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Publié par Philippe Poisson

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Richelieu : la pourpre et le pouvoir - Philippe Poisson

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Modèle d’urbanisme du XVIIe siècle, la ville doit son nom à son fondateur, le Cardinal de Richelieu. Vaste quadrilatère entouré de murs flanqués de douves. Accès par 3 portes monumentales. Grande rue bordée de 28 hôtels particuliers. ( ( Crédit photographique Philippe POISSON)....

Modèle d’urbanisme du XVIIe siècle, la ville doit son nom à son fondateur, le Cardinal de Richelieu. Vaste quadrilatère entouré de murs flanqués de douves. Accès par 3 portes monumentales. Grande rue bordée de 28 hôtels particuliers. ( ( Crédit photographique Philippe POISSON)....

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Tarambana 03/04/2014 23:33

Quelle civilisation n’a jamais rêvé de cité idéale ? Aussi loin que remonte la mémoire collective, nous y retrouvons les traces de ces Utopia, bien avant que Thomas More n’invente à la Renaissance le mot latin se traduisant par le lieu que n’existe pas. Nous y découvrons, par leur situation topographique, leur agencement, les aspirations propres aux hommes qui les ont créées.
Au-delà de l’utopie architecturale, les murs de la cité idéale sont la métaphore de l’organisation sociale, politique et économique de la communauté elle-même. Lorsque l’architecte Hipodamos, au cinquième siècle avant Jésus Christ dessine les plans de la ville de Milet, il met en pratique un découpage physique de la société idéale : les habitants y seront séparés selon leurs classes sociales, philosophes et prêtres, guerriers ou travailleurs artisans et agriculteurs, ils se retrouveront sans distinction pour gérer la cité sur l’agora, point névralgique de la cité.
Cette organisation spatiale qui transpose l’organisation sociale et politique dans le concept architectural se retrouve dans les écrits de Platon, lorsqu’il déclare que ce ne sont pas les murs qui font la cité, mais les hommes.

Bien que brocardée par ses contemporains, notamment Aristophane, le plan de Milet influencera le tracé de villes comme Turin au dixième siècle ou encore les damiers de New York ou Washington à la fin du dix-septième.
Dès l’antiquité, le rôle primordial de la cité est d’offrir la sécurité. Elle doit apaiser l’Homme, le rassurer. Elle doit le protéger de toute agression. Elle va donc se renforcer, se fermer, se replier.
Héritage de la Pax Romana (paix romaine), l’habitat dispersé dut se regrouper dès les invasions gothiques, maures ou visigothiques. La menace de ces dévastations incita les populations à se regrouper autour de l’église, du château. Clergé et seigneurs n’eurent ainsi aucun mal à imposer taxes et impôts : taille, dime, corvée. La protection, divine ou armée, avait un coût. Circulades et bastides sont les témoins de l’épopée médiévale de l’urbanisme. En anneaux pour les unes ou en damier pour les autres, elles se sont adaptées aux nouvelles exigences des habitants.

La cité est souvent intimement liée à l’activité de l’Homme. La proximité du lieu de travail est primordiale pour l’employeur. La cité doit s’adapter et se développer au plus près de la source d’emplois.
Humaniste, visionnaire, l’industriel Godin imagine une cité idéale où loger les ouvriers qui fabriquent ses poêles à bois ou à charbon. Il souhaite des habitants heureux qui feront de bons ouvriers. L’opération s’avère une réussite totale. Godin s’enrichit, améliore la solidarité de son familistère qui, au-delà du confort d’habitat, construit un véritable système de protection sociale avant-gardiste.
Toutefois, son exemple ne sera pas suivi à la lettre par les propriétaires de mines. Ces derniers, préférant à l’humanisme un paternalisme plus orienté sur le bâton que la carotte, se contenteront, avec les corons, de rapprocher les mineurs de la mine. A l’inverse de Godin, leur objectif s’arrête là, leur idéal ne sera pas celui des mineurs. Les corons, cités idéales de l’identité d’une classe sociale subissant l’oppression, mais génératrices de révolte. Les murs de la cité et les parois de la mine incitent à la rébellion, battant en brèche la citation de Platon.
Nouveaux corons, les cités HLM des années cinquante ont réitéré leurs erreurs. Certes proches du lieu de travail, elles seront rapidement dénoncées pour la violence et la délinquance qu’elles génèrent, dès lors que le travail si proche se raréfiera ou disparaîtra. Les « barres » du « 9-3 » sont régulièrement citées comme zones de non droit où ne règnerait que violence et délinquance. Il est difficile de déterminer qui est victime ou bourreau du béton ou de la racaille.
Sans idée de retour à la nature ni vision futuriste, ces cités ont seulement intégré des contraintes de production industrielle. L’efficacité du modèle architectural industriel et sa logique fonctionnelle sont transposées de manière brutale à l’habitat et aux bâtiments publics construits sans aucun souci d’esthétisme ni de décoration.

A partir du vingtième siècle, la cité aura à répondre au besoin de plus en plus insistant d’un idéal social, du bien-vivre ensemble dans le respect de chacun.
Mais la problématique de la concentration urbaine qui s’accentue avec l’industrialisation entraîne inévitablement des zones d’habitat insalubres, dégradées, vandalisées, notamment en périphérie. Les architectes ont alors essayé d’apporter une réponse en imaginant des cités jardins : les villes sont largement arborées et cernées d’une couronne de terres agricoles où l’on implante également les industries. C’est la ville à la campagne, réunissant les avantages des deux environnements. Très théorique, seulement adapté pour une ville nouvelle, le concept ne peut que s’appliquer partiellement lors de rénovations de quartiers. Toutefois, la communauté d’Auroville en Inde, ou la mégapole de Brasilia ont prouvé qu’une telle solution alternative pouvait fonctionner.

Malgré tous les progrès accomplis, la surpopulation, l’avancée démographique inexorable de l’être humain empiétant chaque jour un peu plus sur les terres disponibles pour se loger et implanter ses industries deviendra un problème insoluble. La chanson Le Triomphe De L'Anarchie nous rappelle que si « Tu veux bâtir des cités idéales, Détruis d'abord les monstruosités ».
Nous finirons par nous trouver confrontés à l’antithèse de la citation de Platon, les murs finiront par faire les cités. En 2000, le groupe toulousain Zebda évoquait dans sa chanson « Tomber la chemise » une cité avec ce que la colère ou le béton ont fait de meilleur.

La solution pourrait venir d’un projet tel que celui de Sea Orbiter : le vaisseau errant sur les mers du globe en autonomie pourrait-il se convertir en une solution pour le manque d’espace vital ? La part de rêve de Jules Verne incarnée par son héros le capitaine Némo ou par sa ville flottante et la curiosité charismatique du commandant Cousteau ont probablement guidé Jacques Rougerie dans la conception de sa nef. Plus radicale encore serait la solution de coloniser Mars : deux cent mille volontaires ont déposé leur candidature au départ pour la planète rouge dans le cadre du projet Mars One. Utopique ?