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Publié par Philippe Poisson

Marie Bartête était une de ces bagnardes qu'Albert Londres rencontra lors de son entretien avec sœur Florence. Si le grand reporter resta discret sur leur identité, il n'en fut pas de même de certains journalistes qui firent le voyage et qui donnèrent de plus amples détails.

Née en 1863 dans les Basses Pyrénées (terminologie de l'époque), Marie Bartête, abandonnée par sa mère dès sa naissance, orpheline à neuf ans, placée dans diverses familles dès l'âge de treize ans, mariée à quinze ans, veuve à vingt ans, elle n'intéressa jamais ses oncles, tantes ou frères, tous cultivateurs. Condamnée à six reprises pour vol et escroquerie entre 1883 et 1888, elle fut reléguée bien que ses peines fussent mineures et même insuffisantes au regard de l'application formelle de la loi pour que la relégation soit automatique - situation d'autant plus choquante que sa tenue en prison fut toujours exemplaire (un avocat compétent l'aurait sans doute tiré de ce mauvais pas). On l'accabla de tous les maux, et pour faire bonne mesure, elle fut même déclarée indigne de bénéficier du statut de reléguée individuelle qui lui aurait permis un placement chez des particuliers en Guyane. Il est probable que sa constitution robuste joua en sa défaveur... On voulait toujours de bons bras pour coloniser la Guyane.

Envoyée en Guyane en 1888 à l'âge de 25 ans avec le statut de reléguée collective, sa conduite ne donna lieu à aucun reproche. Elle se maria deux fois, ce qui ne lui permit pas de bénéficier de la loi de 1907 qui libérait les femmes reléguées. Marie Bartête est un remarquable exemple de longévité (preuve s'il en était besoin de sa tempérance et d'une bonne hygiène de vie, du moins une fois installée en Guyane). Elle vivait toujours à Saint Laurent du Maroni en 1933 à l'âge de soixante-dix ans, n'ayant jamais pu réunir la somme nécessaire pour payer son retour. (Source: Marion F. Godfroy, Odile Krakovitch) ...

Pour lire la suite

http://www.bagnedeguyane.fr/archives/2013/05/03/27072364.html

Figure du bagne - Marie Bartête, reléguée, matricule 107

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