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Uteq

Les unités de police réinvestissent les quartiers

Par Emilie Cailleau, publié le 24/06/2010 à 17:46


Les unités territoriales de quartier vont être portées au nombre de 60, a annoncé le ministre de l'Intérieur. Une mesure qui fait tiquer les syndicats de policiers.


Après un gel de plusieurs mois, les Unités territoriales de quartier (Uteq) reprennent du service. Le ministre de l'Intérieur a décidé ce jeudi 24 juin à Bobigny de quasiment doubler leur nombre. Elles seront désormais 60, a annoncé Brice Hortefeux alors qu'il présentait le bilan de la lutte contre la délinquance en Seine-Saint-Denis.


De la police de proximité aux Uteq


La police de proximité créée sous le gouvernement de Lionel Jospin en 1997, a été supprimée par Nicolas Sarkozy en 2002.

En 2008, Michèle Alliot-Marie annonce l'expérimentation de nouvelles unités de police destinées aux quartiers sensibles, les Uteq. Les premières sont déployées le 14 avril 2008 en Seine-Saint-Denis puis en province en septembre suivant. On en compte une trentaine à l'automne 2009. Le 24 juin 2010, Brice Hortefeux annonce qu'elles vont passer à 60.

Après avoir été durement compromises, ces unités de police destinées aux quartiers sensibles connaissent un regain d'intérêt. Créées en 2008 sous l'impulsion de Michèle Alliot-Marie, alors ministre de l'Intérieur, elles avaient pour mission de "lutter contre l'économie souterraine issue du trafic de stupéfiant et rétablir un lien de confiance entre la police et la population".


Une police de proximité? C'est là tout le débat qui oppose depuis des années la gauche, qui parle de "police de proximité déguisée", au gouvernement qui refuse d'employer le terme. Selon l'Intérieur, les Uteq sont chargées de "missions de police, de voie publique, de surveillance, d'enquête et d'interpellation" , contrairement à la police de proximité qui faisait de l' "accompagnement social". Nicolas Sarkozy les avait supprimées en 2002 dès son arrivée place Beauvau. Culture du résultat oblige.


Depuis, un audit du ministère de l'intérieur sur leur coût financier a conclu de leur efficacité. Pas question toutefois de les généraliser. Il s'agit de "déterminer là où on en a besoin et en faire évoluer le fonctionnement", a expliqué Brice Hortefeux. Une mini refonte qui passera notamment par l'affectation de nouvelles Uteq en Seine-Saint-Denis, qui en dispose déjà de trois.


"Avec quels effectifs"?


La promesse du ministre ne suscite pas autant d'optimisme chez les syndicats de police. "Doubler les Uteq, oui, mais avec quels effectifs?" s'inquiète Jean-Marc Bailleul, secrétaire général adjoint du Syndicat national des officiers de police. Il critique une logique de réduction des effectifs à l'œuvre depuis plusieurs années. "On est favorable aux Uteq mais il y a beaucoup d'endroits où les policiers sont en flux tendus. Donc si on veut créer de nouveaux services, il faut supprimer des tâches indues comme la garde des bâtiments publics, l'escorte de détenus, etc."


Même scepticime chez Yannick Danio, délégué national de l'Unité police SGP-FO. "Pour une police permanente, qui doit être présente 24h/24 ou sur des heures indues, il faut des effectifs". Pour le syndicaliste, l'annonce d'Hortefeux est de la pure "com": "A chaque fois que le ministre fait une annonce comme celle-là, il ponctionne des effectifs ailleurs. Pendant ce temps là on est loin de problèmes de terrain", s'énerve-t-il en concluant : "Pour la première fois, aucun gardien de la paix ne va être recruté cette année".

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