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Publié par Philippe Poisson

"Biribi ! Cinq ans il est resté là-bas et il en avait subi des horreurs. La soupe au poivre, la crapaudine, les mœurs honteuses et le reste." Si les civils eurent droit à Cayenne, pour les militaires à forte tête il y eut Biribi. L’enfer sur terre, selon Albert Londres, qui le dénonça dans un fracassant reportage, "Dante n’avait rien vu", en 1924. Outre la crapaudine, contraignant le prisonnier à la position du crapaud en plein cagnard, la justice militaire et ses chaouchs inventèrent aussi le silo (fosse où l’on croupissait nu), le clou et autres joyeusetés. Mais où était Biribi ? Nulle part et partout. Le terme recouvrait un réseau de compagnies disciplinaires, de pénitenciers militaires, d’ateliers de travaux publics, tous disséminés en Afrique du Nord, nouvellement colonisée. Biribi, en son âge d’or, c’était 15 000 hommes. Cette zone de relégation de la Grande Muette, l’historien Dominique Khalifa en dévoile enfin la genèse, les coutumes, pointant du doigt cette spécificité hexagonale, née sur les décombres du second Empire et alimentée par la colonisation. Car la France, ce fut cela aussi : une justice militaire d’exception qui reposait sur le règne de l’arbitraire, loin de la métropole. Au carrefour d’un Empire scélérat et d’une République qui exclut, Biribi, page noire de notre histoire, symbolisa longtemps le malheur sur terre. Un siècle qui explique aussi l’antimilitarisme français, avec ses chansonniers (Aristide Bruant), ses romanciers (Georges Darien), ses reporters (Albert Londres). Et qui a aujourd’hui son historien. (Source)

http://www.alaindaumont.com/france/fr_accueil.htm

http://www.alaindaumont.com/france/images/livres/cogitgraphic/biribi20.jpg

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