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Arte Arte – 20h35 – mercredi 19 mai 2010

Histoire de l'Afrique du Sud

Durée : 50 minutes

Stéréo

En 16:9


http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/afrique/images/afrik-sud-Boers.gif



A la veille de l'ouverture de la Coupe du Monde de Football, rafraichir ses connaissances sur un pays à l'histoire mouvementée n'est pas inutile. Cet excellent documentaire nous y aide.

Le sujet

En 1652, Jan Van Riebeeck aménage à Bonne-Espérance une escale pour les navires ; peu à peu les colons affluent, empiétant sur les terres des autochtones.

Le Portugais Barthélemy Diaz a été le premier Européen à atteindre le cap de Bonne-Espérance, en 1488. En 1652, Jan Van Riebeeck vient y aménager une escale pour les navires en route vers l'Extrême-Orient pour le compte de la Compagnie des Indes néerlandaises. Dans un premier temps, les échanges avec les autochtones sont pacifiques, et les produits de Hollande sont troqués contre du bétail. Mais un nombre croissant de colons affluent, qui s'approprient les meilleures terres et importent des esclaves pour leurs besoins en main-d'œuvre. Peu à peu, la colère gronde au sein des populations locales.

La critique

Ce triptyque brosse une vaste fresque, du jour où le premier navigateur atteignit le cap de Bonne-Espérance jusqu'à celui où Nelson Mandela fonda la nation « arc-en-ciel ». Le rappel des débuts de la colonisation constitue le premier volet. En filigrane, on peut y lire toutes les épreuves à venir. L'histoire européenne de l'Afrique du Sud commence alors que les puissances maritimes se bousculent sur la route des Indes. Le voyage est si long d'Europe jusqu'en Asie qu'il y a obligation de relâcher pour se procurer de l'eau et des vivres, reposer les équipages souvent atteints du scorbut. Les Anglais et les Hollandais ont été les premiers à fonder des compagnies qui ont le droit de propriété sur les terres occupées, droit de justice souveraine, droit d'établir des garnisons, droit de battre monnaie, et même droit d'esclavage.


Bientôt, les Hollandais décident d'aménager une base de ravitaillement à la pointe sud de l'Afrique. Jan Van Riebeeck, qui a commencé sa carrière d'administrateur en Indonésie, débarque avec les pleins pouvoirs pour signer des traités, acheter des terres, voire livrer des guerres, l'essentiel étant que les actionnaires de cette multinationale qu'est la Compagnie des Indes néerlandaises y trouvent leur compte. Dans un premier temps, les Bataves se contentent d'échanges commerciaux avec les autochtones : produits de Hollande contre bétail. Les Hottentots, établis le long de la côte, les Bochimans, qui vivent de chasse et de cueillette dans le bush, sont des aborigènes de mœurs pacifiques. A la fin de leur temps de service, la plupart des employés de la Compagnie rentrent en Europe, mais certains restent au Cap où ils espèrent s'élever par le travail à un rang honorable dans cette nouvelle société. Van Riebeeck demande alors à Amsterdam de permettre aux « citoyens libres », c'est-à-dire aux Hollandais libérés de leurs obligations vis-à-vis de la Compagnie, de s'établir comme fermiers ou commerçants. En 1657, les premiers cultivateurs indépendants s'établissent le long de la rivière Liesbeek. La même année des esclaves sont importés de Batavia et de Madagascar car la petite communauté manque cruellement de main-d'œuvre. L'apparition de cette classe de « citoyens libres » marque un tournant dans l'histoire du Cap : l'établissement relais, chargée d'approvisionner les navires en route vers les Indes Orientales, se transforme en colonie de peuplement.


Des expéditions sont organisées pour reconnaître l'intérieur des terres. Elles ne se heurtent à aucune résistance. Comme les Hottentots, les Bochimans reculent devant l'avancée européenne. Il est désormais évident pour les autochtones que ces étrangers n'ont pas l'intention de repartir. Dès l'an 1700, la plupart des Blancs de la colonie du cap de Bonne-Espérance y sont également nés et la considèrent comme leur patrie. Le nombre de colons augmente. L'expansion hollandaise n'est arrêtée que par les obstacles naturels : océan, déserts, montagnes. Quand une terre est épuisée, ils s'installent plus loin, ce qui leur vaudra le surnom de « trek boers », paysans itinérants. En leur accordant généreusement des licences d'exploitation, la Compagnie les incite à aller de l'avant. La seule règle est qu'entre deux fermes, la distance minimale doit être d'une heure de route à cheval. C'est ainsi qu'un nombre infime de colons occuperont des territoires immenses, dont ils revendiqueront la propriété.


Avec leur espace vital, ces peuples perdent également leurs points de repère et leur identité. Mais les Boers, qui se considèrent comme les propriétaires naturels de ces terres, poursuivent leur marche implacable. Quand ils en viennent à occuper l'espace indispensable à la survie des Africains, ceux-ci tentent de les en chasser. Mais, contre les fusils des envahisseurs, les aborigènes ne disposent que d'arcs et de flèches. Il leur faut pactiser ou être exterminés.


Jusqu'à la seconde moitié du XVIIIe siècle, Boers et Bantous n'ont guère eu de contacts. Un no man's land de 200 kilomètres les séparait. Leurs relations vont devenir rapidement conflictuelles et ces guerres de frontières ne s'achèveront qu'un siècle plus tard. Bien avant cela, en 1795, l'autonomie acquise par les employés de la Compagnie prendra brutalement fin avec l'arrivée des Anglais. Ceux-ci veulent absolument éviter que la colonie du Cap ne tombe aux mains des Français (les troupes révolutionnaires occupent la Hollande), et les Boers sont contraints de se soumettre.


Pas pour longtemps. Ils quitteront la colonie du Cap et s'enfonceront vers l'intérieur, la Bible dans une main, le fusil dans l'autre. Car les Britanniques ont supprimé l'esclavage, ce qu'ils ne peuvent tolérer. Ce sera le « Grand Trek », un autre chapitre de cette histoire tumultueuse ...


Eric de Saint Angel

http://teleobs.nouvelobs.com/tv_programs/2010/5/19/chaine/arte/20/35/histoire-de-l-afrique-du-sud


Les rediffusions


  • 09:40 - Mardi 25/05/2010

    Arte


Crédit photographique :

http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/afrique/images/afrik-sud-Boers.gif

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