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http://ilyaunsiecle.blog.lemonde.fr/files/2008/09/vacher2.1222145837.jpgC'est le Jack l'Eventreur français. Le tueur de bergers. Le vagabond barbu, au regard de braise, vêtu d'un bonnet de fourrure: Joseph Vacher. En cette fin de XIXe siècle, l'homme échappe à toutes les battues. Son modus operandi ne varie jamais: des adolescents, le plus souvent des bergers, filles et garçons, retrouvés violés, égorgés, éventrés. Le tueur en série se déplace vite - jusqu'à 60 kilomètres par jour - et loin. Ses proies sont dispersées dans la Drôme, l'Isère, le Rhône, l'Ardèche...

Marcheur infatigable, Vacher se fait embaucher pour les travaux agricoles. Dort dans les granges. Les enquêteurs, freinés par le morcellement administratif et la faiblesse des moyens de communication, ne parviennent pas à établir un quelconque rapport entre ses crimes. Tout change avec l'arrivée à Belley, dans l'Ain, d'un jeune juge d'instruction, Emile Fourquet, qui, pour la première fois, décortique tout: lieux, dates, témoignages. Le magistrat est persuadé qu'il s'agit d'un seul et même tueur. Il envoie à tous les parquets de France un avis de recherche.

Un juge de Tournon l'a déjà vu, cet homme à l'œil droit plus gros que le gauche: il vient de le condamner à trois mois de prison pour tentative de viol. Le magistrat le transfère à son confrère: c'est la rencontre Fourquet-Vacher. Le début d'une joute intellectuelle. D'un duel troublant qui a inspiré le film Le Juge et l'assassin, de Bertrand Tavernier, interprété par Philippe Noiret et Michel Galabru. Après plusieurs mois d'interrogatoires, Vacher avoue 12 crimes.

Vacher est sain d'esprit. Il doit payer

La France entière se passionne pour son procès, qui s'ouvre à Bourg-en-Bresse, à l'automne 1898, devant une salle archicomble. Durant trois jours, le tueur apparaît étonnant, émouvant, terrifiant. Vacher était-il pénalement responsable? L'affaire est révélatrice du malaise, à l'époque, de la justice face à la folie. Le très réputé Pr Lacassagne, criminologiste lyonnais, rend des conclusions cinglantes: Vacher est sain d'esprit. Il doit payer.

Intelligent, le petit Joseph est sorti de l'école en sachant parfaitement lire et écrire. Quatorzième enfant d'une famille de paysans, il étouffe - accidentellement ou non - son frère jumeau. Puis, durant son service militaire, tente d'assassiner une fiancée et de se suicider: il se loge deux balles dans le crâne. Il sera soigné sommairement à l'asile de Dole.

Jugé dans une certaine hâte, Joseph Vacher est exécuté le 31 décembre 1898, à Bourg-en-Bresse, par le bourreau Louis Deibler. Il a 29 ans.


Les grandes affaires de Valence et de la Drôme

L'éventreur de bergers

Par Marie Huret, publié le 05/04/2006 - mis à jour le 03/04/2007 15:28

http://www.lexpress.fr/region/l-eacute-ventreur-de-bergers_477466.html


ll tue sa belle-mère avec un lacet de jarretière

Toujours des griefs: les enfants qui font trop de bruit, la farine renversée sur le sol. Il est 8 h 30, ce 14 décembre 1903: Lucie Monge ne supporte plus les reproches de sa belle-mère. Son mari vient de quitter leur ferme de Montboucher-sur-Jabron pour se rendre à pied à la foire de Montélimar. La femme de 38 ans se baisse pour ramasser le blé répandu par terre. La veuve Monge, âgée de 75 ans, lui décoche un coup de sabot en plein œil. Puis regrette: «Pardon, je n'y retournerai plus!» C'est une brimade de trop. Lucie détache le lacet de sa jarretière et serre le cou de sa belle-mère, qui meurt d'une congestion pulmonaire foudroyante. Le 26 janvier 1904, bouleversée, la belle-fille avoue. Son avocat, Me Aymé Martin, la présente comme une fille travailleuse et courageuse. Il demande l'acquittement. Après vingt minutes de délibérations, Lucie Monge sort libre, au bras de son mari, qui lui a pardonné son acte depuis le premier jour.

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