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http://multimedia.fnac.com/multimedia/FR/images_produits/FR/Fnac.com/ZoomPE/6/8/0/9782361660086.jpg1779. Chose peu fréquente au XVIIIe siècle, un ferblantier parisien fait un procès à sa femme pour adultère.


Les pièces de l'accusation dénoncent chez l'épouse des pratiques et des faits qui n'appartiennent pas à son monde. Alors qu'on est en milieu populaire, les témoignages dépeignent l'accusée comme sortie d'un tableau de Fragonard ou d'un roman libertin de Crébillon. Les forfaits et débauches dont elle est accusée ne sauraient être les siens tant ils débordent de luxe, rubans, bijoux et autres signes de richesses, apanages des seules classes supérieures.


Ariette Farge se livre à une analyse passionnée et passionnante des mots transcrits dans les archives de police. Avec un vrai sens du suspense et une rigueur d'historienne, elle dévoile et éclaire des silences et des ombres du siècle des Lumières.


  • Les courts extraits de livres : 15/09/2011

 

Un épais dossier trouvé dans les archives de police du XVIIIe siècle : sur la couverture qui le protège, on distingue une écriture de la fin du XIXe siècle : procès Branchu, 1779 - Rébarbatives, les pièces de ce dossier de justice s'empilent les unes sur les autres, au risque de s'y perdre. À les feuilleter, les yeux sont attirés par certains mots, des expressions, des lieux, tous différents et frappants : on y parle d'adultère, d'un mari mécontent, d'une femme d'artisan mise au couvent puis en prison, de médecins inquiets, de servantes et de domestiques témoins à charge de la débauche d'une femme, Anne-Sophie Bourgeot, femme Branchu. Procès en adultère, c'est rare. Une incursion plus approfondie à travers les folios, écorchés, abîmés par le temps, égrenés un à un, délivre presque à chaque page de curieuses notations. S'esquisse une valse surprenante de situations libertines, des mots coquins et des faits déclarés authentiques où courent tous les ingrédients du «savoir-vivre libertin», aux teintes mordorées et autres éclats de lumière frelatés. Éparses, courant çà et là au gré de ce sérieux procès en adultère en monde populaire du centre de Paris, les indications sur le tumulte luxueux des sens d'une ferblantière étonnent. Elles forment une farandole de mots, comme décalée du monde qui les nomme, une guirlande de frasques aux doux et osés mots du plaisir. Je les relève sans trop m'attarder comme je le fais souvent : on parle de rubans et bracelets au poignet, d'un petit portrait, de caresses badines, de claques mutines et de quelques oreillers défaits ; un tapis de roses où l'on s'enroule ; un chapelet de confitures et de liqueurs ; un frémissant lever de jupons ; des jambes et cuisses volages s'emmêlant sous les tables ; du vin courant de bouche à bouche... Plus sombres, voici un couvent, une prison, une femme fort malade, des suppliques, des certificats de médecins apitoyés. L'ensemble est bien étrange.

 

Un ruban et des larmes : un procès en adultère au XVIIIe siècle

Auteur : Arlette Farge

Date de saisie : 15/09/2011

Genre : Documents Essais d'actualité

Editeur : Ed. des Busclats, Paris, France

 

http://aliette-armel.blogs.nouvelobs.com/media/01/00/337892029.jpgL’auteur : Arlette Farge est historienne et spécialiste du 18e siècle. Elle s’intéresse aux traces légères laissées par tous ces gens sans histoire, ce peuple de Paris qu’elle rencontre dans les archives judiciaires. Sensible et rigoureuse, l’auteur qui a publié récemment Essai pour une histoire des voix est retournée ici dans l’intimité de l’archive à la recherche d’une vérité enfouie qui est autant celle d’une femme accusée d’adultère que celle de son siècle.

 


Justice - Peine de mort - Expertises (85)

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