Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par Philippe Poisson

08/05/2013

UN TÉMOIGNAGE UNIQUE, D'UNE FRANCHISE EXCEPTIONNELLE, SUR LE MONDE DU CYCLISME, LE TOUR DE FRANCE ET LE DOPAGE À TOUS LES NIVEAUX.

«Un jour je suis un type ordinaire, avec une vie normale. Le lendemain je me retrouve sur un trottoir de Madrid avec un téléphone secret et un trou dans le bras qui dégouline de sang, à espérer que je ne me ferai pas prendre.»

Tyler Hamilton a fait partie des meilleurs et des plus célèbres coureurs cyclistes du monde avant d'être banni de son sport pour dopage en 2009. Il a été le premier lieutenant de Lance Armstrong au sein de l'équipe US Postal entre 1998 et 2001, puis son rival à la tête des équipes CSC et Phonak. Avant sa chute, c'était un héros ordinaire sorti tout droit d'un film des années 1950 : jamais un mot plus haut que l'autre, avenant, poli, l'inverse d'une superstar. Bosseur infatigable, dur à la douleur, il s'était patiemment hissé tout en haut de l'échelle.

Mais, dès sa première participation au Tour de France, Hamilton avait compris que, pour gagner, il fallait tricher. Le boy-scout a commencé à mener une double vie digne d'un roman d'espionnage : noms de code, téléphones secrets, versements en espèces, et un congélateur médical baptisé «Sibérie» où était entreposé le sang qui lui serait transfusé pendant le Tour de France. Devenu le confident et l'ami de Lance Armstrong, il s'est retrouvé au coeur du système mis en place par celui-ci pour se doper et gagner sans se faire prendre.

Longtemps membre du gotha du cyclisme professionnel, TYLER HAMILTON a été champion olympique du contre-la-montre en 2004 et a remporté la classique Liège-Bastogne-Liège en 2003, le Critérium du Dauphiné libéré en 2000 et le Tour de Romandie en 2003 et 2004.

DANIEL COYLE est journaliste et écrivain. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages, dont Lance Armstrong's War, paru en 2004.

    08/05/2013  COMMENT CE LIVRE EST NÉ  Daniel Coyle  En 2004, je me suis installé en Espagne avec ma famille dans l'intention d'écrire un livre sur la tentative par Lance Armstrong de gagner un sixième Tour de France. C'était un projet passionnant à plusieurs égards, mais surtout en raison de la part de mystère qui en constituait le coeur : qui était vraiment Lance Armstrong ? Était-il un champion authentique et noble, comme le pensaient beaucoup ? Ou bien un as du dopage, un tricheur, comme le prétendaient d'autres avec insistance ? Ou bien la vérité se situait-elle quelque part entre les deux ? Nous avons loué un appartement à Gérone, la ville qui servait de base d'entraînement à Armstrong, à dix minutes à pied de la maison aux allures de forteresse que le coureur cycliste partageait avec sa compagne de l'époque, Sheryl Crow. J'ai passé quinze mois sur la planète Lance, à fréquenter ses amis, ses coéquipiers, ses médecins, ses entraîneurs, ses avocats, ses agents, ses mécanos, ses masseuses, ses adversaires, ses détracteurs et, évidemment, Armstrong lui-même. J'ai apprécié l'énergie débordante du personnage, son sens de l'humour, et son talent de meneur d'hommes. J'ai moins goûté ses sautes d'humeur, son culte du secret et le traitement brutal qu'il réservait parfois à ses coéquipiers et à ses amis - mais j'étais conscient qu'on n'était pas dans une cour de récréation : le cyclisme est le sport le plus exigeant du monde, sur le plan tant physique que mental. J'ai rendu compte aussi fidèlement que possible des différents aspects de l'histoire et cela a donné Lance Armstrong's War («La Guerre de Lance Armstrong»), un livre que plusieurs coéquipiers d'Armstrong ont jugé objectif et équitable. (Armstrong a déclaré pour sa part que l'ouvrage ne lui posait pas de problème.) Après la parution du livre, on m'a souvent demandé si je pensais qu'Armstrong se dopait. J'étais partagé, mais avec le temps sa culpabilité devenait une vraie possibilité. D'un côté, il y avait les éléments indirects : les études montraient que le dopage permettait une amélioration de 10 à 15 % des performances dans un sport où le dénouement tient souvent à une fraction de point de pourcentage. Par ailleurs, tous les participants au Tour de France à être jamais montés sur le podium avec Armstrong avaient fini par être convaincus de dopage, de même que cinq de ses coéquipiers au sein de l'US Postal Service. Et puis il y avait les liens étroits et anciens d'Armstrong avec le Dr Michèle Ferrari, alias «le Diable», le mystérieux Italien connu comme l'un des médecins les plus sulfureux du cyclisme. De l'autre côté, Armstrong avait passé haut la main des dizaines de contrôles antidopage. Il s'était aussi défendu avec vigueur, et avait obtenu gain de cause dans plusieurs procès retentissants. En outre, j'avais toujours dans un coin de ma tête le raisonnement de dernier recours : s'il s'avérait qu'Armstrong se dopait bel et bien, après tout, cela ne faisait que le mettre sur un pied d'égalité avec les autres. - Auteur : Daniel Coyle | Tyler Hamilton  Traducteur : Anatole Muchnik  Date de saisie : 15/04/2013  Genre : Documents Essais d'actualité  Editeur : Presses de la Cité, Paris, France  Collection : Documents

08/05/2013 COMMENT CE LIVRE EST NÉ Daniel Coyle En 2004, je me suis installé en Espagne avec ma famille dans l'intention d'écrire un livre sur la tentative par Lance Armstrong de gagner un sixième Tour de France. C'était un projet passionnant à plusieurs égards, mais surtout en raison de la part de mystère qui en constituait le coeur : qui était vraiment Lance Armstrong ? Était-il un champion authentique et noble, comme le pensaient beaucoup ? Ou bien un as du dopage, un tricheur, comme le prétendaient d'autres avec insistance ? Ou bien la vérité se situait-elle quelque part entre les deux ? Nous avons loué un appartement à Gérone, la ville qui servait de base d'entraînement à Armstrong, à dix minutes à pied de la maison aux allures de forteresse que le coureur cycliste partageait avec sa compagne de l'époque, Sheryl Crow. J'ai passé quinze mois sur la planète Lance, à fréquenter ses amis, ses coéquipiers, ses médecins, ses entraîneurs, ses avocats, ses agents, ses mécanos, ses masseuses, ses adversaires, ses détracteurs et, évidemment, Armstrong lui-même. J'ai apprécié l'énergie débordante du personnage, son sens de l'humour, et son talent de meneur d'hommes. J'ai moins goûté ses sautes d'humeur, son culte du secret et le traitement brutal qu'il réservait parfois à ses coéquipiers et à ses amis - mais j'étais conscient qu'on n'était pas dans une cour de récréation : le cyclisme est le sport le plus exigeant du monde, sur le plan tant physique que mental. J'ai rendu compte aussi fidèlement que possible des différents aspects de l'histoire et cela a donné Lance Armstrong's War («La Guerre de Lance Armstrong»), un livre que plusieurs coéquipiers d'Armstrong ont jugé objectif et équitable. (Armstrong a déclaré pour sa part que l'ouvrage ne lui posait pas de problème.) Après la parution du livre, on m'a souvent demandé si je pensais qu'Armstrong se dopait. J'étais partagé, mais avec le temps sa culpabilité devenait une vraie possibilité. D'un côté, il y avait les éléments indirects : les études montraient que le dopage permettait une amélioration de 10 à 15 % des performances dans un sport où le dénouement tient souvent à une fraction de point de pourcentage. Par ailleurs, tous les participants au Tour de France à être jamais montés sur le podium avec Armstrong avaient fini par être convaincus de dopage, de même que cinq de ses coéquipiers au sein de l'US Postal Service. Et puis il y avait les liens étroits et anciens d'Armstrong avec le Dr Michèle Ferrari, alias «le Diable», le mystérieux Italien connu comme l'un des médecins les plus sulfureux du cyclisme. De l'autre côté, Armstrong avait passé haut la main des dizaines de contrôles antidopage. Il s'était aussi défendu avec vigueur, et avait obtenu gain de cause dans plusieurs procès retentissants. En outre, j'avais toujours dans un coin de ma tête le raisonnement de dernier recours : s'il s'avérait qu'Armstrong se dopait bel et bien, après tout, cela ne faisait que le mettre sur un pied d'égalité avec les autres. - Auteur : Daniel Coyle | Tyler Hamilton Traducteur : Anatole Muchnik Date de saisie : 15/04/2013 Genre : Documents Essais d'actualité Editeur : Presses de la Cité, Paris, France Collection : Documents

Commenter cet article