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Document 2007 - Les années Mao, loin de libérer la femme - et la sexualité -, ont été celles d'un puritanisme forcené. Si l'on en croit les récentes enquêtes et la jeune littérature féminine, les Chinois en sortent difficilement.


Zhang Wei, étudiante à Chongqing : 1,70 m, 52 kg, elle se trouve « trop » à certains endroits, et « pas assez » à d'autres. « Elle s'est fait refaire les seins il y a deux mois » , geint sa mère désorientée. La mère de Zhang fait partie de ces centaines de millions de Chinoises qui n'ont jamais porté autre chose que des pantalons, et qui n'ont jamais recouru à un quelconque artifice. Sa fille est tout le contraire. « Autrefois, c'était bien vu d'être ordinaire et sans attrait » , dit la mère. Zhang, elle, rêve de beauté, de richesse et de réussite professionnelle(1)... Depuis trente ans, la société chinoise est en proie à des bouleversements considérables. La famille, le mariage, la santé, l'éducation, la culture, le monde du travail, les relations entre hommes et femmes... aucun domaine n'est épargné par la libéralisation sociale consécutive aux réformes économiques entamées à partir de 1978, après la mort de Mao, par son successeur Deng Xiaoping, et qui se sont accélérées à partir des années 1990. L'idéal communiste, égalitaire et puritain, a fait long feu et les vieux « démons » âprement combattus sous le règne de Mao - argent, ambition, hédonisme, sexualité - retrouvent leurs lettres de noblesse. On vivait autrefois pour la révolution ; on court aujourd'hui après l'argent. La libéralisation économique a transfiguré la femme dans les représentations collectives. L'idéal androgyne prôné par les communistes est dépassé et cède désormais la place à une femme « re-féminisée », symbolisant tous les bénéfices de la ...


Le plaisir est-il contre-révolutionnaire ?

Par Isabelle Attané , Geneviève Imbot-Bichet
publié dans L'Histoire n° 320 - 05/2007  Acheter L'Histoire n° 320  +

 

 

 

Document 2005 - Il ne fait pas bon être femme en Chine. La politique de l’enfant unique, imposée par le régime communiste depuis 1979, a mis en péril l’existence même des Chinoises... Et l’avenir du pays.


La Chine compte 1,3 milliard d’habitants, soit 20 % de la population mondiale. Dans cette masse colossale, plus de 600 millions sont des femmes : un peu moins de la moitié. Alors que la France compte 96 hommes pour 100 femmes, la Chine en recense plus de 106. Les hommes y sont donc non seulement majoritaires, mais leur part dans la population croît plus vite que celle des femmes. Deux anomalies majeures sont à l’origine de ce phénomène : un excédent de naissances masculines et une surmortalité féminine. On peut estimer qu’il « manque » aujourd’hui en Chine entre 30 et 60 millions de femmes qui auraient dû naître et grandir. Comment l’expliquer ? Au début des années 1970, la Chine, en pleine expansion démographique, a mis en place une politique de limitation des naissances. Cette stratégie est devenue plus draconienne encore en 1979, lorsque, au mépris des libertés individuelles et des ­traditions, chaque couple s’est vu ­contraint à un seul enfant. Une « politique de l’enfant unique » qui s’est alors transformée de facto en « règle du fils unique ». Ainsi, il naît aujourd’hui en Chine environ 117 garçons pour 100 filles, soit 10 % de plus que la norme... Du coup, le déficit de filles n’a, depuis les...

 

600 millions de Chinoises

Par Isabelle Attané
publié dans L'Histoire n° 300 - 07/2005  Acheter L'Histoire n° 300  +




http://www.reseau-asie.com/publication_standard/attane_isabelle_femmesg.jpgDocument 2005 - Il y a aujourd'hui 600 millions de Chinoises, 10% de la population mondiale. Cette masse colossale n'atteint pourtant pas la moitié du nombre des Chinois, une situation inédite dans les pays industriels et la mesure de l'un des problèmes les plus inquiétants pour la Chine du XXIème siècle.

Depuis la mort de Mao en 1976, le v¦écu d'une Chine égalitaire, l'espoir que les femmes puissent enfin « soutenir leur moitié de ciel », n'est plus. Aujourd'hui, les réformes de son successeur Deng Xiaoping ébranlent les maigres acquis sociaux des décennies passées, les vieilles structures collectives sont démantelées, l'égalitarisme entame une lente agonie. Entre jeunes et vieux, entre villes et campagnes, entre provinces, les inégalités n'en finissent pas de se creuser.

La femme chinoise figure au nombre des laissés-pour-compte de la société post-maoïste. Et elle y a perdu à plus d'un titre : à l'école, au travail, dans sa relation avec les hommes, dans son intimité profonde de mère.

Une Chine sans femmes?
(Date d'édition : 01-02-2005) Auteur(s) : ATTANE Isabelle Aire géographique culturelle : Chine Editeur : Perrin Site : Editions Perrin Collection : Asies, dirigée par Jean-Luc Domenach

Isabelle Attané est démographe et sinologue, chargée de recherche à l'Institut national des études démographiques (INED, Paris). Elle a notamment dirigé un ouvrage intitulé La Chine au seuil du XXIe siècle, questions de population, questions de société, paru en 2002 aux Éditions de l'INED.

Cette ouvrage est disponible en librairie.
Il est également possible de le commander directement chez l'éditeur


Contact: Eliane Couton, service commercial
mail: eliane.couton@plon-perrin.com
tel: 01 44 41 35 42

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