de sécurité (CRS), en 2007.


C'est en rentrant de Corse en octobre 2005, qu'il avait pris le commandement des CRS, au moment le plus fort des émeutes qui avaient enflammé les banlieues, au premier rang desquelles la Seine-Saint-Denis. Homme de confiance, considéré comme proche de Nicolas Sarkozy, Christian Lambert avait auparavant exercé pendant un an, entre 2004 et 2005, son savoir-faire à Ajaccio. Installé au palais Lantivy comme préfet chargé de la sécurité, il coordonnait toutes les forces de police et de gendarmerie sur l'île. Le ministre de l'intérieur de l'époque, Nicolas Sarkozy, lui avait recommandé de concentrer ses efforts dans la lutte contre les organisations nationalistes clandestines. M. Lambert s'y était employé avec application en multipliant notamment les interpellations de militants.


En Corse, Christian Lambert intervenait en terrain connu. Le 4 juillet 2003, c'est lui - alors qu'il était patron du RAID (unité de recherche, d'assistance, d'intervention et de dissuasion), un corps d'élite - qui a procédé à l'arrestation d'Yvan Colonna, dans le cadre de l'enquête sur l'assassinat du préfet Erignac, à la bergerie de Margaritaghia, sur les hauteurs de Propriano en Corse-du-Sud. Dès son installation à la tête du RAID en septembre 2002 - trois mois après celle de Nicolas Sarkozy au ministère de l'intérieur, place Beauvau -, il avait fait de la recherche du berger de Cargèse sa priorité.


En nommant M. Lambert à la tête d'un des départements les plus difficiles, le chef de l'Etat envoie un signal. Homme de terrain plus que de dossier, Christian Lambert devra faire face, en Seine-Saint-Denis, à une situation où l'insécurité reste l'un des principaux problèmes. Qu'il s'agisse des atteintes aux biens ou des atteintes à l'intégrité des personnes, ce département situé au nord de Paris continue de battre les records nationaux (63 faits de vol pour 1 000 personnes en 2009, contre 35 en moyenne pour le reste de la France, et 19,2 agressions pour 1 000 habitants la même année contre 7,5 en moyenne).


La Seine-Saint-Denis abrite également des bandes de jeunes trafiquants qui ont fait du commerce de la drogue leur unique source de revenu. L'épisode récent survenu à Tremblay-en-France, une commune du nord du département, a mis au jour l'ampleur de cette économie souterraine. Après avoir interpellé, le 29 mars, quatre jeunes gens dans une cité, les policiers ont découvert 980 000 euros en liquide et mis la main sur plusieurs kilos de cocaïne, d'ecstasy, de cannabis ainsi que des armes. D'autres villes de ce département, à l'instar de Stains, Sevran, Saint-Ouen ou encore Saint-Denis, connaissent des situations analogues avec leur lot d'agressions et d'assassinats.


Dans ce contexte social, où l'insécurité le dispute à une pauvreté extrême, les relations entre la population et les forces de police demeurent très tendues. En 2009, 1 600 actes de violence contre des personnes dépositaires de l'autorité ont été recensés. Récemment, après l'intervention de la police contre les trafiquants de Tremblay, des bandes de jeunes ont attaqué les bus. Caillassage, jet de cocktails Molotov ont précédé la mise à feu d'un véhicule.


Dans ce département fortement ancré à gauche - depuis sa création en 1967, il a toujours été dirigé par des majorités composées de communistes et de socialistes - la nomination d'un homme à poigne et de confiance est pour le chef de l'Etat un moyen d'afficher clairement ses intentions : renouer avec ce qui a façonné son image pendant les cinq années qui ont rythmé sa marche vers l'Elysée.


Yves Bordenave et Luc Bronner
Article paru dans l'édition du 08.04.10 - LE MONDE - Crédit photo AFP

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David C. 20/04/2010 16:25


Nicolas Sarkozy contre le trafic de drogue ?

Aujourd'hui, mardi 20 avril 2010, Nicolas Sarkozy a encore entonné son discours sécuritaire lors de son déplacement dans la banlieue parisienne à Tremblay-en-France (Seine Saint Denis - 93) .
Nicolas Sarkozy a ressorti son dossier fétiche: l’insécurité. Et versé dans les déclarations chocs, en annonçant la suspension des allocations familiales en cas d’«absentéisme scolaire injustifié»
et en prévenant que la police interviendra «sans restriction» dans les halls des cités sensibles du département, ainsi que de "harceler les délinquants" et d'"éradiquer les trafics".

Il ne s'agit pas pour moi de faire de l'angélisme mal placée, en niant la violence et les trafics de drogues qui existent dans les villes et les banlieues. Mais il est étonnant de prétendre vouloir
combattre les trafiquants et les dealers de drogue de nos banlieue sans agir au racine du problème . Pourquoi, la France et Union Européenne ne soutiennent pas activement une politique anti-drogue
en Afganistan comme le demande, le directeur de la lutte anti-drogue russe Viktor Ivanov.

« L’UE est le marché de l’héroïne le plus important du monde », a lâché l’eurodéputé italien Pino Arlacchi, rapporteur sur l’Afghanistan au Parlement européen. Et d’où vient cette
drogue ? D’un pays où les membres de l’Union européenne déploient actuellement quelques 30 000 soldats ! En effet, plus de 500 tonnes d’héroïne afghane passent chaque année les frontières
des 27 pour finir dans les veines de 3 millions d’Européens. Alors on aurait pu s’attendre, devant un tel problème sanitaire et de sécurité que l’Union européenne ait un plan d’action. Eh bien non.
Pourtant, nos soldats sont officiellement en Afghanistan pour lutter contre le terrorisme, ce dernier étant essentiellement financé par l’argent de la drogue.

Au delà du jeu médiatique français, Nicolas Sarkozy devrait s'engagé dans la guerre à la drogue en soutenant les initiatives du directeur de la lutte anti-drogue russe Viktor Ivanov afin de couper
l'herbe sous le pied des divers trafiquants.

Pour en savoir plus : http://solidariteetprogres.org/article6524.html

le blog de David C.
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