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Publié par Philippe Poisson

15/06/2013 - L'ascension de l'Alpe-d'Huez, c'est bien plus que vingt et un virages en épingle à cheveux. C'est, depuis son apparition dans le parcours de la Grande Boucle en 1952, le rendez-vous incontournable des plus grands champions, le lieu des exploits furieux et des implacables défaillances. C'est l'une des scènes les plus formidables de la fabuleuse épopée du Tour. Elle a déjà consacré vingt vainqueurs au sommet dont les noms baptisent chacun des virages. Et la double ascension inédite programmée en 2013 va donner encore plus de relief à ce sommet mythique qui fait à jamais partie du patrimoine du Tour de France.

  • Les courts extraits de livres : 15/06/2013

«L'île au soleil». Tel est le surnom que s'est donné l'Alpe-d'Huez pour souligner combien l'astre chaleureux aime à séjourner en ces lieux.


L'Ile au soleil, certes. Mais «l'île au trésor» aussi. Aux trésors, plus exactement. Les Romains, dès l'Antiquité, avaient découvert que le plateau de Brandes recelait des richesses minières à profusion, de l'argent surtout. Le destin de bien des sesterces échangés au pied du Cotisée a commencé à un jet de pierre des alpages d'Huez, un petit village situé en contrebas, où se développerait, bien plus tard, une station de sports d'hiver et de sports d'été. Le minerai destiné à la fabrication de ces pièces de monnaie avait souvent été extrait par des condamnés affectés à la colonie pénitentiaire construite sur place. La mine périclita en même temps que périclitait l'Empire romain.


Elle reprit vie quand les comtes d'Albon, qui avaient autorité sur les lieux, se soucièrent aux XIIIe et XIVe siècles de s'en assurer les revenus pour faire face à leurs (importants) besoins financiers. Ces nobles avaient une particularité. Au moment du baptême, tous recevaient le second prénom de Dauphin (pour évoquer la proximité de leur territoire avec la Méditerranée). Cette tradition fit que, bientôt, les comtes en question furent plus souvent désignés sous l'appellation collective de «dauphins». Mais en 1349, Hubert II du Viennois, en manque d'héritier, fut contraint de vendre sa seigneurie à Philippe VI, roi de France. Une des clauses du contrat prévoyait que le fils aîné du souverain régnant recevrait désormais le titre de dauphin et que le territoire qui lui serait attribué en attendant sa montée sur le trône s'appellerait... Dauphiné. Les royautés se faisant rares, les journalistes sportifs ont élargi le sens originel du mot. Le futur successeur d'un champion ou même celui qui termine à la deuxième place derrière un vainqueur est qualifié de «dauphin» sous la plume des «témoins de l'exploit».


Parler de performances incite naturellement à évoquer un autre des trésors de l'Alpe-d'Huez : son or blanc. La station a été une pionnière en matière de sports d'hiver. La légende veut que, dès 1911, Marie Müller, l'institutrice du village, ait invité ses élèves à dévaler les pentes enneigées sur de longues planches incurvées, des douves de tonneau, plus ou moins biens fixées à leurs solides chaussures de montagnards. Cette jeune femme était la fille d'Hippolyte Müller, le premier archéologue autodidacte à s'être intéressé aux vestiges du plateau de Brandes.


Ce qui est sûr, c'est qu'en 1935 Jean Pomagalski, ingénieur et créateur de la société Poma, installa un téléski à perche sur les pentes de l'Éclose. Il s'agissait de la première remontée mécanique débrayable au monde. Lorsque Grenoble se voit attribuer les Jeux Olympiques de 1968, le bobsleigh échoit à la station. Aujourd'hui, elle s'enorgueillit de posséder, avec ses seize kilomètres d'un seul tenant, une des descentes les plus longues du monde : la Sarenne. Sarenne, comme le nom du col emprunté pour la première fois en 2013 par les coureurs du Tour de France. C'est le trajet déniché par les organisateurs, inspirés par les gens de la localité, pour que soit tracée une étape offrant une double escalade des vingt et un lacets de légende.


L'évocation du cyclisme permet d'en venir à ce qui constitue le troisième trésor de l'Alpe-d'Huez : les hommes visionnaires. Ils lui ont permis de disposer aussi bien d'une des descentes à skis les plus légendaires que de la montée la plus célèbre au monde. Le premier d'entre eux s'appelait Joseph Paganon. Cet homme politique fut ministre des Travaux publics du 31 janvier 1933 au 9 février 1934 (sans compter une brève rallonge du 1er au... 4 juin 1935). Les quatre gouvernements qui se succédèrent durant cette période eurent une existence éphémère, mais à son poste ce grand serviteur de l'État eut une action durable. Il supervisa la fin des travaux du barrage du Chambon, proche du Bourg-d'Oisans. Député de l'Isère, il avait acheté un chalet à l'Alpe-d'Huez. Pressentant ce que serait l'avenir des sports d'hiver, il finança la construction de la fameuse route qui conduira (...)

http://www.lechoixdeslibraires.com/livre-131619-l-alpe-d-huez-les-virages-de-la-gloire.htm#412853

Auteur : Patrick Fillion  Date de saisie : 03/06/2013  Genre : Sports  Editeur : l'Equipe, Boulogne-Billancourt, France

Auteur : Patrick Fillion Date de saisie : 03/06/2013 Genre : Sports Editeur : l'Equipe, Boulogne-Billancourt, France

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