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L’association de l’ordre et de la révolution peut paraître paradoxale. Pour autant, nul ici ne songerait à raviver des débats surannés assimilant la révolution et le désordre, que ce soit pour stigmatiser l’" anarchie " pillarde ou sanguinaire, ou pour saluer la multitude démiurgique avide de faire du passé table rase. La révolution est certes négation et déconstruction d’un ordre établi ; mais la nécessité du changement révolutionnaire s’impose lorsque le présent est devenu insupportable à ceux qui le ressentent comme expression d’un désordre qui met potentiellement en péril l’humaine condition, et les équilibres présentés comme naturels. 


 Et, du sein même de la transition, de l’instabilité, et de l’indétermination, toujours vecteurs d’angoisse, surgit une forte aspiration à l’ordre, à la recomposition des cadres et à la recherche de nouveaux équilibres. Pour les révolutionnaires, inscrire la brutalité de la rupture dans la durée apparaît bien comme un véritable défi, puisqu’il s’agit de faire de l’ordre avec du désordre, de concilier la double demande d’une plus grande liberté et d’une plus grande sécurité. Affirmée dès la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, la nécessité d’une force publique au service de tous est bien un enjeu crucial pour les régimes issus des Révolutions, de la prise de la Bastille à la Commune de 1871. Comment restructurer les moyens et que faire du personnel chargé du maintien de l’ordre hérité de l’Ancien Régime ? Faut-il le récupérer, quitte à changer le nom de l’institution et les mécanismes de régulation internes ? Ensuite, comment instituer de l’ordre et doit-on inventer une législation d’autant plus rigoureuse qu’elle doit pallier un vide institutionnel ? Enfin, si la mise en place d’une " police citoyenne " demeure l’horizon des régimes successifs, des logiques multiples viennent perturber la construction idéale d’un corps dévoué au service des " honnêtes gens "


 La politisation, la dépendance envers les élus ou les pouvoirs locaux, l’élargissement du recrutement aux anciennes cibles de la police peuvent à leur tour faire des forces de l’ordre des acteurs du désordre. Les textes réunis dans ce volume montrent que ces questions travaillent constamment l’événement révolutionnaire. A l’heure où les questions de sécurité et les rapports entre les forces de l’ordre et les populations sont au premier rang du débat public, cet ouvrage, fruit de spécialistes de l’histoire de la Révolution française et du XIXe siècle, invite à faire retour sur les racines historiques de l’ordre public en démocratie...


Vincent DENIS et Bernard GAINOT (dir) - Un Siècle d'ordre public en Révolution

 

Sommaire


 ORDRE PUBLIC ET REVOLUTION, LA POLICE D’ UN DISTRICT PARISIEN (1789-1790)

 GARDE NATIONALE ET ORDRE PUBLIC A LYON AU DEBUT DE LA REVOLUTION (1789-1793)

 LA REPRESSION DU " FEDERALISME " DANS LE CALVADOS PENDANT L’ ETE 1793 : HISTOIRE D’ UNE " REUSSITE "

 LOI MARTIALE, ETAT DE SIEGE ET LEGISLATION REVOLUTIONNAIRE

 USAGE POLITIQUE ET PORTEE INSTITUTIONNELLE DE LA CONTRIBUTION DE LA GENDARMERIE ; LA REPRESSION DU BRIGANDAGE SOUS LE CONSULAT

 GENDARMERIE ET POLITIQUE AU DEBUT DE LA 2e RESTAURATION

 " FAIRE DE L’ ORDRE AVEC LE DESORDRE ", DES GARDES DU PEUPLE A LA GARDE REPUBLICAINE FEVRIER-JUIN 1848

 L’ ORDRE " PUBLIC " PENDANT LA COMMUNE

 " POUR L’ AVANTAGE DE TOUS ", COMMENT LA GENDARMERIE DU XIXè SIECLE EST DEVENUE REPUBLICAINE


 Broché
 Paru le : 13/11/2009 - Editeur : Societe Etudes Robespierristes
 Collection : Etudes révolutionnaires - ISBN : 978-2-908327-69-4
 EAN : 9782908327694 Nb. de pages : 204 pages - Poids : 330 g
 Dimensions : 15,5cm x 24cm x 1,1cm

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