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http://www.bedetheque.com/Couvertures/OumpahPahEtlespirates_27022004.jpgBertrand Galimard Flavigny nous raconte comment l’indien Oumpah-Pah est l’ancêtre du personnage emblématique de BD : Astérix. Découvrez dans cette émission comment les deux auteurs à succès : René Goscinny et Albert Uderzo ont créé une révolution culturelle.


Emission proposée par : Bertrand Galimard Flavigny  
Adresse directe du fichier MP3 :
http://www.canalacademie.com/emissions/pag557.mp3

Adresse de cet article :
http://www.canalacademie.com/Un-indien-nomme-Oumpah-Pah.html

Date de mise en ligne : 25 janvier 2009
   




Comme tous les enfants qui allaient à l’école, à une certaine époque, antérieure à une certaine révolution dite intellectuelle, René Goscinny et Albert Uderzo apprirent que : « chaque tribu gauloise était principalement composée d’un chef, d’un barde et d’un druide, et ces derniers possédaient à eux seuls la science infuse ». Cherchant « une nouvelle idée originale de conception bien française et qui pourrait intéresser les jeunes lecteurs français », raconte dans ses mémoires Albert Uderzo, les deux compères songèrent aux Gaulois, non encore utilisés dans la bande dessinée et imaginèrent que lors de l’occupation de ce qui deviendra notre pays par les légions de Jules César, un village, un seul résista.


Astérix était né et nul ne pouvait alors imaginer le formidable succès qui en allait découler. Si le nom de ce petit personnage qui a atteint une célébrité sans pareille, est né du rapprochement avec l’astérisque, la petite étoile typographique, son choix a été également fondé sur le fait qu’il commençait par la première lettre de l’alphabet. Goscinny était ainsi « certain que le personnage sera cité et sera parmi les premiers dans les encyclopédies de BD qui commencent à naître », confie Uderzo.


Lorsque l’on demandait aux auteurs s’ils pouvaient expliquer le succès d’Astérix, ils étaient bien en peine de répondre. La série sur l’indien Oumpah-Pah, née quasiment en même temps, n’a jamais atteint les mêmes chiffres. Et pourtant, ce dévoreur de pemmican accompagné de son « frère » Hubert de la Pâte Feuilletée est autant sympathique, sinon plus attachant.




Cette carte floquée Flock Indus, datée de 1960, représentant Oumpah-Pah et Hubert de la Pâte Feuilletée, a été présentée à la vente le 13 décembre 2008 à Drouot par la svv Coutau-Bégarie , assistée par Christophe Fumeux, avec une estimation de 120 €.

L’indien Oumpah-Pah fut le premier personnage commun de Goscinny et Uderzo. « Ma rencontre avec Goscinny (1951) a été primordiale et décisive pour moi. C’était un génie de l’humour, le mot n’est pas trop fort. Il l’a prouvé tout au long de sa carrière, il le prouve encore aujourd’hui avec tout ce qu’il a laissé derrière lui. Il a régénéré et bouleversé toute la mièvrerie qui sévissait dans la bande dessinée dite humoristique », confie, aujourd’hui Albert Uderzo. L’ébauche Oumpah-Pah, sur six pages, mettait en scène ce personnage vivant dans une réserve indienne au milieu de la vie moderne des Américains lambda. « On s’amuse vraiment à évoquer la condition de cette tribu qui conserve ses traditions et ses coutumes au milieu du monde moderne », se souvient Uderzo. Nul pourtant ne s’intéressa à ses aventures, ni en France, ni aux Etats-Unis. Les deux nouveaux amis rangèrent les projets dans leurs cartons.


Ils ne ressortiront que sept ans plus tard, en 1958, complètement remanié pour le « Journal de Tintin ». Cette fois, nous retrouvons Oumpah-Pah, guerriers de la tribu Shavashavas, à l’époque où les Français investissent le Canada. Il capture le jeune Hubert de la Pâte Feuilletée, officier de Sa majesté le roi de France. Les deux garçons, au lieu de s’entretuer se lient d’amitié, à la suite de la résistance déterminée du François qui doit subir des épreuves terribles, notamment celle du supplice de la plume qui chatouille le nez, sans éternuer bien sûr. Notre vaillant gentilhomme surmonta ce terrible examen. Nous dirions aujourd’hui, comme chez les boys-scouts qu’il avait été totemisé. L’indien surnomme son nouveau frère d’arme, « Double scalp », car il est doté d’une double chevelure. Ces deux-là mèneront la vie difficile aux terribles Pieds-Plats, tribu indienne ennemie des Shavashavas.

Cinq albums se suivront : Oumpah-Pah le Peau-Rouge (Lombard, 1961) ; Oumpah-Pah sur le sentier de la guerreOumpah-Pah et les pirates (Dargaud, 1962, 1976 Lombard, 1987, Albert René, 1996) ; Oumpah-Pah et la mission secrète (1987) ; Oumpah-Pah contre Foie-Malade (Dargaud, 1967 et 1977) ; et un hors série, Oumpah-Pah Aventures complètes (Lombard, 1979). La série a été rééditée en trois tomes, le premier titre seul (1996), le sentier et les pirates (1996) le second : la mission tandis que le foie malade (1996) constitue le troisième (aux éditions Albert René). (Lombard, 1986) ;


Dans les plaines et la forêt du Québec, Oumpah-Pah le Peau-Rouge et Hubert de Hubert de la Pâte Feuilletée, contrairement à ce que les gazettes pourraient nous laisser croire, poursuivent leurs aventures dans une gaîté contagieuse. Il est temps d’aller les retrouver ...

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