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http://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/0/1/4/9782246748410.jpgAvec finesse, Fabrice Gaignault retrace le destin tragique d'une vedette.

Qui se souvient de Claudine Longet ? Fabrice Gaignault n'a pas oublié cette ravissante brunette, née à Paris pendant l'Occupation, dont la carrière artistique commence à la manière d'un conte de fées pour s'achever à la rubrique des faits divers des journaux. Un destin taillé sur mesure pour notre confrère journaliste et romancier : danseuse de revue à 17 ans, Claudine est repérée par un producteur américain, engagée comme meneuse au Tropicana Hotel de Las Vegas et épouse le crooner Andy Williams, enfant chéri des médias américains. La petite Française tourne dans des séries américaines, enregistre de délicieuses chansons, joue aux côtés de Peter Sellers en 1968 dans le film de Blake Edwards, The Party. Et Claudine Longet réalise un exploit : inconnue dans l'Hexagone, elle devient pourtant la première Française, depuis Piaf, à vendre des disques aux Etats-Unis.

En 1976, un an après son divorce, elle se retrouve à Aspen, station de ski très sélect du Colorado, inculpée du meurtre de son amant, le champion de ski Vladimir Sabich, surnommé "Spider", qui ressemblait à "une sorte d'araignée effilée filant sur la neige".

Sur les photos du couple, Claudine passe pour une souris aux côtés de ce géant blond. Comment "cette brindille de 1,55 mètre pour 40 kilos", dotée d'une voix cristalline, serait-elle devenue une meurtrière ? Tua-t-elle de sang-froid ? La chanteuse de Nothing to Lose plaida non coupable, jurant que le coup de revolver était parti par accident. "L'affaire de Starwood Drive" passionna l'Amérique. Gaignault la retrace dans Aspen terminus, fruit de plusieurs voyages sur les lieux du crime supposé. Il ne cherche pas à refaire l'enquête policière. Il a eu accès au dossier de l'affaire au bureau du shérif, pour reconstituer les faits. Mais sa démarche est celle d'un écrivain. Nostalgique, l'auteur des Egéries sixties fouille ailleurs : dans les souvenirs des gloires locales, derrière les façades des chalets cossus, où l'on croise Jack Nicholson, Roman Polanski et l'écrivain James Salter. Résultat : un récit captivant. Gaignault traque le "murmure à peine audible" et rencontre la solitude derrière les sunlights. Il se laisse bercer par la "petite voix si sexy" de la starlette pop, qui inspira la chanson Claudine aux Rolling Stones... Il contemple le vide, le succès éphémère - à l'instar de l'existence. Sa plume, d'une grande sensibilité, parvient à donner à la poudreuse d'Aspen un goût amer de cocaïne...

Aspen terminus, itinéraire d'une icône déchue

Par Tristan Savin, publié le 20/04/2010 à 12:31

http://www.lexpress.fr/culture/livre/dictionnaire-de-litterature-a-l-usage-des-snobs-et-surtout-de-ceux-qui-ne-le-sont-pas-fabrice-gaignault_822320.html

 


Affaires criminelles - Criminalité (107)

 

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